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FPF : un dialogue avec les Assemblées de DieuDominique ANTOINE, pasteur de l'Eglise chrétienne évangélique de Nantes |
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(Cet article, paru dans Le Protestant de l'Ouest N° 262 février 2002, poursuit la démarche proposée dans le document de la FPF intitulé "Pour dialoguer", déjà disponible sur ce site)
«A l'amour que vous aurez les uns pour les autres, on vous reconnaîtra pour mes disciples»
Les Assemblées de Dieu de France sont issues du réveil de pentecôte du début du XXe siècle. L'opposition des églises traditionnelles, tant catholiques que protestantes, fut souvent violente. Se voyant rejetées, les nouvelles églises constituées se multiplièrent et s'organisèrent entre elles, sans pratiquement aucun rapport avec les autres communautés chrétiennes existantes.
Des influences diverses n'ont pas manqué, au fil des années, de modifier cette situation : le temps tout d'abord. Nous n'en sommes plus aux guerres de religion ! L'arrivée d'une nouvelle génération de pasteurs n'ayant pas connu les fortes oppositions des origines, le développement de l'activité missionnaire, les contacts nombreux avec des prédicateurs étrangers, le niveau d'études - classiques ou religieuses - plus élevé que par le passé ont contribué à modifier le regard sur l'autre. Citons encore les moyens modernes de communication (télévision, internet), et les changements de société (Europe, mondialisation) comme facteurs qui pourraient bien apporter le coup de grâce à un isolationnisme d'antan .
Quelles raisons poussent donc, aujourd'hui, certains pasteurs des Assemblées de Dieu de France à risquer une démarche oecuménique ? La démangeaison de créer une super-église, d'uniformiser dogmes et théologies ? Ou la prise de conscience que d'autres, aussi, se réclament du Christ et des évangiles, et qu'il serait sage de chercher d'abord à mieux connaître, pour mieux comprendre, et donc mieux aimer, en respectant mutuellement les différences ?
Quelques-uns, moins nombreux qu'on a pu le dire, ne voient dans l'oecuménisme qu'un parapluie permettant d'échapper à la classification de secte. D'autres, en plus grand nombre, reconnaissant leurs racines protestantes, comprennent d'une manière nouvelle le sens des paroles du Sauveur : « A l'amour que vous aurez les uns pour les autres, on vous reconnaîtra pour mes disciples ». Le chemin peut encore être long pour « qu'ils soient un comme nous », mais chaque jour que Dieu fait peut nous rapprocher…
Compréhension nouvelle donc, induite par l'Esprit (?), mais pour quoi faire ? Les pratiques et les théologies sont parfois si différentes !
Rien peut-être, si ce n'est d'être avec l'autre, pour témoigner au monde que nous ne nous querellons plus, mais que nous marchons ensemble sur ce chemin qui mène au Père, chacun à son rythme, chacun à sa manière. Ou quelque chose peut-être, que notre imagination commune nous permettra d'inventer pour témoigner au monde que nous ne nous excluons plus, mais que nous œuvrons ensemble pour soulager la misère humaine et pour amener nos contemporains à la rencontre du Sauveur des hommes.
Des difficultés demeurent : l'ignorance de l'autre, source de mépris et de critique ; la grille d'analyse propre à chacun ; les divergences quant à la lecture même de la Bible, fondamentaliste ou libérale.
Les Assemblées de Dieu de France raisonnent davantage en termes « d'expérience spirituelle » : repentance, conversion, nouvelle naissance, plénitude de l'Esprit. Mais l'idée que les chemins pour arriver à une telle rencontre du Christ ne soient pas identiques pour tous peut nuancer le regard. L'homme, ce microbe têtu, comme disait Pagnol, est tellement persuadé que SON expérience est LA SEULE possible ! Ne serait-il pas sage de revenir à ce que nos pères avaient enfin compris : pour l'essentiel, unité ; pour le secondaire, liberté ; et en tout, charité ?
Il serait hasardeux d'avancer des pourcentages ou des répartitions géographiques. Il va sans dire que l'on trouve parmi les pasteurs et les membres des Assemblées de Dieu de France des « contre » (le mariage de la carpe et du lapin) ; des « pour » (ceux qui veulent risquer d'affronter l'autre fraternellement, c'est-à-dire utilement), et des prudents. Il faudra encore patienter, laissant à Dieu le soin d'unir davantage les siens, avec ou sans la contribution des hommes. Mais si la démarche de part et d'autre est honnête et respectueuse, ne pourrait-elle pas rallier un plus grand nombre ?
Et si chacun de nous n'était qu'une nuance de couleur sur la vaste toile du Peintre ?
«Un ton seul n'est qu'une couleur ; deux tons, c'est un accord, c'est la vie». Matisse
Fédération Protestante de France - http://www.protestants.org