Les rapports du Conseil, des services et des commissions que vous avez entre les mains vous invitent à une attention particulière1. Comme il a été souligné dans les convocations et invitations que vous avez reçues, le Conseil a souhaité que pour cette année du centenaire de la FPF, notre Assemblée générale se pose la question : « En quoi consiste le fait d'être fédératif ? ». Les rédacteurs des pages qui suivent ont été invités à concevoir leurs rapports en pensant à cette question. Ce qui en est dit demande un travail de repérage. Autant certains rapports témoignent de la réalité fédérative comme d’un chemin qui parcourt les travaux accomplis, autant cette même réalité, dans d’autres rapports, pourra vous sembler moins évidente, voire carrément absente. Le lieu n’est pas ici d’analyser ce constat, mais de vous inviter à lire, repérer, réagir, en vue de notre assemblée générale.
Secrétaire général au travail depuis moins d’un an, je me limiterai dans les propos qui suivent à souligner trois choses : des changements parmi les responsables, des événements marquants, et quelques impressions personnelles sur ma prise de fonction.
Changements parmi les responsables
Si le rapport du Conseil mentionne les changements de deux responsables de service et du secrétaire général, je souligne que les conséquences qui en découlent ne concernent pas seulement l’orientation de chaque service concerné, mais leur travail commun. La vie au quotidien du « 47 rue de Clichy », les réunions mensuelles du « staff »2, les collaborations entre les services, sont marquées par un changement de responsables, à plus forte raison quand il s’agit de trois d’entre eux. Trois jours de séminaire en automne 2004 ont permis a cette nouvelle équipe de passer du temps ensemble, aux nouveaux de dire leurs premiers balbutiements, aux anciens de les accueillir, et ensemble de mettre des mots sur notre vécu, nos projets, notre désir de mener à bien les missions confiées tant aux responsables des services qu’au secrétaire général. Je relève deux constantes : la tension ressentie entre le vif désir de témoigner de l’Evangile de manière pertinente et les moyens forcément limités en personnes et en finances pour y parvenir ; la forte responsabilité de gestion à laquelle nous avons dû nous préparer en vue de notre collaboration avec notre nouveau prestataire « fichier – comptabilité – paie – immobilier ». C’est le moment d’en dire quelque chose.
Notre chef comptable Guy CAILLUET prend sa retraite courant 2005. C’est l’occasion de rendre hommage ici à celui qui s’est investi fidèlement depuis 14 ans dans un travail toujours exigeant et souvent délicat. La vie de la « maison » et les relations au sein du personnel que Guy CAILLUET a contribué à tisser tout au long de ces années, vont forcément devoir se recomposer en l’absence de cet homme proche de ces collègues. D’un point de vue technique, le prestataire mentionné plus haut est dès le 1 er janvier 2005 le service financier de l’ERF, en collaboration étroite avec le secrétaire général de la FPF, les responsables de service et le personnel administratif. Ce changement représente une lourde charge de travail : nouvelles règles de gestion, nouveaux outils de travail, apprentissages parfois laborieux… nous y arriverons, le meilleur est à venir ! C’est l’occasion de rappeler que le personnel de la FPF représente 25 personnes, avec différents statuts3. D’autres départs et arrivées ont eu lieu en 2004 ou auront lieu en 2005.
Parmi les nombreuses autres personnes qui travaillent à l’une ou l’autre action de la Fédération, un changement concerne plusieurs présidents de commissions ou de département :
Evénements marquants
Le Forum de la vie associative et les Assises de la FPF. Ce sont deux événements majeurs qui ont marqué la vie de la fédération en 2004. Les principales interventions et synthèses des ateliers sont disponibles sur le site « protestants.org » ou sur demande à la FPF. Outre les éléments que vous lirez dans le rapport des travaux du Conseil, un regard vers l’avenir est nécessaire dès maintenant. Dans sa session de mai 2005, le Conseil se penchera en particulier sur les grandes orientations des Assises pour l’année 2008. Plusieurs questions seront posées.
La période de probation . Le rapport du Conseil fait mention des éléments principaux liés à la période de probation qui a débuté pour cinq Eglises en novembre 2003. En tant que responsable du suivi de cette période, je souhaite faire deux commentaires à ce sujet. Le premier pour dire que le changement de secrétaire général a mis en veilleuse la régularité de ce suivi durant la seconde partie de 2004, outre le fait que la participation au Conseil et aux commissions se poursuit régulièrement. Les actions que j’ai entreprises concernent le début de l’année 2005.
L’UFA nous a fait parvenir un document qui émane d’une enquête auprès des pasteurs adventistes sur le positionnement de leurs Eglises environ un an après le début de la période de probation. La grande majorité des échos est positive. Les réserves exprimées concernent quelques difficultés locales, en particulier sur le terrain œcuménique.
Une réponse à l’invitation de la pastorale nationale des Eglises « pentecôtistes » de la FPF en janvier dernier m’a permis de rencontrer les présidents de quatre Eglises en probation : la CEEF, la CÉPÉE, l’UAPM et FOURSQUARE.
L’assemblée générale avait chargé le secrétaire général de veiller à l’évolution de difficultés dans la ville d’Agen. J’y ai rencontré en février les responsables de l’Eglise de l’Espace Francophone (CEEF) d’une part, les autres pasteurs liés à la FPF d’autre part, ainsi que le Conseil presbytéral de l’ERF. Une accumulation d’incompréhensions font qu’aujourd’hui la situation s’est cristallisée et reste figée. Elle requiert notre écoute et nos encouragements au respect mutuel.
Par ailleurs, un dimanche passé avec l’Eglise FOURSQUARE de Nancy m’a permis de découvrir un lieu où les collaborations entre Eglises sont encourageantes et l’apprentissage du dialogue fédératif réel.
Ces rencontres me permettent de faire à ce jour deux constats : Le premier est le sentiment que cette période de probation, globalement, se passe bien. Si quelques situations locales restent difficiles, elles sont peu nombreuses et ne devraient pas être de nature à pénaliser une union nationale dans son souhait d’adhésion à la FPF. De fait, ce souhait est aujourd’hui clairement maintenu du côté des cinq Eglises en probation. Si mon second constat relève de l’évidence, il doit néanmoins être rappelé : nous sommes au milieu de la période de probation. Cela signifie que les questions qui resteraient en suspens doivent être posées avant l’été, de sorte que dès cet automne, nous puissions transmettre aux membres de l’assemblée générale des éléments préparatoires au vote de 2006.
Impressions personnelles sur ma prise de fonction
Outre la fin de la préparation des Assises, les six premiers mois ont été ceux d’un apprenti sous la dure pression de nouvelles exigences. Occuper ce poste après l’exercice d’un ministère en paroisse, c’est un nouveau métier. J’en rappelle les axes principaux : diriger la « maison » FPF en tant que chef du personnel ; superviser le fonctionnement des services et des groupes de travail ; accompagner les processus d’adhésion des Eglises et CIOM ; suivre l’exécution du budget au long de l’année, ce qui implique aujourd’hui des décisions de principe sur le contrôle des dépenses en collaboration avec les responsables des services.
La prise de fonction d’une assistante de direction, Mademoiselle Roswitha von ANKUM-HOCH, en janvier dernier, ainsi que la mise en place par le Conseil d’un groupe d’accompagnement du secrétaire général m’ont été d’un grand secours. Aujourd’hui le sentiment de l’apprenti pressuré ressemble davantage au plaisir véritable de l’artisan qui met et remet le travail sur le métier, se lance résolument dans des initiatives au risque de se tromper et d’avoir à reprendre l’ouvrage.
Le projet fédératif me semble à la fois simple et complexe. Simple, car il se réfère à une charte de « vivre ensemble », c’est l’établi sur lequel nous travaillons. Complexe, car vivre ensemble exige de se reconnaître les uns les autres, de nous frotter les uns aux autres et de nous façonner en œuvres vives. Je suis reconnaissant de prendre ma part avec vous comme l’un des ouvriers attelés à cet ouvrage.
Pasteur Pierre-André SCHAECHTELIN
Secrétaire général de la FPF
1 Outre ceux du Conseil, les travaux de la FPF sont menés par des équipes que l’on peut distinguer comme suit : Les services et leurs commissions d’accompagnement (pp. 15 ss.), les commissions nommées par le Conseil sans être liées à un service particulier (pp. 37 ss.), les départements et autres groupes de travail (pp. 53 ss.)
2 Cette appellation qui cherche encore une version francophone, désigne l’équipe des responsables exécutifs constituée par le secrétaire général et les responsables des sept services de la FPF. Le président participe régulièrement à une partie de nos réunions.
3 Un exemple : si la plupart du personnel est directement rémunéré par la FPF (15), certains le sont par une Eglise dont les frais sont remboursés par la FPF (5), et les autres (5) sont pris en charge en tout ou partie par un organisme extérieur (France 2, Ministère de la Défense, et Ministère de la Justice).