Rapport de gestion du Conseil de la Fédération protestante de France 2006

Groupes et Eglises Issus de l’Immigration (GE2I)

 

Le conseil de Fédération protestante a décidé, en janvier 2004, la mise en place d’un groupe de travail pour aller à la rencontre des Églises issues de l’immigration.

Le groupe de travail était composé de trois membres du conseil (Claude Baty, Etienne Lhermenault et Antoine Nouis), de deux membres du Défap (Bernard Coyault et Frédéric Trautmann) et de deux représentants d’Églises issues de l’immigration membres de la FPF (Emma Randrianandrasana de la FPMA et Céleste Gnassounou de la CEAF). Depuis l’été dernier, Claude Baty a quitté le groupe et Majagira Bulangalire l’a rejoint.

Dans un premier temps, il est apparu au groupe que beaucoup de ces Églises étaient congrégationalistes, voire indépendantes, et que les pastorales faisaient offices de lieux de dialogue et d’entraide. C’est pourquoi nous avons essayé d’entrer en contact avec les responsables de ces pastorales. Cela nous a conduit, tout au long de l’année 2004, à rencontrer des délégations d’Églises venant de Haïti, Afrique sub-saharienne, Afrique du Nord, Chine et Madagascar.

Suite à ces rencontres, le groupe a rédigé un rapport qui a été présenté au conseil de la Fédération protestante en Janvier 2005. Il comprenait 5 parties :

  • Un constat nous a permis de prendre conscience de l’importance de ces Églises qui représentent la partie la plus dynamique du protestantisme français en terme de croissance. Elles se développent en région parisienne et dans les métropoles régionales. Ce phénomène n’est pas spécifiquement français et se retrouve dans tous les pays d’Europe.
  • Ces Églises sont diverses et nous avons proposé une typologie à partir du type de relations qu’elles entretiennent avec leurs pays d’origine.
  • L’implantation de ces Églises procède d’une évolution du paysage ecclésial. Si une compréhension traditionnelle concevait un type d’Église pour le Nord et un autre pour le Sud, de nos jours cette répartition est chamboulée. Dans le domaine ecclésial, le monde s’organise de moins en moins selon une séparation géographique mais selon une géostratégie des diasporas.
  • La diversité théologique propre au protestantisme se retrouve dans ces Églises qui ajoutent la particularité de leur enracinement culturel et qui soulèvent la question de l’inculturation de l’Évangile.
  • Notre intérêt pour les GE2I s’inscrit dans la vocation directe de la Fédération protestante qui est double : favoriser le dialogue entre les différentes familles du protestantisme en vue d’un témoignage commun au Christ de l’Évangile et représenter le protestantisme auprès des pouvoirs publics.

Le conseil a reçu ce rapport lors de sa rencontre du mois de janvier 2005 et a encouragé le groupe de travail à poursuivre les relations. Concrètement deux décisions ont été prises

  • Adresser une invitation à tous les responsables des GE2I pour une rencontre dans les locaux de la Fédération Protestante.
  • Chercher un financement pour un chargé de mission qui nous aiderait à approfondir les contacts et proposer des pistes de collaboration.

La rencontre avec les pasteurs des GE2I a eu lieu le 18 juin. Elle a réuni notamment des pasteurs originaires de : Laos, Sri Lanka, Algérie, Haïti, Madagascar, Ethiopie, Erythrée, Congo (RDC), Congo (Brazzaville), Angola, Ghana, Cameroun, Côte d’Ivoire, Togo.

Après un tour de table, plusieurs pistes de collaboration ont été évoquées :

  • Ces Églises sont très orientées vers l’évangélisation et souhaiteraient une réflexion commune sur ce sujet.
  • Appel à une formation sur des sujets comme : l’éthique, la gestion pastorale, le croisement des cultures, la pérennité des GE2I.
  • Organiser des états généraux des GE2I. Travailler notamment sur le type de relations que ces Églises peuvent entretenir avec leurs pays d’origine.
  • Travailler sur la question de la 2 ème génération dans les GE2I.
  • Plusieurs Églises demandent l’aide de la FPF pour qu’elles soient mieux reconnues et acceptées par les municipalités.
  • Pour terminer les participants ont souhaité que ce type de rencontres se renouvelle.

Dans la suite de cette rencontre, un colloque a été organisé sur la place des GE2I dans la République. Il a lieu le même week-end que notre assemblée générale à la faculté de théologie protestante du boulevard Arago à Paris. Il a reçu le soutien de divers organismes : la FPF, l'ADAAC (Association des diasporas africaines et antillaises chrétiennes, M. Clotaire Saulet-Surungba), la FEVACE (Fraternité évangélique Afrique, Caraïbes, Europe, pasteur Augustin Nkundabashaka), l’IPT (les professeurs Olivier Abel et Jean-Marcel Vincent).

Pour la question du chargé de mission, nous nous sommes adressé aux différentes Églises et organismes missionnaires rattachés à la FPF pour le financement de son poste. Nous espérions trouver des engagements pour assurer trois ans de salaire, finalement nous avons du nous contenter de deux années. Un appel à candidature a été adressé au mois d’octobre aux secrétaires généraux des Églises et au BIP.

Nous voulons terminer ce rapport par une question qui motive notre travail. Ces Églises sont récentes et elles ont vocation à s’institutionnaliser. Nous prenons le pari que dans deux décennies, la plupart des GE2I seront fédérées. L’enjeu des années qui viennent est de savoir si elles le seront en lien avec la FPF.

Pasteur Antoine NOUIS
Responsable du Groupe de travail