Rapport de gestion du Conseil de la Fédération protestante de France 2006

FPF – Assemblée Générale 11-12 mars 2006

Présentation du rapport de gestion du Conseil par le Secrétaire Général

Mesdames et Messieurs les délégués et les invités,

Nous avons un peu de temps devant nous. Nous disposons d’une bonne heure et demie pour nous entretenir sur ce rapport de gestion qui vous est proposé par le Conseil de la Fédération protestante pour l’année 2005.
Ceux qui pour une raison ou une autre ne l’auraient pas reçu ou l’auraient oublié, peuvent s’ils le souhaitent en recevoir un exemplaire maintenant.
Il me revient d’introduire maintenant un temps de travail en commun sur le contenu de ce rapport.

Vous le savez peut-être, les vœux de la Fédération protestantes en 2006 ont été placés sous le signe du jardin. Plus exactement des jardins dans les prisons, je reviendrai sur la genèse de l’expression.

Cette image des jardins, c’est un pluriel, correspond bien à plusieurs pages du rapport de gestion, qui nous offrent des signes de vie au sein de l’ espace fédératif, durant l’année qui s’est écoulée depuis notre dernière AG.

Certes la diversité de la semence répandue largement dans notre espace de mission n’a pas connu partout ni toujours le même épanouissement.

Le promeneur de l’an dernier toutefois qui reviendrait cette année pour observer l’évolution du terrain fédératif ne manquerait pas de constater au moins deux choses au gré de ses pérégrinations : quelques changements et quelques pancartes qui indiquent : « ici, on s’interroge ».

Quelques changements

D’abord quelques changements repérés dans les jardins fédératifs :

Changements dans le personnel depuis la dernière AG

Plusieurs changements ont eu lieu au sein du personnel travaillant au siège de la fédération.
En mars 2005, Marine Torrente a rejoint le secrétariat du service Télévision à 60%
Depuis avril, Fatiha Seedom a effectué deux contrats de six mois à l’accueil de la fédération
En juin, c’est Liliana Labarthe qui a remplacé Evelyne Pallud au secrétariat du service radio, d’abord à 80% puis depuis janvier dernier à 100%.
Durant l’été, le départ pour un stage pastoral de Marianne Guéroult au secrétariat des services biblique et œcuménique a été suivi en septembre par le recrutement de deux étudiantes, Sara Daudé à 30% pour le service biblique et Viviane Semère-Capt à 30% pour le service œcuménique.
Le même mois de septembre, Seynabou Badiane a été recrutée comme assistante documentaliste en remplacement de Philippe Guériff dont le type de contrat n’était pas renouvelable.
En janvier dernier, suite au déménagement de Carole Soscia qui occupait un des deux postes du secrétariat de l’aumônerie aux armées, c’est Catherine Legris qui l’a remplacée.

Le mouvement du personnel serait incomplet si je ne mentionnais pas globalement plusieurs changements, surtout des arrivées, au sein des bénévoles qui travaillent au siège de la fédération, de manière occasionnelle ou régulière. Quand une personne part, ou arrive dans notre équipe du 47 rue de Clichy, c’est la capacité d’adaptation de tous qui est sollicitée. Les paroles sont une chose, mais qui peut connaître par avance la réalité du travail et ses exigences ?
Sachez tous, salariés ou bénévoles, nouveaux ou anciens, que la maison ne tournerait pas sans vous, et que les expressions encore en usage dans certaines entreprises de petit personnel voire de petites mains peuvent être remplacées pour vous à la fédération par celles de grand cœur et d’épaules solides.

Changements parmi les présidents de commissions

Je souligne maintenant trois changements parmi les présidents des commissions, à défaut de pouvoir mentionner tous les nouveaux membres des commissions sans lesquels les présidents de ces dernières seraient forcément démunis.

La Commission « Justice et aumônerie des prisons » a changé de président en 2005. Philippe FAURE, après de nombreuses années d’exercice, a souhaité arrêter ses fonctions. M. Jean VOLFF, l’a remplacé en septembre. Ancien vice-président de l’ECAAL, Jean Volff a exercé la fonction de magistrat du Parquet pendant toute sa carrière, dans différentes villes de France. Actuellement avocat général à la Cour de Cassation, il est par ailleurs spécialisé dans le droit des cultes.

Samuel Amedro a été nommé au Conseil de septembre dernier président de la nouvelle commission « jeunesse ». Il n’y a donc plus de « département jeunesse » qui rassemblait jusque là des représentants institutionnels, qui a mené plusieurs chantiers remarquables sous la présidence ces dernières années du pasteur Christophe Bernard, et qui aspirait ou soupirait (peut-être comme une plante assoiffée…) après un changement de fonctionnement. La commission jeunesse est maintenant dotée d’un cahier des charges, d’une douzaine de membres nommés par le Conseil, et se trouve représentée dès aujourd’hui à l’assemblée générale par deux de ses membres, Samuel Amedro et Geoffroy Perrin-Willm. Elle a tenu sa première séance le 9 février dernier.

Troisième changement de présidence, celle de la commission du site internet « protestants.org ». longtemps présidée par le pasteur Pierre Prigent, le conseil a modifié son fonctionnement. Désormais la commission protestants.org est une commission restreinte, qui travaille sous l’égide du service Information – communication - documentation, et présidée par le pasteur Claude Baty. La commission sera garante de l’accès possibles à la diversité des ressources fédératives, de l’identification claire de l’origine du contenu mis en ligne, et du respect mutuel que se doivent les partenaires fédératifs.

Ces changements de personnes observés par le promeneur que nous suivons, ne nous feront pas oublier ceux qui sur un bout de jardin ou sur un autre, je pense aux régions régions, travaillent depuis peu ou de longue date dans les aumôneries, derrière les micros ou les caméras (parfois même devant, ce qui fait transpirer davantage), et dans bien d’autres tâches encore.

Vous qui êtes délégués à l’AG, vous en faites partie, et je vous exprime au nom du grand jardinier que nous servons toute la reconnaissance de la FPF.

Quelques aménagements prévus sur les sentiers fédératifs

J’en mentionnerai deux en espérant que leur présentation brève vous donnera envie d’aller vous y promener.

Le premier projet concerne le service radio. Il s’agit de la rédaction d’un texte à l’attention de toute personne responsable de la conception et de l’élaboration d’une émission, quelle que soit leur intervention (liturgie, musique, lectures, prédications…). Ce texte est né des conclusions du colloque radio de Mai 2004.
Ce que j’aimerais souligner ici c’est qu’une idée maîtresse de ce projet, c’est de permettre à nos collaborateurs et à nos auditeurs, qu’ils soient proches ou éloignés du terreau protestant, de percevoir le sens des vents parfois de natures très diverses qui soufflent lorsqu’une voix se fait entendre le dimanche à 8h30.

Le second, j’ai annoncé que nous y reviendrons, c’est un projet du service « Justice et aumônerie des prisons » intitulé « Des jardins en prisons ». Si le promeneur que j’imagine l’a retenu au gré de son parcours, c’est justement qu’il a bien voulu se porter volontaires comme visiteur de prisons. Car ces dernières font partie du paysage fédératif, et le service qui en est responsable commente ce projet comme ceci : « le jardin en prison… d’un coup l’espace fermé s’élargit… le regard blasé rajeunit, voici la terre porteuse de vie… voici l’espérance des saisons…gardiens du vivant et du beau, un jardin nous voulons en chaque prison ».
Si je souligne ici ce projet, ce n’est pas seulement pour son côté bucolique, mais pour dire que l’ensemble du projet fédératif peut se laisser animer par la pertinence qui anime ce projet. Appelés en Christ à la liberté, nous sommes tous, individus ou organismes en voie de réinsertion. Or le manque de contact avec la terre sur laquelle nous habitons, avec ce qui l’anime et lui fait donner du fruit, est préjudiciable à la réinsertion. Symboliquement le jardin est un lieu ou l’homme devient ou redevient responsable du vivant au sens large. C’est ainsi qu’un sentier à défricher à l’avenir est certainement celui de prendre conscience que si le thème de la crise sociale est très en vogue aujourd’hui, cette dernière a certainement besoin d’être traitée en priorité à partir des racines qui sont à l’intérieur de nous-mêmes.

Quelques pancartes

Je serai plus court au sujet des pancartes sur lesquelles il est écrit : « ici on s’interroge ». Je serai plus court parce que justement je vais poser les questions et c’est à vous que sera la parole, soit pour y répondre, soit pour laisser s’égayer vos pensées et vos interventions dans d’autres parcelles de la vie fédérative.
S’il est écrit sur quelques pancartes : « ici on s’interroge », ce peut-être pour plusieurs raisons :

Les uns sont soucieux d’améliorer toujours la nature des espaces : sont-ils encore adaptés à la semence dont j’espère obtenir une pousse, voire une plante et une récolte ?
Les autres sont soucieux d’analyser le cycle des saisons et de se demander si c’est maintenant ou plus tard ou jamais le moment de procéder à telle étape de la culture, de tailler, de traiter, ou simplement de laisser faire et d’observer.
D’autres enfin constatent et s’interrogent sur une culture déficiente. Pourquoi ce projet n’a pas abouti, comment une prochaine fois anticiper le développement de telle maladie qui nuit à l’épanouissement d’une plante ?

C’est ainsi que tel rapport que vous avez pu le lire, ressent « le faible investissement pour bâtir une communion ecclésiale entre Eglises membres de la FPF » et déplore « l’absence de débat théologique et ecclésiologique entre les Eglises de la FPF ».
Question posée : comment remédier à cette carence de débat théologique ?

Concernant la communion de l’Eglise universelle, tel rapport facile à repérer constate que la plupart des membres de nos Eglises (et parfois de leurs pasteurs) se comportent à l’égard des groupes à vocation œcuménique avec « une indifférence polie, parfois plus nourrie d’un communautarisme mondain et rassurant que de l’interpellation des Ecritures ».
Question posée : les personnes morales qui constituent la Fédération sont-elles bien représentatrices de leurs membres physiques ?

Enfin, dernier constat mais pas des moindres, notre lecture de la bible à usage interne semble portée par le souci d’expliquer la bonne manière de comprendre plutôt que par celui d’offrir les outils pour une lecture stimulante.
Cela pose une question déployées sur une banderole dans notre jardin fédératif: quels moyens nous donnons-nous pour témoigner que la Bible est un livre pour tout le monde et qu’elle se prête à une lecture plurielle ?

Je laisse maintenant notre présidente conduire notre débat qui n’est en aucun cas limité par les questions que je viens de poser. Je vous remercie.