Depuis la dernière AG …
• Le Forum œcuménique (rassemblant les responsables œcuméniques des Eglises et CIOM) s’est réuni deux fois. Toutes les Eglises ont participé, y compris celles en probation.
Une première fois sur le sens de notre engagement œcuménique et sur le thème de l’élargissement à une dimension fédérative des structures régionales (pour la plupart luthéro-réformées, quand elles existent).
Une seconde fois avec les délégués catholiques, orthodoxes et anglicans, pour préparer le rassemblement œcuménique européen de Sibiu (Roumanie, septembre 2007). Ces Forums sont des lieux d’échanges précieux et de renforcement du réseau des délégués.
• La commission œcuménique s’est réunie 4 fois. Outre le débat sur l’actualité, elle a poursuivi son travail sur les passages des membres d’une Eglise à l’autre et commence à formaliser son travail. Les représentants des Eglises en probation, invités permanents, y ont pris leur place sans difficulté et avec bonheur. Dans la commission, on ressent vivement l’absence de débat théologique et ecclésiologique entre les Eglises de la FPF.
• Le service œcuménique a changé de secrétaire : bonjour à Viviane Capt-Sémére, étudiante en théologie, qui travaille une journée et demie par semaine depuis septembre.
- Il a rénové et enrichi les pages oecuméniques du site : on y trouve « à peu près tout » !
- En plus de la vie quotidienne du service (participation aux instances de dialogue, suivi des réseaux, courriers, mail, entretiens, rédaction d’articles et autres outils de vulgarisation, commissions, vie de la Fédération), on constate un développement des interventions extérieures du responsable de service (conférences, journées de formations, sessions…) sur trois thèmes récurrents : le monde évangélique, l’œcuménisme en décomposition ou recomposition, l’autorité dans l’Eglise (à partir du livre des Dombes). Des Eglises en probation ont participé, voire accueilli et organisé plusieurs de ces rencontres ou interventions.
- Un axe important de travail a été la préparation de l’Assemblée mondiale du COE à Porto Alegre (Brésil février 2006,) suivie maintenant de la préparation du Rassemblement oecuménique européen de Sibiu et de ses rassemblements régionaux dans l’année 2006-2007.
• Jean Paul II, Frère Roger, Elisabeth Behr Sigel : trois figures de l’œcuménisme institutionnel, spirituel et théologique, nous ont quittés (voir communiqués FPF). Elles laissent leur empreinte marquante dans les dialogues et sur l’évolution œcuménique de plusieurs décennies.
Comment les nouvelles générations vont-elles s’approprier cet héritage et le faire fructifier dans la reconfiguration planétaire du rapport au religieux ? La question reste aujourd’hui ouverte.
Quelques débats …
La première urgence semble être celle de la transmission et de l’élargissement de la conscience oecuménique.
Les groupes œcuméniques, très informés mais restreints, côtoient une indifférence polie de la plupart des membres de nos Eglises (et parfois de leurs pasteurs), indifférence parfois plus nourrie d’un communautarisme mondain et rassurant que de l’interpellation des Ecritures.
Pendant ce temps, le monde protestant évangélique prend sa place à la table œcuménique ; le monde orthodoxe y élève sa voix ; et le monde anglican y recompose ses relations en fonction de ses courants internes.
Aussi paradoxal que cela soit, nous sommes moins dans l’urgence d’un approfondissement théologique pointu de nos communions ecclésiales que dans le souci d’une sensibilisation plus étendue.
Bref, il faut se réapproprier une éthique œcuménique, le b-a-ba du dialogue : s’apprivoiser, tisser la confiance, savoir écouter et découvrir nos préjugés, mettre des mots justes sur les différences de l’autre, sortir du réactionnel et de l’affectif, prier et servir ensemble… au risque d’être changés ! En ce sens, l’outil que représente la Charte œcuménique européenne a encore de beaux jours devant elle.
Il faut pour cela des pédagogues, des traducteurs… ce devrait être le rôle des ministres de nos Eglises. La seconde urgence est donc la formation œcuménique des responsables d’Eglises.
C’est là que les accords et rapports de dialogues d’experts dormant dans les cartons pourraient utilement être exhumés en vue de vulgarisations utiles. Leur méthode autant que leur contenu sera utile pour affronter le découragement qui pointe lorsque de nouvelles divisions paraissent insurmontables (dans le domaine éthique, ecclésial ou sacramentel1 par exemple).
La troisième urgence est la cohérence entre relations intra protestantes et œcuménisme extra fédératif.
On peut constater une dissymétrie inquiétante entre d’un côté le travail de communion (au plan théologique et relationnel) de chacune de nos Eglises avec les Eglises catholique, orthodoxes et anglicanes, et de l’autre le faible investissement pour bâtir une communion ecclésiale entre Eglises membres de la FPF. Des voix s’élèvent même pour exprimer qu’il est plus facile d’avoir des relations avec les catholiques qu’avec les autres Eglises de la FPF. D’autres voix le justifient théologiquement. Il n’est pas possible de le vérifier vraiment aujourd’hui tant les dialogues théologiques entre les Eglises de la FPF paraissent faibles ou tout au moins peu formalisés.
Ce déséquilibre est préjudiciable à terme à l’unité du protestantisme français et à la vocation même de la FPF qui est de la favoriser .
De la même manière, il est nécessaire que les dialogues bilatéraux d’Eglise à Eglise (au demeurant peu nombreux) au sein de la FPF soient équilibrés par un dialogue multilatéral fédératif aujourd’hui inexistant au plan formel.
La Charte de la FPF pourrait être le cadre d’une réflexion théologique sur la consistance de la communion vécue entre Eglises au sein de la FPF, une réflexion qui devrait dépasser le cadre des instances nationales et atteigne localement les Eglises. Concrètement, les antennes locales pourraient en être porteuses par un dialogue autant que par un faire et un vivre-ensemble.
C’est la vocation de la FPF que de stimuler les Eglises dans leurs dialogues bilatéraux, et d’offrir les outils pour un dialogue multilatéral propre à la FPF, dans le cadre plus large des dialogues internationaux au sein du christianisme.
Pasteur Geoffroy de TURCKHEIM Pasteur Gill DAUDE
Président de la Commission Responsable du Service
1 Sur la question du baptême, on peut noter l’excellent rapport du Groupe mixte de travail COE/Eglise catholique faisant un large et pédagogique tour d’horizon. Voir site Internet du service œcuménique, pages documentation. Voir aussi le dialogue communion de Leuenberg/Fédération baptiste européenne travaillé aujourd’hui par le dialogue national CPLR/FEEB.