Après une première année de mise en place, vécue dans des conditions un peu précaires (une équipe qui se reconstituait, un secrétariat absent entre mi-décembre et mi-mars, puis réduit de 80 à 60 %), le Service Télévision a pris sa vitesse de croisière. En fait de croisière, nous naviguons bon train, entre les cultes en direct, les documentaires et les émissions de plateau (un peu plus de 50 émissions par an, pour mémoire).
Le fonctionnement du Service TV et la FPF
Nous sommes actuellement fixés dans une configuration de 4 personnes (productrice, adjoint « technique » et « cultes », assistante de production et secrétaire). La nouveauté de l’année a résidé dans le changement de fonctionnement comptable. Si les nouvelles procédures, après leur première mise en œuvre, n’ont pas réservé de mauvaises surprises pour ce qui concerne le Service TV, il faut tout de même se rendre compte qu’une bonne partie du temps de la secrétaire du Service (entre un tiers et la moitié) leur est désormais consacrée. Un secrétariat à 60 %, cela signifie aussi une absence de secrétariat et d’accueil téléphonique l’après-midi - sauf lorsque d’autres membres de l’équipe sont disponibles pour en assurer une part.
La commission TV s’est enrichie en fin d’année de la présence d’un invité appartenant à une Eglise en probation, Jean-Paul Barquon (secrétaire général de l’Union des Fédérations adventistes de France et responsable de son département des communications). Après un peu plus d’un an de rencontres, la responsable du Service et la commission réfléchissent au type de nourriture qu’elles pourraient partager en dehors de l’exercice incontournable de commentaire des émissions déjà diffusées : d’autres types d’émissions à imaginer, des sessions de brain storming avec des invités « experts », etc. Par ailleurs, la Commission doit trouver pour juillet 2006 un nouveau président, puisque Pascal Hickel (président actuel) est appelé à exercer un ministère outre-Mer.
Les relations avec France 2
Les relations entretenues régulièrement avec la chaîne (contact téléphonique quasi quotidien avec l’atelier de production, réunions concernant les documentaires avec l’administratrice, rencontres programmées ou informelles avec la responsable des émissions etc.) sont tout à fait pacifiques et constructives. Cependant, il nous semble intéressant de pointer une ou deux évolutions intervenant dans notre collaboration récente.
Les moyens
La chaîne travaille avec les émissions religieuses dans le sens d’une utilisation « optimale » de ses moyens (plateaux, montage etc.). Mais « optimale » tend aujourd’hui à signifier « exclusive ». En effet, il s’agit actuellement de n’enregistrer qu’à France 2, de ne monter qu’à France 2… ce qui n’était pas le cas il y a quelques temps. Il y a là une évolution liée à des contraintes économiques de plus en plus explicites, une évolution tout à fait compréhensible, mais qui accentue la contrainte sur les producteurs. Par exemple, il nous a été demandé à plusieurs reprises, ces derniers mois, de changer très tardivement nos dates d’enregistrement (il faut alors reprendre le travail de contact avec les invités déjà sollicités…), ou bien d’attendre jusqu’au dernier moment la confirmation de dates de montage. Mais dans le même temps, nous sommes tenus d’étaler les montages sur l’année, afin de rester dans tous les cas à France 2. La souplesse que s’octroie la chaîne pour gérer les dépenses au plus juste se mue donc en inconfort croissant du côté des producteurs. Ce qui n’est pas négligeable pour de petites équipes comme celle de Présence Protestante. De plus, les économies générées par ces procédés sont difficilement appréciables pour nous, puisque l’enveloppe allouée à Présence Protestante reste partiellement impossible à évaluer.
La ligne éditoriale
Les émissions religieuses ont conscience de vivre une époque où « le religieux », pour le pire ou le meilleur, suscite l’intérêt, soulève l’indignation, bref ne laisse pas indifférent. Si ces émissions, relevant du cahier des charges de la chaîne, se maintiennent dans un statut à part, leur contenu n’est plus laissé à la seule appréciation des producteurs. Parfois, on a eu le sentiment que le « religieux » de ces émissions ne pouvait être subversif ou trop audacieux et que la frontière était mince entre la liberté éditoriale de la productrice - qui, dans les grandes lignes, n’est pas remise en question ! - et un certain « perfectionnisme » de la chaîne…
Par ailleurs, l’obsession publicitaire de notre société n’est pas non plus sans incidence sur nos façons de travailler. Tout sujet étant aujourd’hui virtuellement publicitaire, on est amené à inviter un éditeur mais sans trop insister sur sa maison d’édition, un architecte en brouillant tous les repères, etc. Si certaines règles doivent être respectées, elles impliquent parfois de drôles de questions et teintent étrangement nos projets : jusqu’où évoquer telle ou telle œuvre sociale, afficher son nom, son logo ? Peut-on parler de tous les aspects de telle association de commerce équitable, par exemple ?
Le protocole
Concernant le projet de protocole proposé par la chaîne aux producteurs religieux, l’année 2005 aura permis de préciser progressivement et la demande de France 2 et les différentes solutions envisageables pour la FPF. Le Conseil de la FPF devrait se saisir de la question pour faire une proposition ferme à France 2.
Le contenu des émissions
Durant toute cette année, nous avons effectué un travail régulier d’ajustement (concept, lieux d’enregistrement ou décors…) sur deux nouvelles émissions : le « Café biblique » et « Le temps de le dire ». Le « Café biblique » est une émission lourde à gérer, avec la présence d’un public qu’on espère toujours nombreux ; il s’agit d’un public qui intervient, ce qui suppose de multiples contraintes sur le déroulement de l’enregistrement. Cette émission a été présentée et commentée lors de la dernière assemblée générale de la FPF. Elle est suivie avec attention à la commission TV. Elle trouve progressivement son rythme et son ton.
Avec « Le temps de le dire », la difficulté est de trouver chaque fois un nouveau lieu d’enregistrement, qui corresponde à l’invité. La recherche de l’invité (un protestant qui a des convictions et agit…) et du lieu d’enregistrement (public, privé, se prêtant à un tournage…) est parfois longue et aventureuse !
Le souci de refléter la diversité du protestantisme a été manifesté dans le contenu d’un certain nombre d’émissions : cultes, émissions de plateau, documentaires… Diversité des courants théologiques, des sensibilités spirituelles ; diversité des cultures (avec les chrétiens issus de l’immigration). A travers tout cela, puissions-nous apprendre à mieux connaître les facettes du protestantisme et contribuer à l’intelligence collective, à l’enrichissement des pratiques et des imaginaires spirituels. Rien de tel pour désamorcer ou exorciser les peurs !
Divers
Nous avons décidé de relancer le Prix Gosselin pour l’année 2005-2006. Ce prix récompense un groupe de jeunes des Eglises appartenant à la FPF pour la fabrication d’un film de 4 minutes. Le thème de cette année : « Après moi le déluge ! ».
Fin 2005 aura vu la mise en place (grâce au matériel acheté par les Amis de la Radio Télévision protestante, ARTP) de la duplication des émissions sur DVD, qui suscite de plus en plus de demandes. Pour l’instant, la vente de cassettes VHS est parallèlement maintenue.
Le Service Télévision souhaite organiser des « événements » dans les Eglises locales, occasions de faire mieux connaître ses émissions tout en offrant un support de réflexion attractif (sur des thématiques bibliques, historiques, spirituelles). Ceci en partenariat avec d’autres organismes ou services de la FPF - par exemple, le Service biblique, avec lequel se poursuit une très fructueuse collaboration.
Pasteur Pascal HICKEL Madame Séverine BOUDIER
Président de la Commission Responsable du Service