1.1. De son fonctionnement.
Lors de cette période la Commission « Chrétiens et Juifs » a pu réunir avec régularité la majorité
de ses membres deux ou trois fois par an en fonction des possibilités budgétaires. Nous avons eu
seulement à déplorer la démission de Frédéric Baudin qui a dû se retirer faute de disponibilité.
Elle a invité de façon permanente Mme Françoise Drai qui, par ses compétences linguistiques, lui
a facilité le travail en traduisant des textes importants.
Concernant les Eglises qui étaient en probation et qui, depuis, sont devenues membres de la FPF,
seule la représentante des Eglises Adventistes a participé régulièrement aux réunions, la
représentante de la CEEF n’est jamais venue et a dernièrement demandé à être remplacée.
1.2. Du travail de la commission.
La commission s’est attachée à poursuivre son travail d’information et de liaison auprès des
correspondants régionaux et s’est efforcée de prendre en compte les points qui étaient à son
cahier des charges :
- Correspondants :
Le travail de liaison avec les correspondants régionaux a été assuré par le secrétaire de la
commission, avec l’envoi de courrier d’information deux fois par an aux divers correspondants.
En janvier 2004, la commission a organisé une rencontre nationale des correspondants qui n’a eu
que peu d’écho. Elle s’est réduite à une rencontre avec deux correspondants parisiens et un
correspondant du Sud-ouest. Une telle expérience ne sera pas renouvelée.
- Foyers-mixtes :
La commission a parfois évoqué cette question sans produire de document. Des demandes ont
été adressées au président par courriel : elles provenaient de la Région parisienne, de Nice, de
Suisse ou d’Outre-mer et étaient uniquement des demandes de conseil pour organiser un mariage
mixte et reflétaient le souci majeur de ces futurs couples de trouver un rabbin qui accepte de
participer à une célébration de mariage. La plupart concernaient des catholiques que le président a
mis en relation avec le Père Pierre Hoffmann, délégué du Service national des Evêques pour les
Relations avec le Judaïsme (SNERJ) dans notre commission. A notre connaissance, seul un
rabbin non reconnu par le Consistoire Central a accepté de participer à l’une d’entre-elles.
- Fiches catéchétiques :
Pour compléter les dépliants produits par l’association alsacienne « Etude du Judaïsme », la
commission a produit des fiches catéchétiques sur le juif Jésus, la femme juive, le culte de la synagogue,
l’antijudaïsme, les fantasmes anti-juifs, quelques fiches restent encore en chantier, la prière juive, les
courants juifs au temps de Jésus, l’Ancien Testament, les courants juifs aujourd’hui … Cette liste n’est pas
exhaustive. Mais il conviendra de voir comment mettre ces fiches à la disposition du public, et
notamment, la possibilité de les publier sur un site internet.
- Présentation du texte de la CEPE : « Eglise et Israël » :
La Commission a fait un résumé du texte de la CEPE : « Eglise et Israël », pour permettre aux
groupes qui veulent l’étudier d’entrer plus facilement dans l’étude ce texte et d’en mesurer les
enjeux. Le président a été invité à présenter ce texte en divers lieux.
- Etude sur « la terre » :
La commission a mis en chantier en 2005 un travail de réflexion sur « la terre » qu’elle
souhaiterait publier sous la forme d’un document analogue à celui qu’elle avait produit sur
Jérusalem en 1999. Ce travail devrait permettre d’avoir une idée claire de cette notion qui fait
difficulté dans nos relations avec le monde juif. Pour mettre en chantier un tel travail, elle a
entendu quelques experts : Mme Katel Berthelot, chercheur au CNRS d’Aix-en-Provence et
M. Daniel Guichard, géographe, qui a produit quelques cartes d’Israël aux diverses étapes de son
histoire. Elle espère avoir prochainement la contribution du professeur Armand Abécassis.
1.3. De ses relations extérieures
La commission a maintenu ses liens avec d’autres commissions ou organismes engagés dans ce
dialogue spécifique.
• « Commission de dialogue avec les autres religions »
Quelques membres de la commission ont régulièrement suivi les travaux de cette commission
jusqu’à sa dissolution en mai 2004. Ils ont participé activement à la préparation du 2ème Colloque
sur l’inter religieux de 2003.
• Relation avec les catholiques et particulièrement avec le Service National des
Evêques pour les relations avec le Judaïsme.
Depuis de nombreuses années, un lien unit la Commission Chrétiens et Juifs et le Comité Episcopal pour les Relations avec le Judaïsme (CERJ). Après une période de flottement au
passage de l’an 2000, ces liens ont été rétablis et renforcés par l’accueil d’un délégué catholique
dans notre commission, le Père P. Hoffman, et d’un délégué protestant au CERJ, le pasteur A.
Massini.
C’est dans ce cadre qu’à partir de 2004, avec l’accord du Président de la FPF, nous avons
co-signé les cartes de voeux adressées aux Juifs pour les fêtes d’automne et que les protestants
sont associés désormais à la rédaction des fiches de présentation du dimanche de sensibilisation
au Judaïsme proposé par le diocèse de Versailles.
Il faut noter que depuis 2005 le CERJ a été inclus dans un ensemble, présidé par l’archevêque d’Auch, Mgr Maurice Gardés, qui regroupe les relations oecuméniques et les relations avec le
Judaïsme. Le Comité Episcopal a changé de nom et s’intitule désormais Service National des
Evêques pour les Relations avec le Judaïsme, il est actuellement présidé par l’évêque de Nice,
Mgr Louis Sankalé qui succède à Mgr Francis Deniau, évêque de Nevers.
Le pasteur Massini a été invité en 2003 et en 2004 aux rencontres organisées à Paris par le
Congrès Juif Mondial et l’Eglise catholique qui ont officiellement marqué le changement de
nature des relations entre l’Eglise catholique et le Judaïsme.
• LEKKJ (Conférence Européenne des Eglises Evangéliques Luthériennes pour les
relations avec le Judaïsme)
Blaise Chavannes, délégué luthérien dans cette commission, a régulièrement informé la
commission du contenu des réflexions de ce groupe de travail. B. Chavannes quittant cette
commission, il est souhaitable que des liens soient maintenus avec cette commission européenne.
• Relation avec la nouvelle commission « Chrétiens et Musulmans »
Si nous nous sommes réjouis de la reconstitution de la commission « Chrétiens et Musulmans »,
nous n’avons pas encore pu avoir de rencontre commune comme cela se faisait par le passé entre
les commissions « Chrétiens et Juifs » et « Eglise–Islam »
La commission a été en outre régulièrement informée par son président des travaux des groupes
de contact mis en place par le Président de la FPF :
• CRIF/FPF :
Ce groupe de contact a été créé au début des années 2000. La FPF était représentée par Etienne
Trocmé et Jean-Noël de Lacoste. A la suite du décès d’Etienne Trocmé, les pasteurs Florence
Taubman et Alain Massini ont été invités à y entrer.
Ce groupe a été à l’initiative du Colloque de Mai 2004 « Juifs et Protestants en France aujourd’hui » qui
a permis un regard croisé sur nos relations, il a aussi effectué un voyage d’étude en Israël en
Janvier 2005. Il a tenté d’apaiser nos interlocuteurs juifs après la diffusion par présence
protestante en 2004 du film intitulé « Des voix pour la paix », et encore dernièrement à l’issue du
voyage du Président de la FPF au Liban et en Israël/Palestine en Août 2006. Suite à ce dernier
incident, il est actuellement en sommeil.
• CONSISTOIRE CENTRAL / FPF – Groupe pasteurs-rabbins
Projeté après une rencontre avec le Consistoire Central en juin 2005, ce groupe n’a pu se réunir
pour la première fois qu’en juin 2006. Il se retrouve en moyenne deux fois par trimestre depuis
l’automne. La délégation protestante est composée du professeur Alfred Marx et des pasteurs
François Clavairoly, Alain Massini et Evert Vandepoll. Elle est conduite côté juif par le Rabbin
Michel Serfaty, chargé des relations avec les autres religions au Consistoire central. Les pasteurs et
les rabbins se sont informés mutuellement de leurs modes de formation et de la transmission de
la foi dans leurs communautés respectives. Lors de leur dernière rencontre en novembre, les
incidents de l’été ont aussi été évoqués par nos interlocuteurs que nous avons tenté d’apaiser.
• GROUPE « VIVRE ENSEMBLE » :
Le président de la commission a été régulièrement invité aux travaux de ce groupe de travail,
d’échange et de partage sur des sujets liés à l’intolérance, créé en 2005 à l’initiative du président de
la FPF, pour des responsables associatifs, syndicaux et religieux.
1.4. Interventions extérieures (du président ou de membres de la commission)
La commission a répondu dans la mesure de ses moyens et de la disponibilité de ses membres
aux diverses invitations qui lui ont été adressées. Ils sont intervenus dans divers colloques et ont
donné des conférences à l’invitation de groupes des Amitiés judéo-chrétiennes ou de recherche
oecuménique.
• Colloques :
o 2° colloque inter religieux organisé à Paris par la Commission de dialogue avec les
autres religions. (Septembre 2003)
o Colloque Juifs et Protestants en France aujourd’hui organisé par le CRIF et la FPF
(Mai 2004) (A. Massini)
o Colloque d’Aix-en-Provence : Aspects religieux du Sionisme (Mai 2004) (Mme
Lautman)
o Colloque « Etre Juif dans la société française » (Janvier 2005) (Mme Lautman)
o Colloque de Lyon « Le dialogue oecuménique à l’écoute de la tradition juive » (Décembre
2005) (A. Massini)
o Colloque « Eglise et Israël » organisé par l’union de prière de Charmes à Montmartre (Septembre 2006). (A. Massini)
• Conférences données par le président de la commission dans le cadre des amitiés judéochrétiennes
principalement sur le « texte de la CEPE : « Eglise et Israël »
o Lille 2002, Valence 2002, Limoges 2003
• Groupes divers : Interventions du président de la commission
o Rencontre de Dijon (Février 2006)
Rencontre de délégués à l’oecuménisme de la région Drôme/Ardèche St Peray
(Février 2006)
o Rencontres Chrétienne St Etienne (Décembre 2006)
La commission nommée en 2000 a été réduite comme nous l’avions demandé lors du bilan de 1999. Cette structure plus légère a régulièrement fonctionné et a permis de remplir la mission qui lui avait été confiée, malgré le manque de moyens financiers qui a contraint la commission à ne plus envisager que deux rencontres par an, ce qui ralentira nécessairement son travail.
Un des points qui fait problème dans notre commission est le déficit de communication externe qui est dû , semble-t-il, au fait que nous n’avons pas su comment solliciter le service de communication de la FPF.
Par ailleurs, la seule fois que nous avons transmis la conclusion de notre travail au conseil de la Fédération, nous n’avons pas eu de retour. Ainsi, nous n’avons jamais su ce qu’étaient devenues les recommandations aux Eglises membres que nous avions soumises au conseil, à la suite de notre réflexion sur les Juifs dans nos liturgies en 2001. Et nous ne savons toujours pas, si elles ont été communiquées aux conseils des Eglises membres.
Le déficit de concertation et de communication interne que nous soulignions dans notre bilan de 1999 s’est reproduit. Si le conseil a entendu notre demande, en nous proposant un cahier des charges et nous a laissé travailler librement, ce dont nous lui sommes très reconnaissant, nous avons manqué de moments de concertation. Nos invitations réitérées au secrétaire général de participer, de temps à autre, aux travaux de notre commission sont restés lettres mortes.
Concernant l’avenir et le prochain renouvellement de la commission Chrétiens et Juifs, la
commission sortante souhaite :
- que le conseil choisisse des personnalités qui soient parties prenantes dans le dialogue judéochrétien
et s’engagent à participer aux travaux et aux réunions de la commission.
- que le conseil de la FPF précise les objectifs de son travail, en n’oubliant pas, dans le cahier
des charges, les aspects théologiques qui sont à l’arrière plan des questions concrètes. La
commission souhaite aussi que son travail sur « la terre » puisse être poursuivi.
- qu’il s’interroge sur la place et l’articulation de la commission dans le nouveau dispositif de
ses relations avec le Judaïsme, suite à la création des groupe de contact CRIF/FPF et Consistoire
Central /FPF, ainsi qu’avec le service oecuménique de la FPF et la Commission alsacienne
nouvellement crée.
Pour finir la commission souhaite partager ses inquiétudes et ses préoccupations :
- Il faut être bien conscient que dans les échanges judéo-chrétiens en France aujourd’hui,
l’image du protestantisme est négative. Les prises de parole légitimes concernant la solidarité avec
les chrétiens du Proche-Orient sont souvent mal comprises et ne facilitent pas le dialogue, c’est le
moins qu’on puisse dire.
- Depuis plusieurs années, la commission rappelle dans ses comptes rendus annuels que le
dialogue judéo-chrétien est en train de changer radicalement, comme le montre le dialogue inédit
qui s’est installé entre le monde Juif et l’Eglise catholique romaine. Il est donc nécessaire que les
conseils des Eglise membres de la FPF prennent conscience de ce changement et engagent une
réflexion sur cette question délicate et difficile qui est constamment parasitée par le conflit du
Proche-Orient.
Les initiatives du président de Fédération de mettre en place des groupes de contact, notamment
avec le Consistoire Central, nous paraissent être sur ce point un signal fort.
Mais il semble que l’information passe peu, ou ne soit pas jugée prioritaire. Un fossé existe entre
le travail institutionnel et le travail qui se fait réellement à la base mais qui reste bien souvent
confidentiel. La commission invite donc les Eglises tant dans leur direction institutionnelle qu’à la
base à s’intéresser à cette question qui engage notre identité chrétienne.
Pasteur Alain MASSINI
Président de la Commission