Tout le monde se souvient du Département Jeunesse de la FPF. Chaque église, chaque IOM concerné par le travail auprès de la jeunesse devait envoyer un représentant au sein du DJ afin d’y partager les nouvelles et soutenir les projets qui se présentaient. Au gré des occasions et des intérêts des uns ou des autres, certains projets communs voyaient le jour et chacun se souvient, par exemple, du projet européen « Bridge ». Le dernier gros projet porté par le DJ fut la rédaction d’un dossier technique pour aider à la création d’aumôneries protestantes de collèges et de lycées (octobre 2002). Et puis, peu à peu, le DJ s’est étiolé : un budget qui s’amenuise d’année en année, une perte de représentants jeunesse d’abord au sein du conseil de la FPF, puis à l’assemblée générale même, de moins en moins de participants à un DJ qui ne se renouvelait plus que par cooptation interne, des directions d’église ou d’IOM se sentant peu concernés ou impliqués, une absence de cahier des charges ou même de demande explicite de la part du Conseil… Même les projets impliquant la jeunesse qui naissaient au sein des services de la FPF n’impliquaient plus le DJ. Bref, le DJ moribond a décidé d’interpeler le président de la FPF avant de se saborder jusqu’à sa disparition à la fin de l’année 2003.
Fort heureusement, les choses n’en sont pas restées là ! Après un an de stand-by, une rencontre fut organisée, sous l’impulsion du président et du nouveau secrétaire général avec quelques membres de l’ancien DJ, pour faire le point et tenter de tirer des perspectives. Lors de sa séance du 22 janvier 2005, le Conseil de la FPF décidait de reprendre le dossier et donnait mission au Secrétaire général pour faire des propositions concrètes : un département ou une commission ? Quel cahier des charges ? Quelles propositions pour des membres éventuels ? Quel budget nécessaire ?
Après quelques mois de gestation, l’année 2006 fut donc celle de la résurrection. C’est ainsi qu’est
née la nouvelle « COMMISSION JEUNESSE » qui apporte des réponses très précises aux
difficultés passées :
Une réponse institutionnelle : ce n’est plus un « département » (avec des délégations aléatoires
des églises et des IOM) mais une « commission » nommée par le Conseil sur proposition
du Secrétaire général. Elle dispose d’un réel budget stable qui assure sa pérennité ainsi que
3 représentants officiels à l’AG de la FPF.
Une nouvelle équipe : Les membres ont été discernés en fonction de leur profil et de leurs
compétences respectives : c’est moins un travail de représentation et de délégation qu’un
travail collégial sur un projet commun qui est attendu de cette équipe. A ce jour, elle est
composée de 12 membres et elle se réunit 3 fois par an.
Un projet et un cahier des charges : désormais, la Commission Jeunesse dispose d’une mission
claire et définie par un cahier des charges qui a été adopté par le Conseil de la Fédération.
A ce jour, la commission jeunesse s’est réunie 4 fois : le 10 février, le 15 juin, le 20 octobre 2006 et le 26 janvier 2007.
Dans un premier temps, il a fallu apprendre à se connaître, prendre du temps pour faire connaissance les uns avec les autres : les membres sont issus de l’ERF, de l’EPRAL, du CPCV, des EEUdF, de la LLB, du DEFAP, de la Mission Populaire, de l’UEER, de l’UFA, et de l’UEEL.
Il semble que la confiance réciproque qui était déjà la marque du DJ soit de nouveau véritablement présente au sein de la commission et c’est pour nous un sujet de joie.
Il a également fallu nous familiariser avec le contenu du cahier des charges et nous avons ensemble pris beaucoup de temps pour le relire en détail, point par point, cherchant à comprendre ce que chacun mettait derrière les mots employés, essayant d’en relever les points faibles et les richesses. Ce fut un travail d’appropriation indispensable avant de nous mettre concrètement au travail.
La troisième tâche à laquelle nous nous sommes attelés fut d’essayer de déterminer au milieu des multiples attentes et nécessités les priorités du travail avenir. Nous sommes conscients de l’ampleur de la tâche, de la petitesse de nos moyens, et ensemble, nous avons la ferme intention d’oeuvrer très concrètement.
C’est ainsi que sont apparus les quelques dossiers qui nous sont apparus urgents à traiter :
– Les premiers débats de la CJ démontrent la nécessité de monter un annuaire, des
mouvements de jeunesse protestants. Il s’agit pour nous de pouvoir rapidement faire
circuler de l’information descendante ou montante entre tous ceux qui oeuvrent dans
l’animation jeunesse au sein du protestantisme
– La question du scoutisme protestant : A la demande explicite des EEUdF (nous avons
reçu la présidente et le secrétaire général), nous devrions essayer d’appeler tous les
mouvements protestants qui se réclament du scoutisme à se rencontrer à nouveau, sans
préjuger du résultat d’une telle rencontre.
– Nous avons été interpelés par le Conseil de la FPF qui souhaiterait avoir une vue globale
sur la façon dont la société française contemporaine considère la jeunesse. Le
Conseil a donc demandé à la CJ si elle pourrait animer la réflexion à ce sujet. Vaste sujet
en perspective qui devrait nous mobiliser lourdement dans les mois avenir.
– Un rôle de vigilance juridique : chaque année apporte son lot de nouvelles lois, et autres
décrets ou règlementations concernant l’animation jeunesse… Les compétences réunies
au sein de la CJ devraient permettre à l’avenir de rester un pôle de vigilance sur ces
questions qui concernent toutes les églises et IOM.
– La CJ a hérité du précédent DJ du dossier des aumôneries protestantes de collèges et de
lycées. Il semblerait qu’il y ait plusieurs demandes émanant de projets locaux pour que
nous puissions mettre en place une labellisation FPF des aumôneries. Nous nous
devons de reprendre cette question en détail pour voir si nous avons les moyens d’y
répondre favorablement.
– Nos engagement internationaux et oecuméniques : sans que cela soit un dossier
particulièrement urgent, il apparaît que les jeunes protestants français sont absents des
institutions oecuméniques internationales depuis de trop nombreuses années. Nous
sommes attendus dans des institutions telles que le COJE (Conseil OEcuménique pour la
Jeunesse en Europe), le COE, la KEK et Fondacio (pour ne citer que les demandes
récentes). Il est parfois difficile de s’y retrouver pour poser des priorités. Nous avons
donc fait appel à Gill Daudé qui est venu en octobre nous aider dans notre réflexion à ce
sujet. Il apparaît que nous sommes confrontés à une difficulté dans nos contacts avec nos
partenaires étrangers : la commission jeunesse n’est « pas assez jeune » ! Toutes ces
institutions internationales appellent des moins de 30 ans et nous n’en avons pas au sein
de la commission. Faut-il faire évoluer la commission jeunesse pour y intégrer quelques
jeunes adultes ? Cela semble plus que probable… En tous cas, la CJ a conscience de
l’importance des relations internationales pour la jeunesse d’aujourd’hui : la dernière
rencontre d’une délégation de la FPF (dans laquelle nous étions présents) pour aller à la
rencontre des responsables de la communauté de Taizé en a montré toute l’importance
stratégique…
La Commission « Jeunesse » est chargée par le Conseil de la FPF de travailler au service de la
jeunesse en général, dans l’esprit et le respect de la Charte de la FPF.
- Observatoire de la jeunesse dans le protestantisme français et par-delà dans la société, la
commission informe et interpelle le Conseil et la Fédération sur les évolutions et les
enjeux.
- La commission devra être un lieu de vigilance sur toutes les questions et évolutions
pédagogiques, techniques et juridiques de l’animation jeunesse pour offrir à toute la
Fédération les outils nécessaires adaptés et utilisables par tous.
- La commission n’a pas pour vocation propre de faire de l’animation jeunesse. Elle se doit
par contre de faire vivre ensemble des compétences et d’encourager la dimension
fédérative des événements « jeunesse » organisés par l’une ou l’autre des composantes de
la Fédération :
en étant présent au nom de la Fédération dans les différentes
manifestations organisées
en incitant fortement à l’invitation réciproque
en cherchant le partage des compétences et la collaboration notamment
entre les Églises et les CIOM
- Parce que l’animation jeunesse requiert des compétences techniques indispensables, la
commission portera le souci d’inciter tous ceux qui en ont besoin à la formation et
d’informer sur les lieux et les outils de formation.
- Parce que l’animation jeunesse est un lieu où les églises touchent leurs marges, il y a dans
ce ministère une véritable dimension d’évangélisation. La commission en aura le souci
constant.
- La Bible est l’un des piliers de la foi protestante et elle construit la foi des jeunes. Mais ce
texte demeure souvent difficile pour eux. La commission jeunesse encouragera toute
initiative relevant de l’animation biblique pour faciliter l’accès au texte et aider la jeunesse à grandir spirituellement.
- La commission jeunesse sera porteuse d’une triple dimension de l’universalité de l’Eglise
du Christ : à la fois internationale, solidaire, intra protestante et plus largement
oecuménique. La commission veillera à encourager et soutenir tout projet allant dans l’une
ou l’autre de ces dimensions de l’Eglise Universelle. Elle veillera donc à être présente,
autant que faire se peut, dans les institutions oecuméniques et internationales qui appellent
sa participation au nom de la jeunesse.
Composée de huit à dix membres représentatifs des sensibilités et composantes de la FPF, elle se
réunit deux à trois fois par an. Elle dispose de deux voix délibératives à l’Assemblée générale.
Pasteur Samuel AMEDRO
Président de la Commission