Statutairement cette commission a une double mission :
- d’une part réfléchir aux questions de justice, avec l’aide de personnes qualifiées de nos Eglises ou extérieures à elles.
- d’autre part gérer et animer le service d’aumônerie protestante des prisons, structuré en 9 Régions, chacune étant placée sous la responsabilité d’un aumônier régional, assisté en principe d’une commission régionale (plus les régions d’Outre Mer).
Le contexte des années 2003 à 2006 a été surtout marqué par un durcissement général de la politique pénale, avec en particulier un allongement des peines, en recours de plus en plus restreint aux aménagements de celles-ci et une surpopulation endémique des Maisons d’Arrêt. La construction de nouvelles prisons n’a apporté que des solutions partielles et la grande loi pénitentiaire espérée n’a pas vu le jour.
A. La Commission.
Au cours de la période considérée la commission a été présidée successivement par Philippe FAURE et Jean VOLFF, le changement s’opérant en 2005. Elle s’est réunie régulièrement, au rythme de trois sessions par an. L’absentéisme de certains de ses membres, pris par leurs obligations professionnelles ou handicapés par l’éloignement géographique, a souvent privé la commission d’avis précieux et ralenti ses travaux.
De juillet 2003 à Juillet 2004, entre le départ de Werner BURKI et l’arrivée de Jean-Marc DUPEUX, le poste d’aumônier national est demeuré vacant. La commission a alors traversé une période difficile. Elle a dû consacrer l’essentiel de son activité à l’accompagnement du service d’aumônerie, laissant en veilleuse les travaux de réflexion sur la justice, en dépit d’une actualité pressante.
Mais en 2005 et 2006, la commission a pu recentrer ses efforts sur sa première mission. Deux thèmes ont été choisis et travaillés :
1. un thème concernant la Justice en France, confié à un groupe de travail ad hoc, constitué au niveau national. Ce groupe s’est penché pendant un an sur les questions liées à la délinquance des mineurs et à la refonte annoncée de l’ordonnance de 1945. Un document a été rédigé, discuté et adopté par la commission, puis transmis au Conseil de la Fédération Protestante de France.
2. un thème concernant l’aumônerie des prisons et sa fonction, traité dans un premier temps au niveau des Régions, autour des deux questions : l’aumônerie est-elle un espace de culte ou participe-t-elle à la réinsertion du détenu ? En quoi le ministère d’aumônier contribue-t-ilà donner du sens à la peine, et est-ce son rôle ? Les rapports des Régions parviennent actuellement à la commission et devraient faire l’objet d’une synthèse prochainement.
Un « Groupe Actu » devait par ailleurs suivre l’actualité pour éventuellement réagir aux nombreuses questions concernant la justice et les prisons (loi sur la récidive, procès d’Outreau par ex.). Il est malheureusement resté en sommeil.
L’année qui vient devrait permettre aux membres de la Commission de poursuivre la réflexion sur la mission de l’aumônerie protestante des prisons et d’élaborer un texte de synthèse qui sera soumis à l’ensemble des aumôniers lors du rassemblement national de septembre 2007, à Lyon. L’objectif est de fournir aux aumôniers un texte cadre précis et complet, à partir duquel pourra être conçu et réalisé un vade-mecum de l’aumônier protestant des prisons.
Au delà, il faudra que la commission porte son attention sue la question récurrente de la surpopulation des Maisons d’arrêt, afin d’en discerner les causes, d’en souligner les conséquences et d’envisager les remèdes possibles.
B. Le service d’Aumônerie.
Ce ne sont pas moins de 275 aumôniers issus de toutes les églises protestantes qui agissent au quotidien dans l’aumônerie en France et Outre mer. Les protestants sont présents dans la quasi-totalité des établissements pénitentiaires.
Sous l’impulsion des neuf aumôniers régionaux, il a consacré son activité dans les différentes Régions à des formations régulières sur des thèmes variés et à des temps de regroupement pour échanger sur les réalités, souvent difficiles, rencontrées par les aumôniers.
Formation initiale : la région de Paris accueille les stages de formation initiale regroupant les aumôniers débutants des différentes régions.
Groupes de supervision : Ces temps de formations pourraient être complétés par la mise en place de groupes de supervision ou de reformulation de la pratique, pour permettre aux aumôniers, et spécialement à ceux qui ne fonctionnent pas en équipe d’aumônerie dans l’établissement, de mieux progresser dans leur ministère. Un groupe s’est formé dans la région de Toulouse pour cette reprise de pratique à la satisfaction de ses participants. D’autres groupes se mettent en place dans la région de Strasbourg.
L’aumônier national, Jean-Marc DUPEUX, participe avec l’aumônier national adjoint, Jacques GRADT, à certaines de ces formations en Région. Le président de la commission, Jean VOLFF, a de son côté pris part à trois de ces réunions à Paris, Rennes et au Liebfrauenberg (Régions Strasbourg et Dijon). Un certain nombre de ces formations ont lieu également de concert avec l’aumônerie catholique.
DOM et formation des personnels pénitentiaires : une attention particulière a été accordée par l’aumônier national au suivi des aumôneries protestante d’outre mer, où la nécessité de Fédération protestante locale est posée. Par ailleurs, des contacts répétés avec l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire ont permis de réévaluer l’enseignement donné aux personnels à propos de l’aumônerie.
C. Questions d’avenirs
Trois problèmes se posent au niveau du service et un projet doit être mené à bien. Ils font l’objet de toute l’attention de la commission, de son président et de l’aumônier national.
1) Les aumôniers régionaux.
Etre aumônier régional nécessite de l’expérience, de la compétence, du temps, pour suivre et encadrer les aumôniers, contacter et informer les Eglises locales. Il est parfois difficile de trouver des pasteurs pour ces fonctions pour lesquelles il faut une mise à disposition d’une part de ministère par une Eglise locale. Faute de pasteur disponible la Région pénitentiaire de Lyon a innové en donnant la responsabilité de l’aumônerie régionale à deux laïcs.
Il faudra peut-être envisager, pour lever les réticences des Eglises locales, la prise en charge financière, par la commission JAP, d’une partie du temps consacré par le pasteur, aumônier régional, à cette fonction qui est représente selon nos estimations entre un quart et un tiers de temps pastoral.
2) Les commissions régionales.
Chaque aumônier régional devrait être accompagné par une commission régionale, reflétant la diversité de nos Eglises. Actuellement une seule fonctionne réellement de façon satisfaisante (Strasbourg). Une seconde a été mise en place, mais devrait être renforcée (Paris). Dans les autres Régions, ces commissions démarrent (région de Toulouse), sont inexistantes ou à l’état d’embryon.
Les années qui viennent doivent permettre de compléter la mise en place de ces commissions régionales qui sont d’une grande utilité.
3) Les budgets.
Les aumôneries des prisons ont obtenu de l’administration pénitentiaire une revalorisation des vacations des aumôniers et aumôniers régionaux et nationaux. Elles ont également obtenu du Parlement une augmentation de la dotation budgétaire du ministère de la justice, au titre des aumôneries, pour l’année 2007.
Le service est donc amené à gérer des sommes importantes chaque année. Il doit le faire dans le respect des règles comptables et budgétaires en vigueur, étant observé que l’Etat exerce légitimement un contrôle, s’agissant d’argent public.
La commission, en liaison avec le Président de la FPF, son secrétaire général et ses commissaires aux comptes, s’attache donc à l’élaboration, au niveau national et à celui des Régions, de budgets annuels crédibles pour 2007 et à leur exécution.
4) Les jardins en prison.
L’aumônerie protestante des prisons s’est lancée en 2005 dans une demande concrète et symbolique. La création d’un jardin dans chaque prison, car la privation de nature, de naturel, le manque de contact avec la terre avec tout ce qui vit et pousse est préjudiciable à la réinsertion. Symboliquement le jardin est aussi ce lieu où l’homme redevient responsable du vivant au sens large.
Le jardin devient un lieu de parabole citoyenne et biblique C’est pourquoi nous comptons sur les citoyens et les chrétiens pour qu’ils nous aident à faire naître concrètement cette réalité fragile qu’il faudra soigner et cultiver comme se cultive l’indispensable espérance.
Monsieur Jean VOLFF Pasteur Jean Marc DUPEUX
Président de la Commission Responsable du Service