Rapport de gestion du Conseil de la Fédération protestante de France pour l'Assemblée Générale 2007

Télévision

Les quatre dernières années du Service Télévision/Présence Protestante

Un bilan sur quatre ans ? Pour le Service Télévision, il faut donc prendre en compte une année et demie sous la responsabilité de Claudette Marquet, puis deux ans et demi sous celle de Séverine Boudier. Peut-être convient-il simplement de s’arrêter sur quelques évolutions repérables ces dernières années, concernant Présence Protestante.

Le Service Télévision et la programmation de Présence Protestante

L’équipe qui travaille quotidiennement, dans les locaux de la Fédération protestante de France, aux différents aspects de l’émission a été presque entièrement renouvelée. Elle s’est aussi un peu réduite, effort consenti pour prendre en compte les difficultés financières de la FPF. Certaines tâches assumées par l’ancienne équipe ont donc été abandonnées ou allégées et l’organigramme du Service a été modifié.

Concernant la quantité des émissions et l’aspect général de la programmation, on est dans une grande continuité puisque le nombre d’émissions diffusées chaque année est toujours le même : entre 50 et 54 émissions par an, dont presque toutes sont produites par et pour France 2/Présence Protestante (sauf un ou deux achats à la Télévision Suisse Romande ou à la RAI, le partage des cultes en Eurovision pour les grandes fêtes, et quelques émissions prises en charge par des producteurs indépendants, pour Présence Protestante et avec une participation de France 2).

Séverine Boudier a gardé le système de grille mensuelle mis en place par Claudette Marquet, qui permet notamment de vérifier une relative stabilité des dépenses engagées. Sur un mois « standard » se succèdent ainsi un débat Agapè (avec le Jour du Seigneur), une émission de plateau, un documentaire, un culte.

Quant aux réalisateurs et journalistes qui oeuvrent pour Présence Protestante, certains sont des « anciens » de l’émission, d’autres arrivent chaque année, protestants ou non, mais intéressés autant par la question spirituelle que par l’ouverture et la liberté de ton que l’on connaît à l’émission.

L’évolution du paysage audiovisuel

Le récent et rapide développement de nouvelles technologies a bouleversé les attentes, les pratiques et même l’imaginaire de tout un chacun concernant le monde des images. La multiplication des chaînes également.

Présence Protestante tient toujours sa place, de 10 h à 10 h 30 sur France 2, tous les dimanches. Mais tout autour, tout bouge ! En effet, aujourd’hui, chacun peut, à moindre prix, s’équiper de petites caméras de plus en plus performantes, qui donnent des envies nouvelles et créent un nouveau rapportà ce qui est proposé sur les chaînes de télévision. « Tous journalistes, tous reporters, tous cinéastes ! », promet-on au citoyen-consommateur. En écho à ces nouvelles perspectives, réelles ou illusoires, nous recevons des sollicitations ou suggestions qui n’étaient pas formulées il y a quatre ans : le matériel nécessaire pour filmer n’est pas si cher, pourquoi ne produisez-vous pas des émissions à destination de telle ou telle catégorie de population ? Pourquoi ne lancez-vous pas une chaîne protestante ? Ces questions légitimes, qui émanent d’horizons protestants divers, sont formulées de façon parfois légère mais suffisamment significative pour nécessiter une réponse précise.

C’est que l’émission Présence Protestante n’existe pas sans les moyens qui proviennent de France 2 ! En effet, en dehors des locaux du Service Télévision et un salaire et demi assurés par la FPF, le coût de sémissions elles-mêmes (studios, décors, équipes de tournage, montages etc.) est à l’entière charge de France 2 (par le biais de l’enveloppe allouée aux émissions religieuses dans le cadre de sa mission de service public). C’est également la chaîne qui choisit, en concertation avec la productrice mais avec certains impératifs internes (dont l’emploi prioritaire de son personnel), les moyens concrets qui seront mis en oeuvre dans les émissions. Il ne faut donc pas rêver de réaliser des économies en employant, par exemple, un journaliste/preneur de vue/réalisateur, muni de sa petite caméra ! De toutes façons, si économies il y avait, et si la FPF échafaudait des projets audiovisuels, ces économies ne pourraient pas être utilisées pour autre chose que la production et la diffusion de Présence Protestante. C’est une garantie inestimable pour la régularité des émissions, mais aussi, évidemment, une limite aux fantasmes !

Par ailleurs, si le statut spécial des émissions religieuses fait qu’elles ne peuvent prétendre à tous les effets d’annonce réservés aux émissions dites « de la chaîne » (dont le contenu est élaboré par elle), signalons que France 2, tout de même, envisage de donner accès à nos émissions, après leur diffusion, sur son site. Ce qui devra inclure la gestion des droits à l’image sur Internet, qui est très lourde et que la FPF n’aurait pas les moyens d’assumer. A suivre…

Deux sujets de satisfaction quant à la fréquentation des émissions : la chaîne a confirmé à l’ensemble des émissions religieuses ce que nous avions observé pour Présence Protestante, c’est-à-dire une augmentation sensible et régulière de l’audience de ces dernières années ; par ailleurs, de plus en plus de téléspectateurs se connectent sur le site de Présence Protestante, ou sur Protestants.org, pendant et après la diffusion des émissions.

La réflexion de la Commission Télévision

Le dernier chantier d’expérimentation et de réflexion entrepris par la Commission Télévision avec Claudette Marquet avait été le « télé-culte », forme d’émission nouvelle qui évoque les grands moments d’une célébration sous la forme d’une balade spirituelle, au travers d’un documentaire créatif. L’aventure « télé-culte » se poursuit, même si l’élaboration du prochain numéro connaît quelques difficultés.

Depuis, la Commission a travaillé dans la durée sur les questions posées par la formule du « Café biblique ».

A la suite de la diffusion, courant 2006, du documentaire « Les miradors de la foi » d’Alexandre Fronty (qui montrait un pénitencier américain où la foi chrétienne, version baptiste, structure la vie d’un certain nombre de prisonniers…), il a été proposé de réfléchir avec des invités « experts » à ce que recouvrent des notions comme « l’identité protestante », « la visibilité du protestantisme à la télévision » : comment décliner cette identité et jusqu’où montrer le protestantisme ? (étant donné ce que l’on peut voir, hors des émissions religieuses, sur les évangéliques, par exemple). Ceci peut être aussi l’occasion de s’interroger à nouveaux frais sur le rapport qu’entretiennent les protestants, non seulement à l’image età la télévision, mais à leur propre image, à leurs « icônes » aussi, si l’on peut dire.

Si, depuis deux ans et demi, la productrice tente de rendre compte de la grande diversité des sensibilités représentées par la FPF (notamment au travers d’émissions comme « Le temps de le dire » ou « Le Café biblique »), il est évident qu’il y a également à approfondir à la fois la culture de chaque courant et ce qui les unit tous. C’est encore une question d’ « actualité » (et ce sera un autre thème de travail) : actualité du monde, actualité du protestantisme, actualité de ce que l’on montre et dit des religions…

Pour finir, quelques transversalités piquées dans la programmation 2006 (ce ne sont pas des titres d’émissions) : la Télévision Suisse Romande chez les Hongrois de Roumanie, un théologien réformé africain dans une liturgie copte, comédien et astrophysicien au Café, le choc des mémoires et la pédagogie du pardon, philosophes et théologiens de Paris, Montpellier, Strasbourg et Vaux-sur-Seine, résistances d’hier et d’aujourd’hui, psychologues et magistrats, hôpitaux et prisons, une animatrice biblique au pays de la peinture, l’histoire des protestants et le devenir du monde, le dromadaire dans la ville et le gospel dans la cité, pirates puritains et Internet, les chrétiens de Turquie vus par les protestants d’Italie… sans oublier les présences en dialogue de l’ERF, EREI, ECAAL, ERAL (…EPAL), EELF, CEAF, Fédérations Baptiste et Adventistes, Mennonites, UAPM, etc.

Monsieur Olivier RIOU                                Madame Séverine BOUDIER
Président de la Commission                            Responsable du Service