En juin 2000, peu après une Assemblée générale qui avait recommandé « au Conseil d’engager avec détermination et confiance les Eglises et Institutions, Œuvres et Mouvements de la FPF à s’ouvrir au dialogue avec les Eglises et Mouvements n’appartenant pas actuellement à la FPF mais souhaitant s’en rapprocher dans une perspective d’adhésion ou non » et « de prendre le temps », la Fédération protestante de France avait ouvert une période de trois années de dialogues « à la base », région par région, pour préparer la décision prise en Assemblée générale , en mars 2003, de recevoir cinq unions d’Eglises « en probation », pour confirmation à l’Assemblée générale de 2006.
Rappelons l’objectif qui sera le nôtre en mars prochain :
En 2003, après avoir vérifié l’accord des Eglises candidates quant à la Charte de la FPF, et écouté les avis des membres de l’AG sur le bien fondé d’une adhésion de ces Unions d’Eglises, ces Unions d’Eglises ont été agréées comme membres de la FPF. Toutefois, nous nous sommes donné trois ans pour vérifier que, passée cette décision, les Eglises « à la base », les Unions d’Eglises au niveau national, participaient effectivement à la vie fédérative, sachant bien que des difficultés locales peuvent subsister qui n'handicapent pas le processus global des relations. C’est l’objet du rapport que vous adresse le Conseil et qui vous propose pour chacune une décision finale.
Toutefois, le Conseil m’a demandé de rappeler le contexte général du protestantisme dans lequel nous prendrons ces décisions :
Le protestantisme français qui représente un peu plus de deux pour cent de la population comprend quatre grandes familles, luthérienne, réformée, évangélique et pentecôtiste. Il est organisé en deux Fédérations « transversales », la Fédération protestante de France et la Fédération évangélique de France ; les Assemblées de Dieu sont par ailleurs le principal regroupement d'Eglises pentecôtistes ; d’autres Eglises ne souhaiteront probablement jamais être fédérées. Enfin une catégorie nouvelle mérite d’être caractérisée, celle des Eglises et Communautés issues de l’immigration. Pour être plus complet, il faut ajouter que d’autres modes de regroupements transversaux existent dont l’Alliance évangélique française, le Conseil national des évangéliques de France …
Le principe fédératif de la FPF, rappelé par la Charte, insiste sur différentes dimensions parmi lesquelles je souligne, l’expérience œcuménique, la volonté d’interpellation réciproque, l’engagement financier commun dans des services du protestantisme, la recherche d’une parole publique commune… C’est à cette perspective associative exigeante qu’adhèrent les nouveaux membres ; d’autant plus exigeante qu’elle doit être sans cesse renouvelée. Ainsi l’élargissement de la FPF ne répond ni à une volonté de faire nombre, ni à une demande de labellisation d’Eglises minoritaires. Elle est une volonté de témoignage commun dans la société contemporaine.
Au-delà de la prochaine Assemblée, c’est certainement vers un approfondissement théologique et spirituel qu’il faudra concentrer nos efforts.
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Photo : Bruno Holcroft