En peu d'années, la femme moderne s'est trouvée confrontée à des responsabilités toutes nouvelles. Elle avait l'initiative d'accepter ou de refuser une grossesse. Désormais on lui demande de décider parfois, seule ou avec son conjoint, de la poursuite ou non de cette grossesse, lorsque la science détermine avec certitude que l'enfant à venir est condamné par avance à ne jamais s'épanouir totalement dans son corps ou son esprit.
        Ce témoignage est une invitation pour chacun à réfléchir, à laisser venir ses questions.

ENCEINTE ET EN QUESTIONS

        A quarante ans la vie tressaille en moi. Surprenante avec son impertinent cortège qui transforme mon corps, bouleverse mes projets. ébranle mes certitudes, pose la question de l'avenir.

        La vie s'impose à ma fragilité révélée qui se voulait secrètement enfouie.

        Et vite, très vite, ce vécu affectif et personnel est confronté à la science médicale qui se veut garante du processus vital qui se joue là.

        L'intimité de notre histoire (celle du couple et de l'enfant à naître) est propulsée vers la démarche scientifique proposée par la société au nom de la prévention, du dépistage, par le biais du suivi médical obligatoire.

        Nous sommes partenaires, de fait, de cette démarche médicale qui tend à rassurer et protéger, à prévenir les complications, à dépister les anomalies. L'échographie et l'amniocentèse permettront de mettre en évidence les anomalies, létales ou non, qui poseront la question du choix.

        Choix de la vie à venir qui s'offre telle quelle ou refus d'un avenir incertain, lourd de souffrances et de questions.

        Il me faudra répondre de manière authentique et personnelle aux questions de fond, celles qui ont trait au sens même de la vie, de ce que je crois, de ce que je veux, de ce vers quoi je tends.

        Face au déterminisme rationnel que la logique scientifique suggère: la fragilité de mes convictions, le caractère unique de mon histoire et de son sens.

        Au travers des doutes et des luttes intérieures qui émergent de cette confrontation, se joue le pari décisif à saisir : expérimenter la logique d'amour, propre à l'évangile. Faire en sorte que les mots confiance, grâce et pardon prennent sens dans ma vie, la guident, l'orientent, l'éclairent.

        A l'amour initial et créateur de la vie que je porte répond l'Amour de Dieu qui s'inscrit dans l'histoire des hommes pour la soutenir et non la dominer.

        C'est confiante en cet Amour que je pourrai choisir et assumer mon choix.
Elisabeth ZALAY
membre de la Commission Eglise et Santé
de la F.P.F.


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