EUTHANASIE LEGALE?

A propos d'un cas d'euthanasie légale en Australie
(Territoire du Nord) le 22 septembre 1996.

Ce cas, dont la presse a fait état, soulève de réelles questions et nous pousse à proposer ces quelques réflexions.

Le mot euthanasie est ici utilisé comme équivalent d'une volonté délibérée de donner la

Le contexte: la maladie cancéreuse en phase terminale (les termes employés sont: souffrance, incurable, inutile...) d'un ancien missionnaire anglican converti au bouddhisme qui demande à un médecin défenseur de la loi sur l'euthanasie de pratiquer une injection par ordinateur.

Qu'avons-nous à dire?

Sans doute et sans aucune ambiguïté, être proche de celui qui souffre, lui exprimer dans nos paroles, nos gestes et nos actions notre extrême sollicitude.
Au plan médical: calmer à tout prix les douleurs et les symptômes qui pèsent sur le malade à cette phase de l'évolution du cancer. Cette attitude intransigeante, hélas encore trop peu habituelle, face aux souffrances diaboliques évoquées par certains malades, supprime de fait l'immense majorité des demandes d'euthanasie.
Dans un contexte redevenu plus serein, chacun peut renaître à la parole et à soi-même dans le dialogue.
Il est vrai cependant que persistent certaines demandes qui, au-delà d'un calme psychosomatique, nous posent des questions existentielles et spirituelles que nous devons aussi entendre, remettre en situation; mais chacun, pour le dire vite, augmente en conscience. De cela nous pouvons et devons débattre.

Reste aussi la petite marge de syndromes douloureux très difficiles à contrôler, souvent au prix de la perte de conscience: il ne s'agit pas ici de volonté délibérée de donner la mort en toute lucidité, mais de procurer l'apaisement devant le déchirement ou l'effondrement des corps.

Mais ce qui est chaque fois en jeu, c'est une relation particulière, unique, en dehors de règles pré-établies, dans le respect de l'autre. Comment dès lors accepter de légaliser ces conduites ?

Nous affirmons qu'il est plus difficile de s'acharner à soulager la personne souffrante en sauvegardant le plus longtemps possible son autonomie que d'appuyer à un moment précis et prévu à l'avance sur le bouton d'un ordinateur... Pour le soulagement de tous?

Dr Jean-François ROCHE
anesthésiste-réanimateur
21.10.96

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