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En région, la Fédération protestante

Les tribulations d’une antenne locale - 1 er octobre 2005

L’antenne lyonnaise de la Fédération protestante de France a 3 ans. Bilan.

« Convictions et tolérance ». Le Forum de la Fédération protestante de France, en octobre 1998, a lancé la dynamique fédérative sur la région lyonnaise. 4 000 personnes accueillies à la Halle Tony Garnier, un culte mémorable, des rencontres et débats : ce fut l’aboutissement réussi de presque deux ans de collaboration active entre Eglises, oeuvres et mouvements fédératifs jusqu’aux tziganes, sous la houlette du charismatique pasteur (pourtant réformé !) Pierre Laurent.

Proposée dans la foulée, la création d’une « Antenne lyonnaise de la FPF » (ALFPF) par Pierre Laurent et Joël Richerd (pasteur de l’Eglise libre) a pris son temps pour aboutir en mai 2002 au niveau des statuts, avec option pour une structure souple.

Trois ans plus tard, on constate le nombre croissant des manifestations placées sous l'égide de l'ALFPF. Des tables rondes : trois sur la Croix en 2004, trois sur la laïcité à la rentrée 2005 (en partenariat oecuménique et avec la municipalité !). Cette fois, les Adventistes sont partie prenante. En 2003, sous l’impulsion de l’antenne locale, le « Salon de la Bible » est organisé avec le soutien d’une quarantaine de partenaires FPF, chacun faisant partager ses richesses spécifiques, et les Assemblées de Dieu y sont associées.

Forte du soutien actif de l’ALFPF, la journée de formation-réflexion proposée par la Fédération régionale de l’Entraide protestante a réuni en 2005 le double des participants habituels, venus cette fois de différentes Eglises.

Chaque manifestation commune amène à travailler côte à côte, à mieux se connaître, à repérer les charismes respectifs. Des relations de confiance, voire amicales, s’instaurent. Cela étant, il faut le reconnaître, les manifestations « ne mobilisent pas les foules », les laïcs sont peu impliqués. Et il reste difficile de vivre ensemble du cultuel. Le culte FPF du Vendredi Saint 2005 n’a finalement réuni que Luthériens, Réformés et Armée du Salut. Déception. Le culte FPF de juillet 2004 s’est révélé catastrophique : des cultes maintenus localement, une prédication qui a suscité des discussions vives et mal vécues, pour n’avoir pas évoqué la grâce, mais plutôt la loi et la condamnation. Autre difficulté, outre le rapport aux textes, le rapport à l’autorité est bien différent d’une institution à l’autre. Ce qui ne facilite pas à l’ALFPF la prise de décisions fermes, définitives et assumées. Des prises de position de laïcs délégués par les Eglises évangéliques n’ont pas été entérinées par les pasteurs. Certaines personnalités sont « ingérables ». Et les Réformés ont à en référer à leurs conseils ! Le patient Roger Michel Bory, président (réformé) de l’antenne, regrette une indifférence assez générale aux destinées de l’ALFPF de membres d’Eglises déjà bien engagés par ailleurs !

« L’ALFPF est un lieu de dialogue, destiné à initier deux ou trois manifestations communes par an. Nous avons à apprendre les uns des autres , estime Samuel Amédro, des Evangéliques, la profondeur de leur spiritualité, des Réformés, la profondeur de leur théologie et le sérieux de leurs engagements ». R.M. Bory souhaiterait quant à lui, que les échanges théologiques se développent au sein de l’antenne. Et verrait bien l’ALFPF jouer un rôle d’«accréditation » auprès de la FPF ou des administrations, des aumôniers hospitaliers et de prison, compte tenu de sa connaissance des candidats sur le terrain. Un débat reste latent : à qui appartient-il d’assurer la représentation des Protestants sur la place de Lyon ?

Martine FLEUR, vice-présidente de l’Eglise réformée de Lyon

Paru dans le Bulletin d’information protestant n°1612 – 1 er octobre 2005


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