logo Protestants.orgFédération protestante de France
Service Oecuménique
Accueil > Services > Service oecuménique

Diversité en communion
 puce « L’œcuménisme à la FPF» 
 puce Revue Unité des Chrétiens
 puce La charte oecuménique européenne

Jeunes, Chrétiens, Ensemble

NIMES 2002 –2003

 

A la fin du mois d’août à Nîmes, depuis deux ans maintenant, nos services œcuméniques protestant, anglican, catholique et orthodoxe, réunissent une trentaine de jeunes adultes bien en relation avec leurs Eglises et envoyés par elles. Sept de chaque confession, entouré par quatre jeunes ministres de nos Eglises.

 

Une confrontation régulée

 

Dans cette vie communautaire, on prie, on se détend, on se forme ensemble, à la découverte de chacune de nos familles confessionnelles et du mouvement oecuménique. Les identités se confrontent, se bousculent, s’enrichissent. Entre compréhension de l’autre et expression de soi, vivre ensemble ne va pas de soi et demande beaucoup d’énergie.

 

Le parcours démarre avec une petite histoire du mouvement œcuménique, puis chaque journée est consacrée à une confession : intervenants (sur l’histoire, la sociologie, la théologie, l’ecclésiologie, la liturgie), rencontre de témoins et de communautés, visites de lieux symboliques dans la ville ou alentours.

 

Le samedi fait la synthèse autour des « points chauds » du dialogue entre chrétiens.

Les communautés nîmoises se sont engagées avec enthousiasme à nos côtés : elles nous ont nourris, transportés, ouvert les portes de leurs familles.

 

Prier et dialoguer

 

La prière commune du matin, préparée en groupe interconfessionnel, est un véritable défi. Comme la participation aux offices du dimanche orthodoxes, catholiques et protestants. Dans la manière de se tenir devant Dieu se dévoile l’être profond de chacun autant que son identité ecclésiale. Partager tant de sensibilités différentes à la prière et à la liturgie ne va pas sans réactions ni vigoureuses explications… finalement bien assumées et dans le respect des traditions ecclésiales représentées.

 

Mais c’est le libre dialogue entre les jeunes eux-mêmes qui est sans doute le plus vivant : du petit déjeuner à tard dans la nuit, on s’apostrophe, on se questionne, on tente de cerner l’identité de l’autre, on s’accuse parfois, on plaisante aussi. On se respecte, toujours.

 

Mettre des mots sur les divisions (« leurs » divisions !) est une expérience nouvelle pour beaucoup, dans un contexte où aucune concession n’est faite à l’autre : nous parlons « en vérité » de ce qui fâche comme de ce qui unit. Beaucoup d’a priori sont tombent, disent-ils, et cette expérience œcuménique leur servira sans doute ailleurs, dans d’autres types de confrontation, dans et hors de la vie ecclésiale.

 

Et après ?

 

Ces jeunes, tous étudiants ou jeunes professionnels, constituent maintenant un réseau. Internet aidant, on communique beaucoup, on s’organise des week-ends ou des soirées de formation, on participe au mariage d’un tel, on s’invite à des offices importants… une nouvelle génération œcuménique naissante ?

 

Ils se font enfin témoins de ce qu’ils ont vécu, et participent si possible dans leur lieu à des démarches œcuméniques, témoignent sans complexe et avec franchise de leur vécu.

 

L’expérience est déterminante. Ils l’expriment à leur manière :

 

« J’ai apprécié l’ouverture d’esprit. La session est très instructive, y compris les débats informels et la prière commune. C’est trop court ! » (J., étudiant en biologie, luthérien)

 

« Nous avons témoigné de notre foi dans la confiance réciproque. Nous avons dépassé nos barrières, j’ai vu l’Esprit à l’œuvre en nous tous » (S., fin d’études d’arts appliqués, catholique)

 

« J’ai apprécié le sérieux de la formation, on comprend mieux le mode de pensée des autres. J’ai envie de poursuivre par des lectures » (S., professeur, orthodoxe).

 

« Je suis heureux de la vie commune. Nous avons appris à nous connaître sans arrondir les angles. Un point fort : la rencontre dans les familles » (E., étudiant en philo, catholique).

 

« Bonne entente, enrichissant pour ma foi, j’ai progressé, je vois plus clair sur ma confession aussi » (P.E., étudiant en musique, Réformé évangélique)

 

« L’intérêt est aussi le débat qu’une telle session suscite entre membres de la même confession. J’ai découvert que les divisions ne sont pas seulement théologiques mais touchent à la compréhension de ce que nous sommes, aux problèmes ecclésiologiques, au poids de l’histoire. Cela obscurcit mon idéal de l’unité. On risque de se transformer en porte drapeau quand l’autre se braque contre nous. Pourrait-on se définir en soi et non les uns par rapport aux autres ? » (B., séminariste, catholique).

 

« Grande joie, diversité, densité. Beaucoup de préjugés sont tombés. Je suis heureux de constater que d’autres vivent authentiquement leur foi. Cette session devrait être obligatoire pour les étudiants en théologie ! » (L., étudiant en théologie, réformé)

 

« Je suis renforcée dans ma foi. J’ai retrouvé Dieu en chacun de vous. Je reste convaincue que la communion commune adviendra à la fin du processus d’unité, pas avant ! ». (R, étudiante en droit, orthodoxe)

 

« Nous avons mis des visages derrière des idées et des débats. Maintenant, on espère la communion au nom des personnes qu’on a rencontrées. Je suis un enthousiaste du consensus différencié qui permet de rencontrer l’autre en le respectant. » (O., séminariste, catholique).

 

Du neuf !


Vingt jeunes : un goutte d’eau dans l’océan ! Pourtant, au regard de la richesse humaine, théologique, spirituelle vécue, j’ai le sentiment d’avoir vécu quelque chose de nouveau et de stimulant pour cette génération engagée dans l’Eglise. Ils le soulignent eux-mêmes : c’est ainsi qu’ils veulent être témoins du Christ.

 

Gill DAUDE

Service œcuménique

FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE