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Colloque Congar

Les 23 et 24 avril, c’est toute la crème œcuménique qui s’est réunie pour le centième anniversaire de la naissance du Dominicain Congar. Bien qu’il manquât des protestants.

 

Loin d’être une commémoration d’anciens combattants (il y en avait aussi bien sûr), c’est toute une nouvelle génération qui a repris, relu et prolongé la vie et les intuitions avant-gardistes du Père Congar en œcuménisme et en ecclésiologie.

 

Le Père Congar, c’est l’homme aux impulsions géniales et au libre franc parlé, mis au ban de son Eglise comme son ami Chenu, puis réhabilité à Vatican II au point d’en devenir un rédacteur essentiel, qui finira Cardinal… juste avant sa mort.

 

Ne pas perdre la mémoire, ne pas brader les acquis, c’est bien l’objectif en ce temps de basculement du religieux dont certains accents ne sont pas loin de ce que vécut Congar. On peut donc relire avec bénéfice les grands livres (chrétiens désunis, théologie du laïcat, journal du Concile, ministère et communion ecclésiale, journal d’un théologien…)

 

Les intuitions de cet homme de combat pour la fidélité évangélique n’ont pas encore, loin s’en faut, atteint leur épanouissement ecclésial, à commencer par sa propre Eglise. L’historiens Fouilloux, théologiens Famérée, Dupuy, Duquoc, Villemin, Rigal, Birmelé, etc, l’ont tous relevé à leur manière.

 

Le Cardinal Kasper, lui-même présent pour une conférence, a souligné les avancées œcuméniques : espoir de pleine communion avec les Eglises orientales, grande communion avec l’Orthodoxie que les difficultés d’ordre culturel ne doivent pas cacher, accord avec les luthériens (tout en notant la division des protestants sur la question du ministère, notamment de l’épsicopè).

 

Mais de nouveaux problèmes surgissent, de nature éthique essentiellement.

 

La scène œcuménique change aussi : le dialogue avec le pentecôtisme fait apparaître des connivences certaines avec les catholiques.

 

En réponse aux critiques protestantes et orthodoxes, il a plaidé pour une conception de l’Eglise comme communion dans l’Esprit Saint, avant de revenir à l’œcuménisme spirituel. Sans lui, toute discussion sur des structures de communion est vide.

 

Congar disait à la fin de sa vie : « L’œcuménisme est mon souci et je dirai même ma vocation de très longue date (…). Je me demande même, souvent, si j’ai été fidèle à cette vocation et à cette grâce ».

 

A l’école d’une telle autocritique, de sa qualité de franc parlé, de sa précision théologique, nos Eglises devrait bien avancer.

 

Les actes du colloque seront publiés dans le N° d’automne de la revue de littérature religieuse de l’Institut catholique de Toulouse. (GD)