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Petite Marie… Grand coeur oecuménique !

 

On savait le regain de la mario…logie ?…latrie ?... dans le catholicisme populaire contemporain. Jean Paul II n’y est pas pour rien et les protestants, constatant le fait, restent dubitatifs voire franchement allergiques !

 

On savait cependant que le très sage groupe des Dombes en avait fait un document à succès, plutôt théologique, et même… primé par le Marianum ! Le Marianum ? Une Faculté… pontificale… de théologie… mariale ! Il faut être Romain pour cela ! C’est le préjugé protestant.

 

Mais l’Institut Supérieur d’Etudes œcuméniques (ISEO) de Paris, dans son colloque annuel de début février, a voulu montrer le contraire aux quelques 300 participants de toutes confessions : on peut faire de la théologie avec Marie, de la bonne théologie. Peut-être même la mariologie est-elle la discipline théologique qui traverse toutes les problématiques œcuméniques d’aujourd’hui.

 

En parlant de Marie, vous tombez en effet sur l’ecclésiologie (parce que son personnage a toujours été une figure de l’Eglise, même chez les réformateurs), sur la christologie (parce que son titre de théotokos lui vient des affirmations christologiques des premiers conciles contre les hérésies), sur la sotériologie (théologie de l’incarnation et du péché originel), la justification (fiat… comblée de grâce) et sur l’anthropologie théologique (car notre conception du rôle de Marie dans le salut dépend du statut théologique que l’on donne à l’acquiescement de l’humain au salut offert).

 

Il n’y a donc pas plus œcuménique que le Marianum (y enseigne d’ailleurs le Pasteur Genre de l’Eglise Vaudoise) qui collaborait à ce colloque avec les facultés de théologie protestante, catholique et orthodoxe de Paris.

 

Rien n’a été évité : regard dogmatique des quatre confessions, retour aux Ecritures comme régulateur des débordements imaginaires et affectifs catholiques  (dixit l’exégète catholique), sondage des liturgies orientales et leurs typologies vétérotestamentaires de Marie, questionnements sur la distorsion entre la relativement sage mariologie de Vatican II et les pratiques déroutantes hors régulation, présentation du document anglican-catholique attendu pour mai, décalage du protestant dont la cohérence théologique ne rencontre pas (et donc hésite à juger) une mariologie catholique liée à un vécu intense, bien que pour lui Marie soit un renvoi à Dieu qui garde toute initiative, le paradigme de la foi.

 

Stimulants aussi les témoignages des trois jeunes doctorants. La protestante, relisant le magnificat de Luther et l’encyclique Redemptoris Mater de Jean Paul II à la lumière de l’accord sur la justification, se laisse convaincre que  les enjeux théologiques fondamentaux s’expriment dans la figure de Marie. Le Catholique fait le même constat en ajoutant : c’est par l’oecuménisme que je suis tombé dans la mariologie ; le dialogue œcuménique est un lieu de purification pour la mariologie catholique, et de traiter de la coopération mariale au salut. Quant à l’orthodoxe, à travers un voyage dans l’art iconographique, elle souligne que les termes « vierge » et « mère » n’ont pas un sens gynécologique chez les Pères. A la suite de Marie, tout le monde est appelé à devenir « vierge et mère », c'est-à-dire à laisser Dieu naître en nous (et de nous) dans une piété et une vie intègres. C’est pourquoi, soulignera le professeur Stavrou, Marie a une grande importance dans la piété orthodoxe et peu de place dans la dogmatique.

 

En conclusion, l’Archevêque Doré aux fortes convictions œcuméniques, insistera : il faut partir de l’accord sur la justification, ce qui est célébré en Marie, c’est le don de Dieu… n’en déplaise aux milliers de pétitions qui la voudraient co-rédemptrice. Et d’appeler à la vigilance face au déficit comme à l’hypertrophie mariologique et aux excès de dogmatisation.

 

Alors, Marie concentré des difficultés théologiques œcuméniques ?

 

Les textes des interventions sont publiées en ligne sur la revue en ligne de la faculté de théologie catholique de Paris : www.catho-theo.net. (GD)