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Diversité en communion
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Lames de fond de la semaine de prière pour l'unité

La semaine de prière pour l’Unité est sans doute un moyen de mesurer la dynamique œcuménique de nos Eglises.

 

Contrairement aux attentes, les prières de la semaine sont de plus en plus fréquentées et s’étendent à d’autres moments de l’année liturgique (carême, pentecôte, avant). Les actions diaconales communes se multiplient, par exemple dans les deux Sèvres, la création de l’association de micro-crédit « Secours, Solidarité, Entraide » par l’Entraide protestante, le secours catholique et la communauté des bénédictines de Prailles). Bien que ne rassemblant pas les foules, les traditionnelles conférences se maintiennent sur des thèmes d’actualité (Eglises et Laïcité, l’Europe et la Charte œcuménique, les mutations du mouvement œcuménique et les enjeux théologiques actuels).

 

Mais le fait le plus notable est l’élargissement de la table œcuménique (c’est plutôt une confirmation), et le souci le plus notable est le renouvellement des générations, les deux sont liés.

 

La situation internationale et de ses mutations religieuses profondes le montrent : aux côtés de la diaspora orthodoxe qui se veut présente et active, c’est la multiplication et la montée en puissance des mouvements évangéliques et pentecôtistes qui impressionnent (y compris à l’intérieur des Eglises dites traditionnelles). Toutes les familles confessionnelles (et en premier lieu l’Eglise romaine) ont aujourd’hui des dialogues avec ces mouvements, généralement plus jeunes et parfois informels, institutionnellement et théologiquement insaisissables, qui revendiquent de plus en plus leur place à la table des chrétiens en infléchissant le style œcuménique vers plus de liberté, d’audace et de dimension franchement évangélisatrice.

 

Sur le terrain, les cercles luthéro-réformés-catholiques, souvent vieillissants et un peu désabusés, doivent compter de plus en plus avec leur présence. Et cela questionne.

 

Comme par le passé avec les catholiques, la tentation est alors de caricaturer (pour mieux condamner ?), de ridiculiser leur mode de piété exubérante et superstitieuse (pour mieux les ignorer ?), de fustiger leur naïveté théologique de notre hauteur culturelle, de dénoncer leur présence au monde  décomplexée voire identitaire (pour mieux se rassurer ?). On désigne du doigt les amalgames, les abus… et leur audace à « oser » se réclamer de nos confessions traditionnelles protestantes ou catholiques.

 

Ou bien, plutôt que de se draper dans notre religieusement correct, on tente le dialogue. Plus c’est difficile, plus il faut dialoguer. Comme aux premiers temps de l’œcuménisme, on redécouvre un partenaire qui ne nous comprend pas (et qu’on ne comprend pas !). On s’impatiente de ses affirmations péremptoires ou de ses réserves œcuméniques, on s’étonne qu’il résiste à nos excellents arguments pour le ramener à la sagesse théologique… On découvre qu’il faut compter avec le temps pour s’apprivoiser et se mettre en confiance, qu’un rien peu effaroucher… et tout cela nous retarde dans nos belles avancées œcuméniques entre gens qui ont finis par se ressembler à force de se fréquenter. Bref, ça nous dérange, humainement et théologiquement.

 

Plus c’est difficile, plus il faut persévérer. On commence par se tolérer, on poursuit en s’expliquant, on finit par se parler en vérité, se comprendre sans se renier, porter les fardeaux les uns des autres, partager les joies communes, poser ensemble des signes de communion, rendre grâce et témoigner.

 

Je pense à tel groupe où se côtoient dans un échange théologique et spirituel, orthodoxes, catholiques (prêtres compris), divers pentecôtistes et évangéliques (pasteurs compris)… il est vrai, à l’initiative de réformés… Quand ils parlent de leur expérience, vous êtes théologiquement édifiés, vous voyez l’Evangile de la réconciliation.

 

C’est l’un de mes meilleurs souvenirs de la semaine de l’unité. (GD).