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JOURNEE ACADEMIQUE DE ST SERGE du 13 février
Elle est chaque année l’occasion de faire le point sur cet Institut théologique au rayonnement international, fruit d’éminents théologiens issus de l’émigration (russe essentiellement) qui font la pensée de l’Orthodoxie en Occident depuis un siècle.
Placé sous l’autorité de Mgr Gabriel (Eglise Russe - patriarcat de Constantinople), l’Institut compte environ 70 étudiants de la licence au doctorat, et développe des cours par correspondance dans plusieurs parties du monde orthodoxe. Tout cela malgré la vétusté des locaux et des problèmes financiers récurrents. Mais ce fut toujours LE CAS, « depuis 80 ans, notre vie est un miracle » dit son doyen, le Père Bobrinskoy.
En présence des évêques dont Mgr Emmanuel (Président de l’Assemblée des Evêques orthodoxes de France), l’Institut a remis un doctorat honoris causa à son éminence Monseigneur Léon, Archevêque de Carélie et de toute la Finlande.
Si la présence orthodoxe existe en Carélie depuis le XIIIe siècle, elle est aussi le fruit de l’émigration et se retrouve après la guerre coupée de 90 % de ses Eglises. Aujourd’hui, la Finlande est à 84% de luthérienne (un pasteur luthérien finlandais de Paris était là pour l’occasion) et compte 60 000 Orthodoxes.
L’Archevêque qui travaille beaucoup au rayonnement de l’Evangile dans le monde contemporain, insiste sur la nécessaire ouverture de l’Eglise (en particulier pour les jeunes) à l’écoute des défis d’aujourd’hui. Il plaide pour un humanisme fondé en Dieu-créateur et pour une Eglise au service de l’humanité qui assume sa fragilité dans le service.
Autre honneur et non des moindres, rendu par le Patriarche œcuménique Bartholomé de Constantinople au doyen de l’Institut, le Père Bobrinskoy qui approche les 80 ans et porte depuis de longues années cet Institut. Le Patriarche, par la voix de Mgr Emmanuel, le nomme protopresbytre du trône œcuménique, ensoulignant sa rigueur morale et théologique, sa dignité sacerdotale. Le Père Bobrinskoy a aussi beaucoup porté le dialogue œcuménique : nous nous associons avec joie à cette reconnaissance.Il faut signaler ici son dernier livre « Le mystère de l’Eglise » (CERF 2003) qui reprend son cours : Nous ne pouvons pas témoigner de l’Orthodoxie dans le monde et devant nos frères séparés si nous ne réformons pas notre propre existence, à la fois ecclésiale et personnelle ».
Enfin, autre honneur, la leçon académique du Profeseur Michel Stavrou. Ce père de famille (enseignant à l’Institut et à l’ISEO, co-président du comité mixte orthodoxe/catholique et mixte, et par ailleurs engagé dans une vie professionnelle !) vient de se voir décerné un triple doctorat par l’université parisienne, l’Institut orthodoxe et la Catho, fruit de 7 années de recherche sur un théologien byzantin, inconnu mais important pour le dialogue orient/occident : Nicéphore Blémides (XIIIe). Son œuvre sera publiée par M. Stavrou aux Sources chrétiennes, et bientôt sa thèse aussi.
Ce théologien, grand spirituel et homme de caractère, a fréquenté les plus grands de l’empire tout en gardant le cap sur la piété : ne scrute pas ce qui te dépasse, applique toi à ce qui t’est donné, dit-il en soulignant la primat de la foi dans le Dieu trinitaire. Nicéphore participera aux débats sur le Filioque (qui ont déchiré la chrétienté) pour développer ce que plusieurs pères avaient mis en valeur mais qui avait été oublié : l’Esprit Saint procède du Père par le Fils. Une formule refusée d’abord, puis accueillie après sa mort.
Nous n’entrons pas dans le détail du débat sinon pour souligner que sa théologie lui vient de la méditation du « repos de l’Esprit sur le Fils ».
Le débat n’est pas seulement du chipotage entre Orient et Occident. Il est très actuel, il touche à la compréhension de personne du Saint Esprit, sa place et son rôle aux côtés du Père et du Fils, dans la piété comme dans la théologie. Revenir à certaines intuitions patristiques, avant qu’elle ne se figent, peut être salutaire. Même si cela fait réagir certains milieux orthodoxes comme occidentaux.
La pneumatologie est aujourd’hui à nouveau sur devant de la scène. Le dialogue avec l’orthodoxie œcuménique peut nous aider à sortir de nos fixations occidentales. (GD)
ENFIN SORTI :
DIALOGUES ORTHODOXES – PROTESTANTS, 1981-1989 – Tome 1
Enfin disponible sous forme de cahier spirale, ce recueil relate les dialogues protestants/orthodoxes des années fastes.
Comme le rappelle Mgr Emmanuel dans sa préface, même s’ils ont pris une forme plus institutionnalisée au XXe siècle dans le cadre du COE, les contacts protestants/orthodoxes remontent au XVIe siècle. Nous sommes des vieux amis puisque la Bible est notre livre commune sur lequel se fonde la révélation de Dieu, et des amis de fraîche date puisque le dialogue entre nos Eglises n’a pas un siècle d’existence.
Voici les sujets abordés dans ce recueil :
L’Eucharistie dans la foi et la vie de nos Eglises ; le Christ et l’Esprit, fondement de l’Eglise, de sa mission et de ses ministères, renouvellement de la terre ; la vie liturgique, le Christ et l’Esprit ; la Doctrine trinitaire ; le Dieu qui engendre, la paternité de Dieu ; la déification et la Sanctification.
On y retrouve des grands noms de la théologie protestante et orthodoxe : les professeurs Olivier Clément, Nicolas Lossky, Laurent Gagnebin, le Père Boris Bobrinskoy, le Père Michel Evdokimov et le pasteur Michel Leplay.
On y côtoie aussi ces éminents théologiens aujourd’hui disparus : les pasteurs Henri CAPIEU et Alain BLANCY, les professeurs André DUMAS et Jean Louis KLEIN, le Père Cyrille ARGENTI
Dans sa préface, le pasteur J.A. de Clermont relève ces grands noms, sans nostalgie d’un œcuménisme florissant mais pour y entendre un appel à nous inscrire dans leur succession et à sortir du champ des initiés pour dire la lumière du Christ dans un monde souvent si sombre.
Un recueil-mémoire en quelque sorte. Pour ne pas oublier.
Document disponible au service œcuménique – 8 Euros
(GD)