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Diversité en communion |
De la pratique du soupçon à une idée juste de l’autre…
Il faudrait des pages pour analyser les événements œcuméniques de cet été.
Evoquons d’abord des sessions d’été, celles des anciens (Les Amitiés et les Avents) d’une incroyable vivacité dont les jeunes théologiens feraient bien de profiter ; et celles des jeunes… dont on se dit qu’il faudrait en organiser de semblables pour des seniors encore enfermés dans bien des idées reçues !
Les pages œcuméniques du site protestant.org ont été retravaillées pour vous. Outre une présentation de l’année œcuménique, de nombreuses pages de documentation sont à votre disposition, des liens vers les documents de dialogues essentiels, des propositions pour les jeunes. Vous saurez tout sur la semaine de prière pour l’unité, le colloque de l’ISEO sur l’Ecriture, le dernier DVD, le prochain module Théovie, l’agenda du service…
Et bien sûr la préparation de Porto Alegre 2006 et de Sibiu 2007 …
L’été œcuménique, ce fut aussi les JMJ. Si les protestants (français), assez prompts au soupçon et en cela aidés par les média, ont focalisé sur l’indulgence promulgué par la grande pénitencerie (mais passé inaperçus chez les catholiques), ils n’ont pas encore tiré profit du discours de Benoît XVI lors de la célébration oecuménique de Cologne. Décidément, ce pape surprend par les pistes théologiques concrètes qu’il propose (non sans humilité) à la réflexion œcuménique.
A ce propos, on peut recommander le livre de Michel KUBLER, Benoît XVI, pape de la (contre) réforme (Bayard), où il met en exergue les infléchissements d’une papauté sous le signe de la réforme (notamment de la curie) et de l’engagement œcuménique. Un livre utile au protestant pour décrypter ce catholicisme qui lui paraît d’une hermétique ambivalence.
L’été, ce fut aussi le décès de Frère Roger… et le déchaînement passionnel des protestants, pour ou contre, comme s’ils en étaient propriétaires, chacun se « régalant » de chercher les indices d’une catholicisation de Taizé. Comme s’il n’y avait plus de respect pour une communauté dont la démarche œcuménique se situe ailleurs que dans nos schèmes habituels, théologiques, identitaires et souvent exclusifs : soit on est protestant, soit on est catholique, mais pas les deux ! Qu’on l’approuve ou non, la communauté de Taizé est ailleurs, hors de cette logique. Peut-être qu’avant de la juger avec nos propres critères, faudrait-il comprendre avec justesse leur démarche. Et pour cela, reprendre le dialogue.
Le Conseil d’Eglises chrétiennes a repris ses rencontres, dans une franchise et une fraternité qui ne se dément pas. Déjà la préparation de Sibiu 2007 est à l’ordre du jour (elle devrait emmener plus d’une centaine de délégués français, pourquoi pas ensemble en bus ?), ainsi que divers aspects de l’actualité inter-religieuse et sociopolitique.
La commission œcuménique poursuit son travail sur les passages d’une Eglise à l’autres et leurs enjeux œcuménique. Prochaine étape, travail avec un sociologue.
Le Forum œcuménique du 24 novembre (qui rassemble les délégués œcuméniques de nos Eglises) préparera les assemblées internationales de Porto Alegre et Sibiu, avec les délégués catholiques et orthodoxes.
Un dernier livre de Carlo Martini « Découvrir sa vocation », Ed St Augustin. Le cardinal papabile aujourd’hui retiré, offre ici aux jeunes et à ceux qui les accompagnent un outil de discernement de leur vocation propre, tant au plan religieux que dans la société. Avec finesse pastorale et étaiement biblique autour de Samuel et de quelques paraboles. Il est le fruit d’une expérience qu’il a mené dans son diocèse de Milan depuis plusieurs années.
Conclusion :
Faites le test. Parlez à l’autre de lui-même… et demandez-lui s’il se reconnaît dans vos propos. Cela semble le b-a-ba du respect de l’autre. Pourtant l’exercice s’avère redoutable et nous sommes assez rapidement mis en échec. Nous découvrons que nous sommes loin de l’avoir réellement compris, bien plus que nous le réduisons à nos propres critères d’appréciation. De la nécessité du retour à la case « écoute ».
En œcuménisme aussi. Sous couvert de discours religieusement correct (ouverture et tolérance), le protestant n’a pas plus d’objectivité sur les autres que les autres sur lui-même. Attendre de l’autre qu’il se réduise à mes propres critères : l’œcuménisme du retour (s’attendre à ce que l’autre adhère à « mes » convictions) a la dent dure… même chez les protestants ! Et conclure qu’il en est de même chez les autres est une piètre consolation… peu évangélique !
Voilà ma triste (re)découverte de l’été… on n’a pas fini de se convertir ! Mais le voulons-nous ? (GD)