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Bulletin d'Information Protestant - novembre 2005

Porto Alegre 
Les femmes préparent activement !

C’est une tradition : avant l’assemblée mondiale du COE, se tiennent deux rencontres sur le lieux de l’assemblée : l’une des jeunes, l’autre des femmes.

 

Nos délégués pour ces deux assemblées (11-13 février 2006) seront Claire Gateuil pour les jeunes, Marie Christine Michaud pour les femmes.

 

Avant l’Assemblée d’Harare (1998) plus de 1000 femmes s’étaient ainsi rassemblées. C’était en pleine Décennie œcuménique des Eglises solidaires des femmes.

 

L’objectif de cette prochaine pré-assemblée est de permettre aux déléguées de jouer un rôle important à l’Assemblée.
Cela semble nécessaire pour affronter des milieux ecclésiastiques et culturels pas toujours ouvert à la présence féminine.

 

Pendant deux jours donc, des tables rondes, des présentations multimédias, des cultes, des travaux de groupes, des études bibliques et débats, aideront quelques 300 déléguées à prendre leur place, à constituer une véritable communauté, et à maîtriser les sujets de cette assemblée décisive.

 

Lors de l’Assemblée elle-même, un espace femmes appelé colméia (ce qui signifie ruche !) préparé par les femmes brésiliennes, permettra aux visiteuses de se recueillir mais aussi de rencontrer des participantes éminentes, d’évoquer les problèmes qui se posent aux femmes du Brésil et d’Amérique latine, et de les rattacher à ceux qui ont une portée mondiale.

 

Mais il y a aussi des réunions préparatoires en divers lieux du monde. Prenons l’exemple des femmes de langue portugaise.
Elles espèrent que l'Assemblée offrira l'occasion de rappeler les droits des femmes. Elles ont l'intention de faire entendre leur cri: Arrêtez la violence! La violence est un péché, mais Dieu nous appelle au salut !

 

Une cinquantaine d’entre elles se sont déjà réunies en août à São Leopoldo, Brésil. Elles venaient des Eglises d'Angola, du Brésil, du Mozambique et du Portugal. Elles étaient catholiques, méthodistes, presbytériennes, luthériennes, réformées et anglicanes.

 

Leur triste constat et leur point commun, outre la langue, c’est que la violence se manifeste dans leur vie quotidienne. Leur message final, centré sur l'action de la grâce divine dans la vie des femmes, n’élude pas leur réalité : Nous voyons que la violence à l'égard des femmes, qu'elle soit physique, sexuelle, psychologique, économique ou spirituelle, est une réalité dans nos Eglises et dans nos pays.

 

Les cœurs des Africaines ont été brisés , disait la théologienne Invicta Tivane, en rappelant que la violence physique et psychologique fait partie intégrante de la vie des femmes du Mozambique. Malheureusement, dans notre culture, l'idée que les maris doivent battre leurs femmes pour prouver leur amour continue à exister.

 

La pasteure angolaise Paulina Makumbu en rajoute : le pouvoir est toujours concentré entre les mains des hommes. Quant à la Portugaise Rosa Maria Cruz Ángela, si elle s’estime respectée dans l’Eglise, ce n'est pas toujours le cas dans la société. Beaucoup de Portugaises sont obligées de se prostituer et sont victimes de la violence domestique, sexuelle ou psychologique, ainsi que de la discrimination.

 

Ces femmes osent avec courage parler de sexualité comme un don de Dieu. Ce don, disent-elles, a été confisqué par des modèles économiques et culturels qui engendrent le trafic des petites filles à des fins sexuelles et favorisent la dissémination du sida. La sous-information des populations aggrave la situation… De la nécessité de l’engagement commun des Eglises pour informer et corriger les croyances aberrantes (par exemple, au Mozambique, la croyance selon laquelle un homme séropositif sera guéri en couchant avec une vierge).

 

Ô Dieu, dans ta grâce, transforme le monde ! Ce cri, cette prière, autant que la décennie des Eglise contre la violence, résonne de manière toute particulière pour ces femmes. Elles engagent leurs Eglises, comme le dit leur message final, à collaborer en vue de réaliser des changements concrets dans la vie des femmes et des enfants, changements qui seront autant de signes de la grâce transformatrice de Dieu.

 

(GD)

 

Photos sur le site de l'Assemblée du COE