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Bulletin d'Information Protestant - avril 2006

 

Vers une Pâques commune ? 

 

La question est relancée. 

 

Cette année encore, la fête de la résurrection, fête fondatrice de la foi chrétienne, ne sera pas célébrée ensemble avec les Eglises orthodoxes (16 avril pour les occidentaux, 23 avril pour les orthodoxes). Il faudra attendre 2007.

 

Malgré tout, en plusieurs lieux, on fait l’effort de marquer ce jour ensemble : par une proclamation ensemble sur la place de la ville, une marche commune, une célébration matinale, par la distribution ensemble de dépliants sur le marché du jour…

 

Justement, Pâques 2006 pourrait être l’occasion de se donner déjà rendez-vous au 8 avril 2007, un rendez-vous plus marqué, plus large, car commun à tous les chrétiens de la planète !

 

Ces questions de calendriers liturgiques sont plus délicates qu’il n’y paraît. Pour les mordus de calendrier et d’astronomie, voir le dossier technique Internet « Vers une date commune de Pâques » dans les pages « documentation » du service oecuménique 1.

 

Tout paraît si simple à certains protestants relativement peu enclins à marquer le temps et l’espace : c’est Pâques tous les jours et l’on peut prier partout… comme si la foi chrétienne ne concernait que l’individuel et n’avait pas de marquage visible, collectif, ecclésial.

 

Mais dans la communauté œcuménique, d’autres Eglises les interpellent sur l’importance d’incarner la foi chrétienne dans l’espace et le temps, deux dimensions où s’expriment le vivre-ensemble des chrétiens.

 

Car nous sommes chrétiens ensemble, en corps, et il n’y a qu’un seul corps du Christ comme un seul Christ Ressuscité. D’où l’importance œcuménique de marquer Pâque ensemble : question de témoignage.

 

La recherche d’un « cycle liturgique » commun exprime ce souci oecuménique. Marquer le temps a sans doute une dimension pédagogique et de témoignage : le temps des chrétiens est aussi orienté par l’Evangile, et ça doit se voir ! Alors, si les chrétiens ne sont pas capables de marquer ensemble de manière visible le fondement leur foi : il y a comme une contradiction…

 

Du reste, très tôt, les communautés chrétiennes ont célébré la fête de la résurrection et le cycle de Pâques.

 

L’Assemblée mondiale du Conseil Œcuménique des Eglises à Porto Alegre, a réactivé cette question, avec une certaine modestie : avant d’envisager les grandes questions théologiques (une même table, la reconnaissance mutuelle des ministères, etc…), si nous nous mettions au moins d’accord sur la date de Pâques ? Ce serait un petit signe significatif d’une volonté d’avancer et de reformer nos traditions !

 

« On témoignera au monde des progrès réalisés vers l’unité visible en parvenant à un accord entre toutes les Eglises chrétiennes sur les question suivantes : calcul de la date de la célébration annuelle de la résurrection de notre Seigneur, reconnaissance mutuelle d’un seul baptême par toutes les Eglises, convocation d’une assemblée oecuménique qui réunirait toutes les Eglises pour célébrer leur communauté en Jésus Christ et pour relever ensemble les défis qui attendent l’Eglise et l’humanité – sur la voie de l’unité visible et du partage de l’Eucharistie » 2.

 

Cette déclaration de l’Assemblée du COE relie intelligemment la question de la date à celle du baptême, d’une assemblée commune et du témoignage-service des chrétiens dans le monde, car nous sommes baptisés dans la mort et la résurrection du Christ, c’est le fondement qui nous unit, et cela non pour nous-mêmes.

 

Pourquoi donc ne pas préparer Pâques 2007 dans cette perspective ?

 

(GD)

 

1 http://www.protestants.org/fpf/relations_oecumeniques/documents/vers_date_commune_paques.htm

2 Rapport dit « du comité d’examen des directives », adopté par consensus.