Fédération protestante de FranceService Oecuménique Accueil > Services > Service oecuménique |
Diversité en communion |
Chronique œcuménique – décembre 2007
Le Bilan du trimestre : œcuménisme de vérité…
Bien des activités ont jalonné ce trimestre.
Un événement européen
Je reviens un peu sur Sibiu, dont nous n’avons pas encore mesuré toutes les retombées : de nombreux rendez-vous sont pris dans les paroisses et groupes œcuméniques, si l’on en croit les invitations et l’utilisation du dépliant « Sibiu, et après ? ». Et franchement, les textes des interventions maintenant presque toutes traduites, valent la peine d’être travaillés.
Avec le recul, je suis de plus en plus convaincu que nous avons vécu là une véritable « opération vérité » : nous ne nous sommes rien caché des limites du paysage œcuménique actuel et des difficultés au sein des Eglises et entre elles.
Et pourtant (peut-être à cause de cela) tous nos délégués sont revenus bouleversés, certains parlant de véritable conversion. Parce que la fraternité en Christ a été la plus forte.
Un événement mondial
Nous espérions (mais les grèves en ont décidé autrement !) que le Forum œcuménique de ce trimestre nous permettrait de prendre la mesure d’un événement mondial passé presque inaperçu mais qui pourrait bien être du même ordre que l’Assemblée d’Edimbourg (1910) marquant les débuts du mouvement œcuménique : la rencontre à Nairobi du Forum Chrétien Mondial. Il rassemblait pour la première fois au monde, tous les courants du christianisme mondial, y compris le quart que représentent les courants évangéliques et pentecôtistes. Peut-être se concrétise là un nouveau mouvement postmoderne, œcuménique qui ne dit pas son nom (le terme est aujourd’hui trop connoté).
L’Orthodoxie et le Pape à la une
L’Orthodoxie (russe) nous a fort occupés ce trimestre. La visite du Patriarche Alexis II, puis du Métropolite Cyrille (pour présenter la doctrine sociale de l’Eglise russe) nous a, il faut bien le dire, agacés. Les protestants (les néo-protestants encore moins) ne semblent pas exister pour cette Eglise qui cherche, à grand renfort de média, à se positionner sans les autres sur un axe privilégié avec Rome. Dieu merci, des voix s’élèvent contre cette tactique anti-œcuménique au sein de l’Orthodoxie comme du côté catholique. Ainsi, derrière les rideaux, les relations et les dialogues se poursuivent de manière volontaire au sein de la KEK, du COE, comme au sein du Conseil d’Eglises Chrétiennes en France. Et, fruit paradoxal et réjouissant de ces visites ambigües, l’Orthodoxie en France nous a offert une émouvante démonstration d’unité eucharistique lors de la journée célébrant les 30ans de l’Assemblée des évêques orthodoxe en France.
Quant à Benoît XVI, en convoquant un consistoire sur l’œcuménisme, il lève les ambiguïtés d’une communication œcuménique quelque peu brouillée cet été. Là aussi, d’un côté une lucidité théologique qui nous enlève tout utopisme œcuménique et nous permet de travailler dans le réel de la situation de nos Eglises aujourd’hui. De l’autre, une réaffirmation de l’engagement œcuménique non-optionnel des catholiques, une invitation à développer les collaborations au plan social.
Le Conseil d’Eglises Chrétiennes En France
Merci au tout nouveau cardinal Vingt-Trois qui déclarait dans son interview à La Croix, vouloir insister sur les relations avec les autres Eglises et la mission. Mgr Vingt-Trois devient de fait le nouveau co-président du Conseil d’Eglises Chrétiennes en France, aux côté de Mgr Emmanuel et du Pasteur Claude Baty, lesquels ont été invités à prendre la parole à l’Assemblée des évêques de Lourdes. Une nouvelle équipe donc, qui doit trouver ses marques au moment où le CECEF fête ses 20 ans. Il soufflera les bougies en mai 2008.
Parmi les comités théologiques
Le comité luthéro-réformé/catholique arrive au bout de sa course de fond sur la question épineuse de la Présidence de l’Eucharistie. Que veut dire Discerner le Corps ? Quel lien entre communion eucharistique et communion ecclésiale ? Quel sens au vocabulaire ministériel et au sacerdoce universel ? Sur ces questions nos experts ont une double démarche : s’expliquer les uns aux autres en levant ainsi des montagnes d’incompréhension qui traînent entre nous ; et interpeller nos Eglises pour qu’elles avancent dans la voie de ce qui nous semble plus de fidélité aux Ecritures et à la tradition apostolique. Il n’aura pas fallu moins de 8 ans pour y arriver, tant le sujet est délicat.
Le comité luthéro-réformé/baptiste s’apprête lui à publier (à retardement pour cause de changement des instances) trois textes sur l’Ecriture, l’Eglise et le Baptême. Alors que les dialogues baptistes/luthéro-réformés sont bloqués au niveau européen entre la CEPE et la Fédération baptiste, l’habitude du vivre-ensemble au sein de la Fédération Protestante qui nous aide à travailler ensemble avec facilité et à mieux nous comprendre.
Chacun sait maintenant que le dialogue (hors FPF) entre évangéliques et catholiques a repris, cette fois officiellement, entre l’Alliance Evangélique et l’Eglise catholique.
La commission œcuménique FPF nouvellement constituée, amorce un travail sur « ce qui fonde notre engagement œcuménique, le positif et le négatif de cette engagement, et des règles pratiques.
Devant nous…
Bien des événements œcuméniques nous attendent encore. En plus de la semaine de prière pour l’unité (un excellent reportage TV sur les évangéliques et un culte radio avec les épiscopalien – voir la page de la semaine), il faut s’inscrire au colloque de l’ISEO (fin janvier – voir agenda), retenir les date du prochain colloque national de tous délégués (ex colloque de Viviers) couplé avec le colloque de Lyon (2-6 décembre) sur les ritualités. Sans oublier la journée de prière des femmes (qui vient d’ouvrir son site – voir les pages qui lui sont consacrées) et le temps de Carême et de Pâques où de plus en plus d’initiatives œcuméniques se prennent. Nous en reparlerons.
Pasteur Gill DAUDE
Service œcuménique
FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE