Préface, par le pasteur Geoffroy de Turckheim
Chapitre I : Quelques repères historiques
1) J. Gloaguen : Chez les Pères
2) A. Joly : dans les Eglises luthériennes
3) G. de Turckheim : dans l’Institution Chrétienne de Calvin
Chapitre II : Tour d’horizon protestant
1) Le point de vue des Eglises baptistes, par V. Duval-Poujol
4) Dans l’UEEL, par M. Boissonnat
5) Dans l’Eglise apostolique, par J. Gloaguen
6) Dans l’Eglise réformée de France
Chapitre III : La confirmation dans les autres Eglises
L’Eglise anglicane
- La position anglicane sur la confirmation
2) L’Eglise orthodoxe
3) L’Eglise catholique
- La confirmation, par A. Dupleix
- « Redécouvrir la confirmation », Cité du Vatican
Chapitre IV : Fiches de lecture et documents
1) Le point de vue de Pierre Marcel, par M. Boissonnat
2) « La confirmation : vers un consensus œcuménique ? », par Sr Bénédicte
3) « Lukas Vischer : La confirmation au cours des siècles », par Sr Bénédicte
« le BEM n’en dit pas grand chose, mais le rapport sur le processus BEM et les réactions des Eglises n’a pas pu manquer de faire le point sur la question. (Paris, Ed du Cerf 1993 P132.133)
« Il écrit :
« 10.la relation entre baptême et confirmation.
On fait souvent appel à Ac 8/14.17 et 19/1.7 pour fonder la pratique ecclésiale de la confirmation. On trouve ces références au moins dès Cyprien (Ep 73, 9 : Bayard, t.2 p267). Cependant, mise en garde contre les anachronismes. Dans ces deux principes : imposition des mains après le baptême, mais pas confirmation au sens où on l’entendra plus tard.
Le rite n’est généralisé ni dans le NT, ni au deux premiers siècles où la Didaké ni Justin n’en soufflent mot. Saint Thomas lui-même se montre prudent en ce qui concerne ce sacrement : le Christ l’a institué non en la montrant, mais en la promettant, selon Jn 16.7.
On voit, avec Tertullien notamment, s’amplifier les rites de l’initiation chrétienne. Dans la « Tradition Apostolique » le catéchuménat dure trois ans avec une célébration d’une nuit : veillée de lecture, baptêmes au chant du coq au baptistère avec triple immersion. Puis le prêtre oint les baptisés de l’huile d’action de grâces avec une formule christologique, puis ils entrent dans l’Eglise où l’évêque leur impose les mains en demandant pour eux le don de l’Esprit ( ou la grâce de Dieu selon la version latine), puis il leur fait une nouvelle onction avec une formule trinitaire.
Suit l’Eucharistie à laquelle les baptisés participent pour la première fois.
Une Célébration unique et diversifiée qui forme un tout.
Cette initiation unique éclatera à cause du nombre des catéchumènes trop nombreux et dispersés.
C’est au Vème siècle que l’on commence à nommer en Gaule « la confirmation » (de Riez). « Dans le baptême nous sommes lavés, après le baptême nous sommes fortifiés »
Au baptême nous sommes régénérés pour vivre, après le baptême nous sommes confirmés pour la lutte ( !).
Perte de l’attention aux catéchèses de saint Ambroise, de Jérusalem et d’Antioche qui montrent l’unité de l’invitation.
Vers 1150, sept sacrements sont retenus. De nombreux théologiens catholiques sont prêts aujourd’hui à reconnaître que cette dissociation entre baptême et confirmation est le reflet de la pratique médiévale et représente une vue trop limitée à la situation d’un moment historique de l’Eglise pour définir à jamais les rapports entre les sacrements de l’initiation.
Les réformateurs vont refuser d’attribuer à la confirmation la qualité de sacrement notamment au nom de la sola scriptura et de leur refus du « septénaire ». Certains la conserveront comme une cérémonie ecclésiastique. Refusant d’y voir un sacrement, ils en ont fait une profession de foi.
Du sacramentel et du liturgique, ils sont passés au catéchétique.
Luther en fait l’examen final de la catéchèse post baptismal.
Bucer, « le père de la confirmation » protestante, lui donne une forme liturgique vers 1540. Calvin la supprime. Ostervald la réintroduit. Il l’a nomme « ratification ».
Vatican II a retrouvé la notion d’initiation chrétienne. Les évêques peuvent déléguer aux prêtres le ministère de la confirmation. Pour les baptêmes d’adultes, l’unité des trois sacrements de l’initiation chrétienne l’emporte :
« Selon l’usage le plus assuré, toujours observé dans la liturgie romaine elle-même, un adulte se sera pas baptisé sans recevoir la confirmation aussitôt après le baptême, sauf si une grave raison s’y oppose » (RF 311 ; RR 34). Ainsi, il y a 3 positions catholiques actuelles : la doctrine officielle (Rituel de 1971) ; celle des liturgistes en faveur d’un rapprochement entre baptême et confirmation ; les pasteurs demandant de reculer l’âge de la confirmation (de 12 à 18 ans).