Fédération protestante de FranceService Oecuménique Accueil > Services > Service oecuménique |
Diversité en communion |
Magistères - Ministères
Quelles que soient, dans une communauté chrétienne, la diversité et la multiplicité des charismes et des fonctions, le propre du ministère pastoral est d’assureret de signifier la dépendance de l’Eglise envers le Christ, source de sa mission et fondement de son unité. (§20)
Membre de la communauté chrétienne, le ministre est aussi auprès d’elle un « envoyé » qu’elle reçoit du Christ. Ses fonctions marquent dans l’existence ecclésiale la priorité de l’initiative et de l’autorité divines, la continuité de la mission dans le monde, le lien de communion établi par l’Esprit entre les diverses communautés dans l’unité de l’Eglise. Cela implique l’union des ministres avec ceux des autres temps et des autres lieux, au sin d’un même collège issu des apôtres. (§21)
Cette dépendance à l’égard de l’unique Seigneur et Sauveur s’exprime et se vit dans la dépendance réciproque de la communauté et du ministre. Leur interdépendance manifeste que l’Eglise n’est pas maîtresse de la Parole et des sacrements, ni source de sa foi, de son espérance et de son unité ; que le ministre, de son côté, n’existe pas par lui même et pour lui-même, ni ne peut disposer à son gré du peuple chrétien. (§22)
Les tâches essentielles du ministère pastoral qui hérite des éléments transmissibles de la charge apostolique, sont indissolublement liées entre elles : annonce de la Parole, célébration des sacrements et rassemblement de la communauté. (§25)
Ce ministère ne se borne pas à répéter ce qui fut dit autrefois ; il l’interprète et l’actualise, guidé par l’Esprit-Saint, dans la communion de toute l’Eglise. Il s’efforce aussi d’indiquer les points de rencontre et de tension entre le message de J.C. et les problèmes, les situations et la culture du monde contemporain. (§26)
Par le ministère des sacrements, le Christ communique le don de sa personne et de sa vie. En célébrant les sacrements, le ministre signifie que c’est le Christ lui-même qui les préside et leur donne l’efficacité promise. (§27)
Par le ministère du rassemblement de la communauté, le Christ restaure et construit sans cesse l’unité de son peuple en marche vers le Royaume. Ce ministère s’accomplit dans le respect de la liberté de l’Esprit-Saint et dans la co-responsabilité effective des chrétiens. (§28)
Le ministère pastoral, dans ces trois fonctions, tient son autorité de ce qu’il est au service du Christ, lui qui, Seigneur et Tête de son Corps, l’édifie en la puissance de l’Esprit. (§29)
Dans ces trois tâches du ministère, la relation d’autorité reste incluse dans l’aide fraternelle et la responsabilité commune du peuple chrétien envoyé au monde par le Christ. Ainsi, fidèles et ministres sont lié les uns aux autres dans ces relations différenciées d’inter-dépendance et de réciprocité. (§30)
COMMENTAIRE
Sur cette base, le document propose ensuite des pistes de réconciliation et de reconnaissance mutuelle des ministères par imposition réciproque des mains entre ministres d’une même ville, ou entre un diocèse et une région ecclésiastique protestante (c’est la pratique entre Anglicans et Luthériens en Europe du Nord ou en Amérique).
Aujourd’hui me semble-t-il, la question se pose autrement avec l’Eglise catholique romaine. Les dialogues sont internationaux. C’est à ce niveau qu’il faut envisager d’aller plus loin. Cependant, au plan local ou national, rien n’empêche de pousser le plus loin possible la clarification des préjugés et autres arguments justifiant les séparations ecclésiales. (GD)
1 Edition Presse de Taizé, 1973. Ré-édité au CERF