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Témoignages de contemporains de Vatican II
Vatican II : le décret sur l’œcuménisme « Unitatis Redintegratio »
Regard d’un observateur protestant :
Le pasteur Hébert Roux de l’Eglise réformée de France
La portée ecclésiologique du décret sur l’oecuménisme
Valeur positive des autres Eglises
Ainsi que nous l'avons dit, le Concile a cherché à se placer de façon réaliste en présence des « faits », c'est-à-dire de l'existence du mouvement œcuménique qu'il salue « avec joie », comme un « signe des temps » (DOe, n° 4).
Encore faut-il que ces faits soient discernés et interprétés à la lumière des « principes catholiques », c'est-à-dire conformément à la doctrine de l'Église et de son unité.
Il s'agit donc à la fois de déclarer et tenir fermement cette doctrine, en montrant qu'elle n'est pas incompatible avec une interprétation du mouvement œcuménique, lui accordant une valeur positive ainsi qu'aux « Églises et communautés ecclésiales » qui s'y trouvent engagées.
Tel est l'objet du chapitre I, ainsi d'ailleurs que du chapitre III qui traite en deux sections distinctes de la relation des Églises séparées du « siège apostolique romain » en Orient d'abord, et plus tard en Occident.
Un honnête embarras
On ne saurait faire grief aux rédacteurs du Décret et au Concile d'avoir voulu intégrer à cette réflexion doctrinale sur l’Œcuménisme les points fondamentaux de l'ecclésiologie catholique qui précisément sont destinés à soulever des difficultés dans le dialogue.
Et cela pour deux raisons :
Il fallait donc, quelle qu'en soit la difficulté, que le Concile définisse comme il l'a fait la position catholique romaine sans complaisance, même si ses efforts pour concilier son ecclésiologie et son ouverture œcuménique nous paraissent parfois embarrassés.
Comment dialoguer ?
C'est d'ailleurs en vue de fixer les fondements de sa participation au Mouvement œcuménique en termes de « dialogue » qu’ont été précisés au départ les traits essentiels de l'ecclésiologie. Or il faut reconnaître que le long paragraphe quatre, tout entier consacré aux conditions du dialogue, apporte à ceux qui le précèdent un complément très remarquable par un certain nombre de précisions dont certaines sont d'ordre théologique et introduisent heureusement au chapitre II sur « l'Exercice pratique de l'œcuménisme » qui parfois ne fera que les reprendre.
Ceci est important à l'adresse de ceux qui s'imaginent que l'œcuménisme est une entreprise facile suivant une pente « mondaine » ou suivant « le sens de l'histoire »...
Il est plus difficile et même douloureux d'engager une vraie confrontation entre chrétiens séparés sur des points essentiels de la foi que de se retirer à l'abri de sa sécurité confessionnelle en refusant la rencontre avec les mises en question qu'elle implique. Cela suppose un effort spirituel de justice et de vérité, et par conséquent de fidélité totale à la foi que l'on tient pour vraie.
Or cela ne va pas dans le sens du cœur charnel, il y faut l'action de l'Esprit.