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Diversité en communion |
Taizé 2008
Le témoignage d'une jeune pasteure
Du 28 décembre 2007 au 1er janvier 2008, a eu lieu le rassemblement européen de Taizé, à Genève. Nous étions 40 000 jeunes, venus de toute l’Europe, pour participer à ce « Pèlerinage de confiance ».
Chaque jour, nous nous retrouvions tous ensemble, dans un des halls du Palexpo, pour un temps de prière : les chants de Taizé, les lectures bibliques, les méditations, les temps de silence, les prières pour la réconciliation et la paix…
Imaginez, écoutez, 40 000 jeunes qui prient en silence… Il n’y a rien à entendre, à part le battement des cœurs, le souffle des respirations. On se sent portés, ou plutôt, nos prières sont portées par le recueillement de tous ceux qui nous entourent…
Une grande diversité, beaucoup de nationalités, des traductions obligées, mais une prière tournée vers notre seul et unique Dieu…
Au cours d’une des prières, nous avions chacun une bougie, et la lumière est passées, de main en main jusqu’à ce que toutes les bougies soient allumées : 40 000 lumières…
Et dans ce grand hall en courant d’air, les flammes étaient très fragiles, il fallait les protéger, parfois les rallumer…
Cela nous montre qu’il faut prendre le temps, saisir l’instant où la lumière est présente, et s’en réjouir…
Frère Alois (prieur de la communauté de Taizé), dans ses méditations, nous a conduit à cheminer vers la réconciliation :
« Se réconcilier c’est aller vers l’autre, et cela commence au plan des relations personnelles : persévérer pour chercher une communion humaine avec ceux qui sont tout proches de nous. Est-ce que nous ne nous décourageons pas trop vite quand il y a des tensions, des incompréhensions ? Le bonheur se construit avec du temps. » a-t-il dit.
Et il a ajouté : « Notre engagement pour la réconciliation prend sa source dans la réconciliation que Dieu nous offre. Le pardon de Dieu peut toucher le fond de notre être, il nous fait naître à une vie nouvelle. A travers la vie du Christ, nous voyons que Dieu ne se fatigue jamais de recommencer toujours à cheminer avec nous. Oui, Jésus a pris le risque de croire en l’homme, il place toute sa confiance en nous. »
Nous avons aussi vécus des partages en petits groupes au sein des paroisses qui nous accueillaient : occasions de rencontres, de témoignages et d’échanges autour de la Parole biblique.
Les conversations se faisaient aussi dans les bus bondés qui nous acheminaient le soir vers nos lieux de vie, avec l’ambiance chaleureuse et chantante de Taizé !
Durant ces journées, nous avons lu et partagé autour de la Lettre de Taizé : Lettre de Cochabamba. Cette lettre se termine par 4 appels que j’aimerais partager avec vous, comme des interpellations pour nous-mêmes dans notre vie :
Dans les situations de conflits, saurons-nous écouter l’autre ?
Tant de séparations en seraient moins douloureuses.
Saurons-nous veiller à une répartition plus équitable des biens ?
Osons réviser notre style de vie en vue d’une plus grande simplicité, d’une solidarité avec les démunis et d’une attention accrue pour la Création.
Serons-nous proches de ceux qui sont plus pauvres que nous ?
En partageant avec eux, un échange de vie se réalise : ils nous entraînent à une générosité qui nous sort de nous-mêmes.
Plus encore, par leur manque, ils nous aident à accepter notre propre vulnérabilité. Par un tel engagement nous contribuerons au respect de la dignité de chaque être humain.
Irons-nous jusqu’au pardon ?
Y a-t-il un autre moyen pour interrompre la chaîne qui fait perdurer les humiliations ?
Il ne s’agit pas d’oublier un passé douloureux, ni d’être aveugles face aux situations actuelles d’injustice.
Mais l’Évangile nous appelle à dépasser la mémoire des blessures par le pardon et même à aller au-delà de notre attente d’un geste en retour.
Là nous trouvons la liberté des enfants de Dieu.
Pasteur Marianne Guéroult
Photos : Marianne Guérout
Prière dans le grand hall, décoré de toiles oranges et de représentations de peintures du 12ème siècle
Au cours de la prière, la lumière passe de main en main…
Groupe de discussion, à la paroisse protestante de Troinex.
Représentation d’une peinture du 12ème siècle, ornant le plafond d’une chapelle en Suisse.
Prière dans le grand hall.