Fédération protestante de FranceService Oecuménique Accueil > Services > Service oecuménique |
Diversité en communion |
6, cours de la Liberté 69003 Lyon Tél : 04 78 95 00 84 Fax : 04 78 71 03 85
http://perso.wanadoo.fr/cpcv.raa cpcv.raa@wanadoo.fr
Version résumée
Une expérience œcuménique exceptionnelle !
Imaginez 52 personnes de 17 à 54 ans vivre ensemble en continu durant 8 jours et issues de milieux très divers et de confessions religieuses bien différentes : 1 musulmane, 10 personnes se définissant non-croyantes ou sans appartenance spirituelle précise, 27 catholiques de pensées et cultures variées, et 15 protestants reflétant eux-mêmes toute la diversité du protestantisme !
Ils étaient réunis par la motivation de vivre un stage de formation générale BAFA dont la spécificité était d'aborder l’animation en tenant compte de la dimension spirituelle de l’enfant, tout en respectant bien évidemment le cadre de formation fixé par Jeunesse et Sports. Ainsi, comme pour toute formation, les contenus de stage étaient abordés de façon à rendre les stagiaires acteurs de leur formation par des méthodes actives, responsabilisantes et favorisant le travail en petits groupes. Mais en plus, ils intégraient des éléments de compréhension de la dimension spirituelle : parler du pardon quand on aborde la résolution des conflits, des pratiques religieuses dans l’alimentation, de ce que dit la législation en matière de sécurité morale et affective, de responsabilité vis à vis des parents et de l'éducation qu'ils donnent à leurs enfants, des valeurs que l’encadrement choisit de véhiculer dans les projets pédagogiques, de la manière de parler aux enfants pour rester cohérents avec ces valeurs, de l’importance de tenir compte des croyances aux différents âges de l’enfance et plus encore à l’adolescence, etc.
Nous avons organisé ce stage en partenariat avec les Aumôneries de l’Enseignement Public, qui animent des rencontres, week-ends et camps avec les collégiens et lycéens, et qui depuis la réforme de l’habilitation ne peuvent plus organiser d'eux-mêmes des stages de formation BAFA. Leurs responsables ont donc cherché un organisme qui accepte de vivre un partenariat qui tienne compte des idées pédagogiques de chacun, et qui comprend que le principe de laïcité permet de partager ses convictions, comme une richesse à vivre et non comme un cadre interdisant toute discussion philosophique, politique ou religieuse. Leurs préoccupations étant les mêmes que celles des associations membres du CPCV RAA, nous avons donc décidé de travailler ensemble.
Une véritable démarche œcuménique faite de découvertes, d'explication de vocabulaire,d'ouvertureet de dialogue s'est vécue depuis deux ans. Nous avons constitué une équipe de sept personnes, elle-même image de la diversité enrichissante de ce que pouvait être une dynamique de groupe positive : 3 catholiques – deux laïques animatrices d’aumônerie et un prêtre –, 1 musulmane désireuse de voir un exemple d'ouverture de la part de ceux qui se disent chrétiens, 3 protestants – une réformée, professeur des écoles, un officier de l’Armée du Salut, et moi-même, permanent responsable du CPCV RAA : un premier défi enthousiasmant au vivre et travailler ensemble !
Après une première expérience très intéressante en octobre avec des jeunes et des formateurs issus de toute la diversité du protestantisme, le défi était tout aussi passionnant pour ce deuxième stage à dimension spécifique, qui accueillait donc encore plus de diversité dans les croyances et non-croyances. Et l’envie de renouveler l’expérience est cette fois encore unanime ! Le désir de comprendre les opinons, les croyances, les pratiques de la foi chez l’autre, l’écoute entre croyants et non-croyants, la volonté de ne pas nier les différences mais de les vivre dans le respect mutuel autour de la réalisation d'un projet commun, ont créé une dynamique et un enthousiasme communicatif, allant bien au-delà de la simple tolérance : un véritable “laboratoire” du vivre ensemble !
C’est ainsi que l’équipe de formateurs avait justement présenté cette semaine : le stage se voulant en plus ouvert sur l’intergénérationnel dans l’animation, ce fût un laboratoire pour le travail en équipe entre jeunes de 17 à 54 ans !
Dans cet enthousiasme de rencontre, des initiatives ont même été proposées par les stagiaires pour vivre des temps de célébration en commun, hors temps de formation. Ces temps ont permis de “toucher du doigt” les limites de l’œcuménisme et les pas qui restent à faire dans la rencontre de l’autre.
Chaque matinée commençait par une heure de réflexion individuelle et en petit groupe autour de la question « Pourquoi suis-je animateur ? », qu’est-ce qui me motive à m’engager pour les enfants et les adolescents : à partir de méthodes actives, chacun exprimait ce qu’il percevait avec ses cinq sens : nos religions catholique, protestante, musulmane, athée ou agnostique prenaient alors une place bien secondaire pour laisser exprimer ce qui est de notre propre spiritualité.
« Quelle spiritualité? » : à partir de la définition que chaque stagiaire avait pu donner à ce mot avant le stage, nous avons eu une soirée de débats et partages dans trois ateliers permettant d’être attentif à toutes les attentes : “qu’est-ce la spiritualité pour moi?” ; les questions essentielles et existentielles ; et un atelier d’expression “art et spiritualité“. Une deuxième soirée a tenté de répondre à cette question : « Croyants de différentes religions et non-croyants, pouvons-nous vivre ensemble ? » : nous avons pu accepter que “ça se discute !”… et nous avons aussi constaté avec frustration qu'il est bien impossible de répondre à toutes les questions et les sollicitations en une soirée ! De quoi donner envie de se retrouver pour de nouveaux échanges et pourquoi pas pour une nouvelle semaine de formation ! Enfin, ceux qui le voulaient ont pu vivre une célébration œcuménique particulièrement marquante.
« Heureux les artisans de paix » : c’est sans doute parce que chacun a voulu vivre cette expérience dans le respect des convictions et des pratiques de l’autre, dans l’ouverture à ceux qui croient différemment, l'écoute et la compréhension mutuelle, que nous avons pu vivre cette semaine de formation de façon particulière, si proche de l’autre.
Timothée ALEGRE