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Les Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ), à Cologne, en août 2005,

ont pris une couleur œcuménique…

 

Un groupe international et interconfessionnel s'est mis en route vers Cologne. Au départ de Lyon, passant par Taizé, nous avons pris le temps de la marche pour aider à la rencontre et au partage. Des animations musicales et théâtrales nous ont permis d’exprimer nos talents. A l’écoute de chacun, dans la confiance partagée, nous sommes revenus aux sources de notre foi commune.

Une marche œcuménique dans le cadre des JMJ,
à l’invitation de la famille religieuse de l’Assomption

« Nous sommes venus l’adorer ! », telle était la grande affirmation de ces XXe Journées Mondiales de la Jeunesse à Cologne, reprise de la démarche des mages en Matthieu 2/11, dont cette antique ville d’Allemagne garde le souvenir depuis plus de mille ans. L’analogie avec les trois mages, chacun étant sensé avoir apporté à Jésus un présent, invitait à imaginer trois routes différentes, et l’étoile qui les guidait, ainsi que la tenue de ces JMJ dans le pays de Luther, suggérait une ouverture œcuménique.

 

C’est ainsi que la famille de l’Assomption a proposé trois routes qui se sont retrouvées ensemble à Cologne pour vivre les JMJ. La route « partager » a réuni une soixantaine de jeunes, dont un étudiant en théologie protestante, qui ont fait le trajet à vélo, depuis la France en passant par Trèves et Coblence. La route « servir » réunissait le groupe le plus nombreux, qui a rejoint Cologne après avoir été auprès des malades à Lourdes. Enfin, la route « rencontrer » a rassemblé une autre soixantaine de jeunes issus d’une quinzaine de pays différents. Cinq protestants ont participé, représentants dans sa diversité le protestantisme français. Il y avait également trois orthodoxes, mais plusieurs russes, bulgares et roumains n’ont pas obtenu leur visa. Parmi les catholiques, si la majorité était de rite latin, il y avait aussi deux catholiques de rite byzantin, et même quelques catholiques traditionalistes, dont un qui avait cru s’inscrire à une route « eucharistique » !, mais qui n’a finalement pas regretté d’avoir découvert des croyants d’autres confessions.

 

Trois temps ont marqué la quinzaine de jours passés ensemble. Un premier temps en France, de Lyon à Mulhouse, en passant par Cluny, Taizé, le Carmel byzantin Saint-Elie à Saint-Rémy près de Montbard, et le monastère bénédictin de Chauveroche près de Belfort. Cela nous a permis d’apprendre à nous connaître, de visiter un peu en profondeur chaque jour une culture ecclésiale différente, par des célébrations spécifiques et par la découverte de personnages marquants de chaque tradition religieuse. L’hymne acathiste a résonné en slavon dans la chapelle romane de Taizé, le culte protestant a été célébré lors d’une rencontre avec le pasteur Fabrice Pichard, de Sochaux, et la psalmodie a composé l’essentiel des vêpres bénédictines. A chaque fois, l’attention de tous était avivée, et surgissait ensuite une foule de questions sur le déroulement ou le contenu de la célébration.

 

Le second temps a été vécu dans l’est du diocèse de Fribourg, dans la ville de Constance, où nous étions logés dans des familles. Cela a été la découverte d’un autre catholicisme, à la ois baroque et marial, mais aussi plus habitué à l’œcuménisme qu’en France, notamment au niveau des aumôneries de l’université et des célébrations vécues dans les différentes paroisses de la ville. Découverte historique également, dans cette petite ville qui a hébergé le concile de 1414 à 1418. De la fontaine des empereurs avec son paon tricéphale représentant les diverses papautés de l’époque, jusqu’au musée du pré-réformateur et martyr Jean Hus, en passant par l’île monastique de Reichenau, patrimoine mondial de l’UNESCO, évoquant la christianisation de la région par les moines irlandais avant la rupture de communion entre l’Orient et l’Occident, tout nous poussait à prolonger nos discussions œcuméniques.

 

Enfin, le dernier temps a été essentiellement le temps du partage. Quelque peu noyés dans la foule des groupes diocésains ou des ostensibles communautés nouvelles, notre petit groupe œcuménique et international a essayé de témoigner de son vécu des dix jours précédants. Pasteur en robe et rabat, et diaconesse de Reuilly en habit bleu, cette petite visibilité a favorisé de nombreux contacts. Logés avec 500 jeunes dans des gymnases d’une petite ville entre Cologne et Düsseldorf, c’est d’abord auprès d’eux que notre groupe à été une interpellation à vivre sa foi en dépassant les réflexes identitaires, qu’ils soient confessionnels ou ethniques. Gageons que cette interpellation continue à faire son chemin dans le cœur des personnes présentes, que ce soit les jeunes, les prêtres qui les accompagnaient, ou les évêques témoins de notre pari il est vrai un peu fou. Et en ce qui concerne notre groupe, nombreux sont ceux qui sont repartis chez eux en disant qu’ils iraient franchir la porte du temple de leur ville. En France, cela paraîtra sans doute anodin, même si cela ne l’est pas forcément pour certains catholiques de l’ouest parisien, mais cela risque peut-être d’être un événement à Padoue, à Sophia, ou à Brazzaville. Quoi qu’il en soit, la balle nous est maintenant lancée : A vous, protestants, d’organiser vos JMJ… et d’y inviter des catholiques et des orthodoxes !

 

Pierre-Alain Jacot, pasteur à Anduze (Gard).

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