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Viennent de paraître :
Catherine Masson, Les Laïcs dans le Souffle du Concile, Cerf, Paris 2007, 350 pages.
Dans un petit format, mais en 350 pages, voici une somme sur l’histoire de l’Eglise catholique, surtout en France, depuis une bonne cinquantaine d’années. Elle est centrée sur les laïcs, mais comme ils constituent la grande masse de l’Eglise, presque toutes les grandes questions de et sur l’Eglise sont abordées dans ce livre !
Il comporte quatre parties d’égale longueur, sauf la dernière plus longue. La première traite des débats et des textes de Vatican II sur l’Eglise et plus particulièrement sur la place et les rôles des laïcs et des organismes qui les groupent, les forment et les soutiennent dans leur témoignage. Les textes principaux sont « Lumen Gentium » et « Gaudium et Spes »
Puis C.M.revient en arrière dans le temps sur l’enracinement historique de la valorisation des laïcs dans l’Eglise, ancienne e médiévale et surtout durant le pontificat de Pie XII, avec de nombreux congrès et textes sur l’apostolat des laïcs. En fin de parcours la pensée du Père Congar est particulièrement mise en avant.
La troisième partie s’intitule « un catholicisme ébranlé par la crise de civilisation. C’est la mise en œuvre du Concile, difficile non à cause du contenu de ses textes, mais parce qu’elle a lieu dans les années 70 où les remise en questions fondamentales et de grands basculements sociétaux se produisent, avec des répercussions importantes pour l’Eglise. La crise de la très important Action catholique spécialisée y longuement analysée, symptomatique de grandes évolutions.
Dans « Maturation et apaisements » C.M.offre un tableau général très large du catholicisme français des 25 dernières années. Il y est assez longuement traité des communautés nouvelles (charismatiques), de l’animation paroissiale et pastorale, des engagements politiques d’une partie du laïcat et de la vie intellectuelle dans et en marge de l’Eglise
L’ouvrage se termine par quelques pages de perspectives, souhaitant la poursuite de prise de conscience missionnaire et le développement de liberté des laïcs dans l’Eglise, suivies de 6 pages de bibliographie. Dommage qu’il n’y ait as d’index des noms cités !
L’ouvrage est historique et sociologique, mais l’auteur se situe implicitement. Elle le fait de façon très équilibré, entre les crispations traditionnalistes et impatiences progressistes.
Encore quelques remarques en tant que lecteur protestant : Il est dommage de Jacques Ellul soit cité comme intellectuel chrétien important sans que son protestantisme soit indiqué. A ce propos, comme presque toujours chrétien est catholique son souvent synonymes dans l’ouvrage.
M.C. est écrit ailleurs que la communauté des Béatitudes est d’origine protestante. O n peut le dire de son fondateur, mais pas de la communauté elle-même.
Plus fondamentalement, sans la moindre critique vis-à-vis de l’auteur, la lecture de cet ouvrage pose quelques questions au protestantisme français. Son influence est sans doute bien minime pour qu’un ouvrage de cette qualité, qui mentionne plusieurs fois l’œcuménisme, puisse passer complètement à côté des questions de la place et du « pouvoir » des laïcs dans tous les lieux de décision de l’Eglise. Nous nous imaginons avoir une façon d’exercer l’autorité sinon exemplaire du moins interpelante pour les autres Eglises. C’est sans doute bien peu le cas
Olivier Pigeaud.