12 février
Les jeunes préparent l'assemblée
Prendre ses marques
Nous commençons tous les jours avec un temps de prière et une étude biblique, qui nous permettent souvent de voir la diversité des cultures, des contextes et des expériences des participants. Puis nous nous retrouvons dans la salle des réunions où Friday, un jeune africain, finit de nous réveiller en nous faisant chanter de petits gospels. Ensuite, ce matin (dimanche 12), nous avons parlé des moyens qu’ont les jeunes d’influencer le COE. Au fait, saviez-vous que le COE puise son origine dans les mouvements de jeunesse internationaux qui se sont développés au 19e siècle ?
Les jeunes souhaitent vraiment s’impliquer dans le processus de décision du COE, et même dans l’oecuménisme en général. Mais ils ont parfois du mal à trouver de nouvelles propositions, des manières inventives de faire les choses. Le groupe auquel je participais travaillait sur le thème “identité chrétienne et pluralisme religieux” et l’idée principale qui est ressortie, c’est qu’il faut valoriser les dialogues inter-confessionnels et inter-religieux, continuer à les encourager, mais aussi passer à la vitesse supérieure en testant la réalité de certaines affirmations comme l’accueil, le respect et l’hospitalité.
Cet après-midi, nous avons échangé en groupe sur les thèmes des conversations oecuméniques, après que Geneviève Jacques ait souligné leur importance, et la possibilité pour les jeunes de s’exprimer à ce moment-là. Elle nous a invités à “partager nos rêves”.
Dans le groupe sur la place des jeunes dans le mouvement oecuménique, nous nous sommes dit que le COE avait des règles du jeu, mais que nous pouvions proposer une autre manière de jouer. Nous avons aussi parlé de l’importance du lien entre les niveaux locaux, régionaux, nationaux et internationaux, afin que circulent informations et préoccupations, priorités et innovations.
Nous avons fini la journée de travail avec une rencontre avec les autres groupes (femmes, indigènes et personnes handicapées) où nous avons découvert ou approfondi notre connaissance du processus de décision par consensus, qui sera appliqué pour la première fois dans une assemblée générale du COE.
A l’issue de cette journée, j’ai l’impression d’avoir partagé des choses, entendu de bonnes idées mais aucune qui soit “révolutionnaire”. Nous avons commencé à prendre nos marques, mais nous avons plus de questions maintenant que nous n’en avons déjà. Alors qu’allons nous faire maintenant ?
Peut-être trouver une voie médiane entre des rêves faits d’espoirs et les réalités, entre ce que partageait Siméon, rwandais, pour qui le COE “dort toujours” car il n’a pas assez de force pour influencer les Eglises (sur les sujets qui les dérangent), ni d'ailleurs le monde et Lina, suédoise, partageant plus sagement que le mouvement oecuménique international était l’expression de l’Eglise mondiale, dans sa diversité mais aussi sa dimension de communauté unie.
Pour Siméon tant que nous défendrons trop nos intérêts personnels ou contextuels, le thème “Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce” ne sera qu’un voeu pieux. Il nous faut accepter de changer.
Claire Sixt-Gateuille