Retrouvailles et célébrations avant le labeur
Pour le moment tout est consensuel
La 9 ème Assemblée générale du Conseil œcuménique est bien lancée. Cela se passe ici à Porto Alegre, sur le campus de l’université catholique. Ce fut une première journée dense. Je l’ai pour ma part vécue autour de trois temps.
Ce fut d’abord le temps des contacts et des retrouvailles avec les compagnons du mouvement œcuménique venus pour certains d’églises proches et connues et pour d’autres venus d’Eglises moins connues. C’était particulièrement émouvant de retrouver les figures des plus anciens du mouvement œcuménique et notamment celle de Philip Potter qui a participé depuis Amsterdam en 1948, aux 9 assemblées du Conseil œcuménique. Les membres de l’assemblée étaient manifestement saisis et l’ont chaleureusement applaudi.
Le deuxième temps fut celui de l’évaluation du parcours accompli par le mouvement œcuménique depuis la dernière assemblée qui se tenait à Harare, en 1997. Impressionnant tout ce qui s’est passé depuis lors et impressionnant tout ce qui a été accompli par les Eglises du mouvement œcuménique sur des fronts thématiques et géographiques extrêmement divers. Je retiens notamment le combat pour la justice et la paix dans une Afrique déchirée, au Soudan en particulier, la lutte contre le Sida, la décennie pour combattre la violence, le dialogue interreligieux, ou encore la recherche absolue de l’unité de l’Eglise comme condition de sa mission.
Le troisième temps fut celui de la célébration. Le culte d’ouverture fut en effet le moment fort de cette journée. Tout y était judicieusement et droitement construit : les chants, la prière, les gestes, les symboles, les couleurs des différentes cultures, le rappel des contextes régionaux et la diversité des langues. C’est par la bouche de John Doom de Tahiti, un maori, que le français fut porté et c’était franchement superbe ! Sa prière chantée était puissante et belle ! Seule la prédication dans cette célébration était un brin anachronique parce que trop académique et trop austère. Cela n’a pourtant rien ôté à la densité de ce moment même s’il est vrai que l’eucharistie y était impossible. C’était un vrai moment de grâce, cette grâce qui transforme les cœurs et les consciences et dont il est absolument vrai qu’elle peut transformer le monde : « Transforme le monde, Dieu dans ta grâce ».
La 9 ème assemblée est décidément bien lancée. Demain, les choses sérieuses commencent. Tout sera-t-il aussi consensuel ? On verra bien.
Alain Rey
Secrétaire Général de la Cevaa