Processus démocratique laborieux...
Ah la jeunesse !
Les débats vont bon train chez les jeunes présents à l'assemblée. Comment être plus représentés, comment se faire plus entendre ? La question était posée dès la pré-assemblée des jeunes. Avec une préoccupation :
depuis 16 ans, parmi les huit présidents du conseil oecuménique des Eglises, l'un était un ou une jeune. La dernière était une jeune pasteure méthodiste américaine. Mais il est difficile pour les Eglises d'un continent de confier leur représentation à un jeune, et les orthodoxes valorisent souvent plus l'expérience et la sagesse que l'innovation.
Aussi, cette fois-ci, aucun continent n'a prévu de proposer de jeune à la présidence. Fallait-il dans ce cas créer un neuvième président représentant la jeunesse ? La question a divisé les jeunes, qui ont finalement préféré se concentrer sur une présence plus grande des jeunes au comité central (Le comité central se réunit une fois par an et décide des grandes lignes de la vie du COE durant la période de 7 ou 8 ans entre deux assemblées générales, et il comprend 150 membres).
Mais là encore, que de tractations ! Car la plupart des candidats au comité central ont été désigné en amont par leur Eglise, et même parfois par plusieures Eglises (en France, il y a un accord entre les Eglises réformées et luthériennes, de France et d'Alsace-Lorraine pour le ou la candidat(e) au comité central).
Aussi, pour proposer un jeune pour le comité central, faut-il renégocier ces accords, ou trouver des jeunes ayant exactement le bon profil (confessionnel, de nationalité, de sexe, s'il est laïc ou ordonné...) et en plus, il faut que le candidat désigné précédemment soit d'accord pour céder sa place... Bref, c'est un noeud inextricable.
Ces questions de représentation nous ont pris une énergie folle. Et j'ai bien peur qu'elles nous éloignent du but, qui est pour moi d'avoir, en tant que jeune, une parole forte sur les sujets actuels qui nous touchent, et d'apporter notre contribution à l'oecuménisme international, et non d'atteindre le quota de 25% de jeunes coûte que coûte.
Il nous reste trois jours pour être encore plus présents dans les débats, faire souffler un vent de nouveauté sur les décisions prises et faire vraiment de cette assemblée une assemblée jeune.
Claire Sixt-Gateuille