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17-12-10 17:11 Il y a: 4 yrs

Le pasteur Noko dénonce la situation politique en Côte d'Ivoire

L'ancien secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale juge la situation politique intolérable pour les Ivoiriens.

Le président d'une organisation interreligieuse africaine de promotion de la paix a appelé les responsables religieux à dénoncer la situation ayant découlé de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, pays où deux politiciens ont été investis à la tête de l'Etat.

Le pasteur Ishmael Noko, ancien secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale, a déclaré le 9 décembre qu'on oblige le peuple ivoirien à accepter une situation politique intolérable, car le président en exercice Laurent Gbagbo continue de s'accrocher au pouvoir malgré son échec face au candidat de l'opposition, Alassane Ouattara.

"Aujourd'hui, le peuple ivoirien se retrouve contraint d'accepter un environnement politique inacceptable avec un pays et deux présidents", a déploré le pasteur Noko, président de l'Action interreligieuse pour la paix en Afrique, dans une lettre mise à la disposition du correspondant d'ENInews. "La volonté démocratique des habitants de la Côte d'Ivoire est claire … Aucun critère politique ne saurait donc justifier les efforts visant à manipuler leur volonté exprimée."

"Nous devons être vigilants face aux événements politiques en Afrique, surtout lorsque les personnes qui détiennent le pouvoir décident de faire fi de la volonté de changement politique exprimée démocratiquement par le peuple", a déclaré le pasteur Noko, originaire du Zimbabwe, pays dont le président, Robert Mugabe, a refusé d'accepter sa défaite aux élections.

"Il semblerait que l'Afrique connaisse une nouvelle tendance: on perd une élection, on refuse de reconnaître sa défaite, on s'accroche au pouvoir et on attend un accord négocié de partage du pouvoir. Le continent a déjà connu au moins un cas de ce type. Appelons à mettre fin à ces tendances politiques et morales", a affirmé le pasteur Noko.

Il a demandé aux autres responsables religieux de son organisation de "trouver des manières et des canaux pour exprimer de façon responsable [leur] consternation vis-à-vis de la situation politique en Côte d'Ivoire."

Le 2 décembre, la Commission électorale indépendante de Côte d'Ivoire (CEI) a déclaré Alassane Ouattara vainqueur du second tour de l'élection du 28 novembre par 54,1% des voix, contre 45,9% pour Laurent Gbagbo. Toutefois, le Conseil constitutionnel, qui est aux mains d'un allié de Laurent Gbagbo, a rejeté les résultats prononcé par la CEI, affirmant que le scrutin avait été entaché de fraudes dans les régions du nord et que le président Gbagbo était vainqueur par 51% des voix.

Selon le Conseil de sécurité des Nations Unies, c'est Alassane Ouattara qui a remporté l'élection, mais Laurent Gbagbo, qui bénéficie du soutien de l'armée, défie les appels de la communauté internationale qui l'invitent à quitter le pouvoir. Avec la montée des tensions et la raréfaction des biens de consommation courante, l'Union africaine a pris la décision le 9 décembre de suspendre le pays tant que Laurent Gbagbo n'aurait pas remis les rênes du pays à Alassane Ouattara.

En 2007, la contestation du résultat de l'élection présidentielle avait plongé le Kenya dans le chaos, entraînant la mort de 1300 personnes. Le pays étant arrivé au bord de l'anarchie, le président en exercice Mwai Kibaki et son opposant Raila Odinga, aujourd'hui Premier ministre, s'étaient résolus à conclure un accord de partage du pouvoir dans le cadre d'un gouvernement de coalition.

Nairobi, le 14 décembre (ENI\Fredrick Nzwili)
© ENI (NOUVELLES OECUMENIQUES INTERNATIONALES)