Fiche

Titre : J'ai perdu mon corps
Edition : France, 2019, 1h21
Réalisation : Jérémy Clapin. Scénario et adaptation : Jérémy Clapin et  Guillaume Laurant (d’après son roman Happy Hand).  Directeur animation : David Nasser. Décors : Fussy Teyssier, Jeoffrey Magellan. Design son : Manuel Drouglazet. Montage son : Anne-Sophie Coste. Montage : Benjamin Massoubre. Musique : Dan Levy. Studios anim. : Xilam Animation, Gao Shan Pictures. Producteur : Marc du Pontavice.  Distribution France : Rezo Films.

Interprétation :

Animation

Auteur

Jérémy Clapin, né en 1974 à Paris, diplômé de l’Ecole supérieure des arts décoratifs (ENSAD) est un réalisateur de films d’animation : des courts métrages remarqués, Une histoire vertébrale (2005), Skhizein (2008) et Palmipedarium (2012), puis ce premier long, J’ai perdu mon corps ( Grand Prix de la Semaine de la critique à Cannes, le Cristal du long métrage à Annecy et le prix du public et de la critique au Colcoa French Film Festival de Los Angeles).

Résumé

J’ai perdu mon corps mêle l’émancipation d’une main coupée qui veut à tout prix retrouver son corps, dans le Paris des années 1990, et le parcours difficile, vers son destin, de Naoufel, un jeune livreur de pizzas d’origine marocaine, passablement déboussolé.

Analyse

Plein de poésie et très original, ce récit fantastique s’appuie sur un scénario complexe qui alterne les époques, avec des flash-back parfois à peine signalés, et qui se déroule dans toutes sortes de lieux, jouant avec les ambiances nocturnes, la vie moderne, urbaine, le monde caché des animaux, la solitude des humains. Comme le titre l’indique, c’est la main qui recherche le corps perdu et non l’inverse. Mais le parcours de la main et celui de Naoufel vont se rejoindre peu après la rencontre de ce dernier avec Gabrielle, une jeune cliente du pizzaiolo. Dans des décors urbains très réalistes, la main se déplace avec détermination, sans se faire remarquer. On la voit redonner sa sucette à un bébé qui pleure, manquer de se faire dévorer par des rats dans le métro ou encore se loger dans une boîte de conserve telle un Bernard-l’hermite, avant de dévaler les escaliers. Elle pianote sur un clavier, s’active dangereusement sur un établi de menuisier. Tous les sens sont sollicités, l’amour naît par l’intermédiaire d’un interphone et la musique du compositeur Dan Levy, ample et variée, mélange les accents classiques d’un orgue ou d’un violon à des déclamations de rap. Certaines images sont de véritables tableaux de Hopper, évoquant froideur et solitude. La tonalité général du film est à la mélancolie et une mouche, accompagnant les épisodes importants de la vie du héros, rappelle la force du destin et du temps qui a passé, qui passe.
Françoise Wilkowski Dehove