Fiche

Titre : L’adieu
Edition : Etats-Unis, 2019, 1h38
Réalisation : et scénario : Lulu Wang. Musique : Alex Weston. Photographie : Anna Franquesa Solano. Montage : Matt Friedmann et Michael Taylor. Distribution en France : SND.

Interprétation :

Awkwafina (Billi Wang), Zhao Shuzhen (Nai Nai), Lu Hong (Little Nai Nai), Diana Lin et Tzi Ma (parents de Billi).

Auteur

Lulu Wang est une réalisatrice, scénariste et productrice sino-américaine résidant à Miami. Elle est née en 1983 à Beijing où elle vit quelques années. Elle passe un an chez sa grand-mère à Changchun avant d’immigrer à l’âge de 6 ans à Miami avec ses parents. Elle y étudie les arts et dès 2008, réalise différentes vidéos sur le web. En 2014, elle présente dans différents festivals son premier long-métrage Posthumous. L’adieu est son deuxième long-métrage.

Résumé

Lulu Wang (incarnée ici par Billi) nous raconte un épisode de sa propre vie, un mensonge vrai qu’elle a dû se résoudre à faire à sa grand-mère bien-aimée Nai Nai. Toute la famille se met d’accord pour cacher à Nai Nai qu’elle est atteinte d’un cancer incurable et se réunit une dernière fois autour de l’aïeule en organisant à Changchun le mariage de son petit-fils japonais. Le film nous fait vivre cette réunion de famille et explore les délicats équilibres entre ses membres japonais, américains et chinois.

Analyse

Entre comédie dramatique et mélodrame, ce film plein de délicatesse et de pudeur soulève des questions très intéressantes sur les attitudes possibles face à la maladie et à la mort, sur l’utilité du mensonge, sur les déchirures et les renoncements que crée l’émigration dans les familles et sur la vie de ces nombreuses personnes qui ont aujourd’hui une double culture. Lulu Wang filme avec simplicité et sincérité, sans excès de pathos, la vie quotidienne de cette famille. Nai Nai, ravie de cette réunion, prend un grand plaisir à mener tout son petit monde à la baguette pour organiser un mariage dans la tradition chinoise tandis que sa petite fille Billi, qui vit aux USA, peine à concilier ses racines chinoises, marquées par l’esprit collectif, et ses valeurs américaines, pétries d’individualisme. Billi aurait voulu tout dire de sa maladie à Nai Nai avant d’accepter, non sans mal, la décision familiale.
Si le rythme de la narration est parfois un peu languissant, ce film est plein de charme et servi par une très bonne interprétation : les nombreux acteurs forment une famille en laquelle on croit, Zhao Shuzhen est une grand-mère pleine d’entrain et de joie, peut-être pas dupe de la comédie qu’on lui joue, et Awkwafina a obtenu le Golden globe de la meilleure actrice pour le rôle de Billi.
Dominique Besnard