Fiche

Titre : Les siffleurs
Edition : Roumanie, France, Allemagne, 2019, 1h38
Réalisation : et scénario : Corneliu Porumboiu. Direction artistique : Arantxa Etcheverria Porumboiu. Photographie : Tudor Mircea. Montage : Roxana Szel.

Interprétation :

Vlad Ivanov (Cristi), Catrinel Marlon (Gilda), Rodica Lazar (Magda), Sabin Tambrea (Szolt).

Auteur

Corneliu Porumboiu, né en 1975 à Vaslui (Roumanie), est réalisateur, scénariste et producteur roumain. Il étudie à l’Université de Théâtre et de Cinéma de Bucarest. Son premier long métrage 12h08 à l’est de Bucarest a reçu la Caméra d’Or à Cannes en 2006 et son septième film, Les siffleurs, en compétition officielle à Cannes en 2019, est un film noir.

Résumé

Cristi, inspecteur de police corrompu par des narcotrafiquants est soupçonné par ses supérieurs et surveillé par ses collègues. Embarqué par la sulfureuse Gilda sur l’île de la Gomera, aux Canaries, il doit apprendre le Silbo, la langue sifflée de l’île pour faciliter l’évasion d’un mafieux dans l’espoir de récupérer des millions cachés. Mais la police et l’amour vont s’en mêler….

Analyse

Corneliu Porumboiu nous livre un polar très original, inventif et réjouissant. Bien sûr, il respecte les conventions du genre mais il les contourne de toutes les façons. Il y a dans ce film très riche du suspense, de la comédie, de l’humour noir, des références musicales et cinématographiques parfaitement intégrées à l’histoire.
Respecter les codes n’empêche pas l’auteur de dénoncer les turpitudes de la société roumaine : tous ses personnages qu’ils soient policiers ou mafieux, servent leurs intérêts et eux seuls et ne reculent devant rien pour imposer leur point de vue aux autres : double jeu, manipulations, mensonges, corruption, meurtres. Il dénonce aussi nos sociétés de plus en plus contrôlées où tout le monde doit jouer un rôle avec de réjouissantes scènes où les surveillés manipulent leurs surveillants en parlant le Silbo que seuls leurs complices comprennent ou en jouant la comédie devant les caméras de surveillance.
Ce film est brillant par sa construction en chapitres colorés, consacrés chacun à un personnage, par son utilisation des sons et de la musique, d’Iggy Pop aux airs d’opéra, par ses références cinématographiques, de Rita Hayworth à Psychose.
Et si on ne suit pas forcément tous les détails d’une intrigue pleine de rebondissements, on passe un très bon moment devant ce divertissement de haute volée.
Dominique Besnard