Fiche

Titre : Confident royal
Edition : Grande Bretagne, 2017, 1h52
Réalisation : Stephen Frears - Scénario : Lee Hall - Montage : Melanie Oliver - Photo : Danny Cohen –Musique: Thomas Nexman – Décors : Alan MacDonald – Distribution : Universal Pictures France

Interprétation :

Judi Dench (la Reine Victoria), Ali Fazal (Abdul Karim), Eddie Izzard (Prince de Galles), Adul Aktan (Mohammed), Paul Higgins (Dr. Reid), F. Woolgan (Mme Philipps)

Auteur

Né en 1941, le réalisateur britannique est passé du théâtre au cinéma, mais après une phase prolifique à la télévision (quarante films dramatiques). Sa filmographie témoigne d’une grande palette allant du thriller à la comédie satirique, en passant par des œuvres « sociales » très critiques à l’égard de son pays. Signalons quelques films majeurs : My beautiful laundrette (1985), Sammy et Rose s’envoient en l’air (1987), Les liaisons dangereuses (1996), The HI-Lo country (1996), The Queen (2006), Philomena (2013).

Résumé

L’extraordinaire histoire vraie d’une amitié inattendue, à la fin du long règne de la Reine Victoria. Un jeune employé de l’organisation coloniale anglaise aux Indes se voit désigné pour participer au Jubilé de diamant de la Reine. Celle-ci s’intéresse de très près au bel homme distingué et exotique, qui l’aide à retrouver sa joie et son humanité, malgré les pesanteurs et les arrière-pensées de son entourage.

Analyse

So british ! Pour dire cela, Il faut aimer les fastes surannés de la cour d’Angleterre, reconstitués ici avec beaucoup de soin, et l’humour des situations où la Reine se bat contre les préjugés et l’incompréhension de sa « cour ». Stephen Frears a l’œil acéré et le sens du dialogue, le casting du film est épatant. Judi Dench, toujours belle femme sur le retour, campe une reine touchante dans son désir de bonheur et de communication. Comme elle avait fait dans Mrs Anderson présente et Philomena, les personnages féminins qu’elle a incarnés emportent l’adhésion. Le réalisateur nous avait déjà épaté avec le portrait (mais en plus dramatique) de la Reine Elisabeth II, interprétée par une autre immense artiste anglaise, Helen Mirren. Malgré parfois une ironie mordante, et qui fait mouche, le style du cinéaste exprime un sens de l’humain, et une compréhension réelle des contradictions des êtres. En bref, une manière éprouvée de communiquer la densité des personnes. Abdul, le confident de la reine, apparaît avec sa fraîcheur et sa naïveté tout orientales. C’est ce qui plaît à Victoria, qui, grâce à lui, va développer sa verve et sa capacité émotionnelle, sans toutefois perdre sa lucidité. Ainsi elle découvre les silences (il a caché qu’il est marié) et les à peu près (son métier à Delhi d’intendant de prison). La férocité grandissante des hommes et des femmes de Buckingham ira jusqu’à la menace d’une destitution, que la Reine balaye dans un magnifique discours aux allures de plaidoyer ! L’essentiel est pour elle de conserver à Abdul son statut de confident et d’ami, qu’elle ne remettra pas en cause malgré ses déceptions et la pression incroyable de la cour (dont son Prince de Galles de fils, qui deviendra Edouard VII, après une longue attente !). Evidemment la mort de la reine provoquera la chute d’Abdul mais dans la dignité et un attachement indéfectible. Une belle histoire.
Alain Le Goanvic