Fiche

Titre : Demain et tous les autres jours
Edition : France, 2017, 1 h 31
Réalisation : Noémie Lvovsky – scénario : Noémie Lvovsky et Florence Seyvos – directeur de la photographie : Jean-Marc Fabre - montage : Annette Dutertre et Anne Weil - superviseur musical : Hubert Cornet - décor: Yves Fournier et Brigitte Brassard - distribution : Gaumont distribution

Interprétation :

Luce Rodriguez (Mathilde, la fille), Noémie Lvovsky (Madame Sazinger, la mère), Mathieu Amalric (le père), Micha Lescot (la voix de la chouette), Anaïs Demoustier (Mathilde adulte), India Hair (la psychologue scolaire

Auteur

Noémie Lvovsky, née en 1964, est une réalisatrice, scénariste et actrice française. Après des études de lettres, elle intègre la FEMIS puis réalise sept longs métrages dont La vie ne me fait pas peur (1999) et Camille redouble (2012). Comme comédienne, elle joue, dans certains de ses films et sous la direction de réalisateurs français, des rôles pour lesquels elle a été souvent nommée aux Césars.

Résumé

Mathilde, 9 ans, vit seule avec sa mère, une femme fragile, au comportement fantasque, à la limite de la folie. Autonome et responsable, la fillette protège celle à qui la lie une relation forte et fusionnelle. Un jour, sa mère lui offre une chouette extraordinaire …

Analyse

Voici une histoire filmée avec justesse et authenticité, à hauteur des yeux d’un enfant, sans les mièvreries qu’on pourrait craindre dans un tel projet.
Si on ne dérape jamais dans le tire-larmes, c’est d’abord en raison de la grâce et de la pudeur du scenario : on n’en attendait pas moins de Noémie Lvovsky et de sa complice, Florence Seyvos, auteur du merveilleux Pochée, livre pour la jeunesse, et du délicat Garçon incassable (2013).
C’est aussi parce que les personnages sont complexes et changeants. Dès la première scène, sous la fragilité évidente de la mère, on perçoit le charme puissant de sa fantaisie et de son originalité. Comme mère, elle est défaillante, mais essentielle, et aimante. Et sous l’apparente solidité de la petite Mathilde, son courage et sa détermination, on perçoit sa peur, sa solitude, son angoisse.
Les acteurs sont tous formidables : Mathieu Amalric, particulièrement sobre, Noémie Lvovsky qui campe ce personnage paumé et touchant avec une remarquable subtilité et surtout, la petite Luce Rodriguez qui, contrairement à tant d’enfants acteurs, ne surjoue jamais et  se montre droite, dense, solaire, d’autant plus expressive qu’elle est retenue.
L’enfance en danger, la folie et l’inversion des rôles dans cette relation mère-fille où circule, jusque dans les dernières scènes du film, une énorme tendresse, sont les thèmes majeurs du film. C’est sans doute ce qui lui donne cette allure flottante, constamment au bord du précipice.
Mais il faut ajouter la force de l’atmosphère onirique qu’apportent la chouette, les errances dans la forêt, les images de noyées et l’épisode de l’enterrement (sacrée Mathilde qui non contente de prendre en charge sa mère, se préoccupe du repos de l’âme du squelette de son école !).
A la fois ancré dans un réel glauque et dans un univers fantasmé où la parole est magique, où les chouettes parlent et vous sauvent la vie, le film réussit à se tenir en équilibre et à convaincre, en fin de compte.
Nic Diament