Fiche

Titre : Enquête au paradis
Edition : Algérie/France , 2016, 2h15
Réalisation : Merzak Allouache – Scénario : Bahia Allouache -   Son : Amine Teggar –  Image : Hocine Adj Ali – Montage : Bahia Allouache – Musique originale : Yahia Bouchaala - Distribution : Les Asphofilms  

Interprétation :

Film documentaire - Prix du jury œcuménique à la Berlinade 2017. Avec Salima Abadia, Younès Sabeur Cherif

Auteur

Né à Alger en 1944, Merzak Allouache commence ses études de cinéma dès 1964 à l'INC d'Alger après l'indépendance. après quoi il les complète à l'IDHEC de Paris. Il travaille d'abord pour l'Office des Actualités Algériennes puis pour le CNC, avant de rejoindre l'ONCIC en qualité de réalisateur en 1975. Il acquiert une renommée internationale avec son premier film Omar Gatlato. Il enchaîne ensuite les longs métrages aussi bien pour la télévision que pour le cinéma, et dans des genres très différents,  dont Salut Cousin (1996), Harragas  (2009), Le repenti (2012), Les terrasses (2013). Madame Courage (2015).

Résumé

Nedjma, jeune journaliste d’investigation dans un quotidien mène une enquête sur le paradis, mais pas n’importe quel paradis. Sa recherche se concentre sur le paradis que présentent, pour les besoins de leur propagande extrémiste et leurs appels au djihad, des prédicateurs salafistes du Maghreb et du Moyen Orient à travers des vidéos qui circulent sur internet. Mustapha, son collègue, l’assiste et l’accompagne dans cette enquête qui la conduira à sillonner l’Algérie.

Analyse

Ce film est très fort dans ce qu’il révèle de naïveté chez certains jeunes gens qui semblent adhérer à ces discours sur les 72 houris promises aux hommes dans le paradis, et à une morale simpliste qui conduit toujours au mépris des femmes et à leur déconsidération. Heureusement et par contraste la plupart des adultes cultivés et éduqués qui sont interrogés sont beaucoup plus dans la critique de ces discours et en font une analyse politique très pertinente que ce soit Maïssa Bey, Kamel Daoud, Boualem Sansal et d’autres encore, y compris deux chefs religieux interrogés dans le sud algérien. On réalise à quel point la diffusion par internet de ces vidéos venant la plupart d’Arabie Saoudite est un poison pour une jeunesse insuffisamment éduquée à la rationalité et au sens critique. L’arabisation forcée après l’indépendance a privé la jeunesse algérienne des outils d’analyse qu’elle aurait pu trouver dans des textes français entre autres…. Ce film, malgré sa longueur, devrait être montré dans les collèges et lycées français.
La conclusion en forme de plaisanterie allège un peu le propos: on a une nouvelle traduction de la sourate aux 72 vierges : ce sera une seule vierge de ….72 ans. Vive l’humour !
Maguy Chailley