Fiche

Titre : Marie-Madeleine
Edition : Australie/Royaume-Uni, 2017, 2h
Réalisation : Garth Davis - Scénario : Philippe Goslett - Montage : Alexandre de Franceschi, Mélanie Olivier - Photo : Greig Fraser – Décors : Fiona Comble – Costumes : Jacqueline Durran – Son : Robert Mackenzie – Musique : H. Guonadottir, J. Johannson - Distribution : Universal Pictures Int.

Interprétation :

Rooney Mara (Marie Madeleine), Joaquim Phoenix (Jésus), Chiwetel Ejiofor (Pierre), Tahar Rahim (Judas), Ariane Labed (Rachel), Tcheky Karyo (Elisha)

Auteur

Réalisateur australien pour la télévision. A tourné en collaboration avec Jane Campion, 4 épisodes de Top of the lake (2013). Son premier film est Lion réalisé en 2017, qui a reçu l’Oscar (British Academy) du meilleur film et quatre nominations.

Résumé

Marie Madeleine est un portrait de l’un des personnages religieux les plus énigmatiques et incompris de l’histoire. Biopic biblique il raconte l’histoire de Marie, une jeune femme en quête d’un nouveau chemin de vie. Soumise aux mœurs de l’époque, Marie défie les traditions de sa famille pour rejoindre un mouvement social mené par le charismatique Jésus de Nazareth. Elle trouve  sa place rapidement au cœur d’un voyage qui va les conduire à Jérusalem. 

Analyse

Le personnage de Marie Madeleine a fait l’objet de quelques films comme Mary d’Abel Ferrara (une comédienne, Juliette Binoche, interprète Marie-Madeleine et découvre la grâce) ; dans La dernière tentation du Christ, c’est Barbara Hershey qui la personnifie en prostituée amoureuse du Christ… Dans le film du jeune réalisateur australien, le propos est tout-à-fait différent. Il s’agit d’illustrer la Marie-Madeleine réhabilitée par le Vatican, en 2016, après des siècles de rejet et de suspicion (misogynie ?). Le pape François l’a déclarée « Apôtre des Apôtres ». Que dire de ce récit très libre de la vie supposée de Marie de Magdala, tourné dans de beaux paysages arides, avec des personnages aux habits antiques ? Eh bien, il s’en dégage un certain charme, grâce aux mouvements amples et parfois hésitants de la caméra, accompagnés, en mineur la plupart du temps, par une belle musique. On assiste à l’émancipation de Marie qui s’arrache du milieu familial grâce  à son attirance pour cet homme mystérieux qui se dit Fils de Dieu, et qui l’exorcisera (Joaquim Phoenix à contre-emploi). Accompagnatrice très attentive de Jésus, elle ira jusqu’au bout du chemin, jusqu’à la rencontre du Ressuscité près du tombeau vide. Et c’est elle qui  réagira à l’incompréhension de Pierre et de Matthieu ; en leur annonçant l’arrivée du Royaume de Dieu, non pas à l’extérieur (au plan social et politique) mais à l’intérieur des cœurs ! On relèvera bien sûr des inexactitudes par-rapport aux récits évangéliques. Le Christ est dépeint comme un homme au bout de ses forces après ses actions miraculeuses (la mort et la résurrection de Lazare, la marche épuisante des Rameaux, la guérison de la femme aveugle). Il y a quelque chose de stimulant dans le regard porté  sur un événement qui est à la base de notre Foi. Cette vision, semble-t-il inspirée de l’Evangile apocryphe de Marie-Madeleine, n’a pas suscité un grand film. On sent l’influence du courant féministe très actuel. Une interprétation très personnelle avec quelques séquences émouvantes, qui laisse toutefois perplexe. 
Alain Le Goanvic