Fiche

Titre : L'île aux chiens
Edition : USA, 2018, 1h41
Réalisation : et scénario : Wes Anderson. Musique : Alexandre Desplat. Photographie : Tristan Oliver. Montage : Andrew Weisblum. Directeur de l’animation : Mark Waring. Distribution France : Twentieth Century Fox.

Interprétation :

en version française avec les voix de Vincent Lindon, Yvan Attal, Romain Duris, Mathieu Amalric.

Auteur

Wes Anderson est né en 1969 à Huston (Etats-Unis). Il est licencié en philosophie de l’Université du Texas. Il réalise son premier film Rushmore en 1998. Suivront La vie aquatique (2001), A bord du Darjeeling limited (2005), Fantastic Mr. Fox (film d’animation, 2010), The Grand Budapest Hotel (2014), L’île aux chiens qui a obtenu l’Ours d’argent au festival de Berlin 2018.

Résumé

Le maire de la ville japonaise de Megasaka a décidé la mise en quarantaine de tous les chiens sur une île pour éviter la propagation d’une grippe canine.

Analyse

L’île aux chiens est le deuxième film d’animation de Wes Anderson. Sa technique consiste à photographier, image par image, des figurines façonnées à la main dans des décors en modèle réduit. Le réalisateur nous transporte dans un Japon futuriste. L’île où sont déportés les chiens est une véritable décharge où ils se retrouvent à l’état sauvage et se déchirent le moindre déchet comestible. Le neveu du maire, Atari, un gamin de 12 ans, atterrit sur l’île pour recherche son chien Spot, l’un des premiers déportés. Prenant la tête d’une bande de canidés, il part à sa recherche. Pendant ce temps, le maire (‘le méchant’) transforme la fuite de son neveu en enlèvement monté par une ligue de défense des droits des chiens. A cela s’ajoute une sombre histoire de complot nationaliste ayant conduit à l’assassinat de l’inventeur d’un vaccin capable de guérir de la grippe canine. La contestation est menée par la jeunesse : Atari sur l’île et Tracy, une jeune étudiante américaine convertie à la cause canine, en ville. Tous deux ont la même rogne contre le vieux monde représenté par le maire manipulateur et à tendance dictatoriale. Sans se départir d’un certain humour, le ton du film s’assombrit au fur et à mesure qu’il se déroule. Il joue sur une gamme de noirs, de rouges et de gris. Sans compter les montagnes de gravats, d’ordures et de rats qui sont le sort de cette île quasi putréfiée. Le film de Wes Anderson fait référence au grand maître japonais Akira Kurosawa car sa décharge rappelle celle du bidonville de Dodes’ka-den et le thème musical est emprunté aux Sept samouraïs. L’allégorie vise clairement le monde d’aujourd’hui et la manière dont certains de ses dirigeants manipulent les foules en jouant sur leurs peurs (du changement, de l’étranger …), dans le seul but de servir leurs propres objectifs.
Jean Wilkowski