Fiche

Titre : Diamantino
Edition : Portugal, France, Brésil, 2018, 1h32
Réalisation : scénario et montage : Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt. Musique : Ulysse Klotz. Distribution France : UFO Distribution

Interprétation :

Carloto Cotta (Diamantino), Cleo Tavares (Aisha), Margarita Moriera (Natasha), Anabela Moriera (Sonia), Carla Maciel (docteur Lamborghini).

Auteur

Gabriel Abrantes, portugais, et Daniel Schmidt, américain, sont tous deux nés aux USA en 1984. Ils ont réalisé chacun de leur côté quelques courts métrages qui ont été présentés dans les festivals de Venise, Berlin, Toronto. Diamantino a obtenu le Grand prix de La semaine de la critique à Cannes 2018.

Résumé

Diamantino est l’idole mondiale du football. Quand il joue, il imagine qu’il y a sur le terrain plein de petits chiens poilus et roses. Après un penalty raté lors de la finale de la coupe du monde avec son équipe du Portugal, il est déchu et doit affronter le monde cruel.

Analyse

Diamantino est un film loufoque. Il appartient à la grande famille des Marx Brothers,  Black Edwards et autres Monty Pythons. Le personnage principal, comme tombé de la lune, qui utilise seulement 10% de son cerveau et qui ne connaît rien de la vie, va être confronté à tous les travers de notre société. D’abord la fraude fiscale et les paradis fiscaux avec ses deux sœurs qui le martyrisent comme le faisaient les deux sœurs de Blanche Neige et qui confisquent sa fortune. Ensuite, les modifications génétiques avec un médecin  fou en fauteuil roulant, réplique femelle du docteur Folamour, qui veut créer onze clones du footballeur génial pour faire une équipe du Portugal invincible afin de satisfaire le peuple. La politique s’en mêle encore avec un Front National portugais décidé à faire de Diamantino son porte-drapeau pour obtenir la sortie de l’Europe ainsi que l’édification d’un mur autour du Portugal. Le problème des réfugiés est également abordé car le héros, après avoir sauvé des boat people à la dérive décide d’adopter un petit réfugié … qui va lui être trouvé par un couple de femmes-espionnes-gay dont l’une se déguise en une nonne improbable ayant soit disant recueilli un petit réfugié, lequel n’est autre que sa compagne cap-verdienne. Alors que tous ces thèmes sont graves et souvent, hélas, trop d’actualité, grâce au visage ahuri et bon enfant du personnage principal et à la malice des réalisateurs, tout est tourné en dérision et nous nous amusons beaucoup des tribulations du héros. Bien entendu, tout se terminera bien comme dans un beau conte pour enfant mais il n’empêche que les problèmes de notre temps sont traités ici avec lucidité.
Jean Wilkowski