Fiche

Titre : Pupille
Edition : France, 2018, 1h47
Réalisation : et scénario : Jeanne Herry. Musique : Pascal Sangla. Montage : Francis Vesin. Photographie : Sofian El Fani. Distribution France : Studio Canal

Interprétation :

Gilles Lellouche (Jean), Sandrine Kiberlain (Karine), Elodie Bouchez (Alice), Miou-Miou (Irène)

Auteur

Jeanne Herry est née en 1978, fille de Miou-Miou et de Julien Clerc. Après des études de théâtre, elle joue au cinéma dans Milou en mai (Louis Malle 1990) et Gabrielle (Patrice Chéreau, 2005). Son premier long métrage, Elle l’adore, sort en 2014.

Résumé

Le petit Théo est né sous X. Dès sa naissance un processus d’adoption se met en marche, depuis les assistantes sociales jusqu’à l’assistant maternel qui va l’héberger pendant qu’on lui cherche une mère adoptive.

Analyse

L’adoption en France relève souvent du parcours du combattant et ce film s’en fait l’écho d’une façon très convaincante. Entre le service de l’aide sociale à l’enfance et les services de l’adoption, une demi-douzaine de fonctionnaires vont se mettre en mouvement pour assurer un avenir au jeune Théo. Cette partie documentaire est très bien faite et nous apprenons beaucoup sur ce protocole administratif méconnu. Heureusement Pupille va très au-delà d’un documentaire et Jeanne Herry insiste sur le dévouement d’hommes et de femmes profondément investis dans leur métier, même quand ils doutent. Elle passe de l’un à l’autre des protagonistes, du présent au passé, avec une grande fluidité, pour bien nous montrer la complexité du processus, par exemple celui de l’agrément à l’adoption qui s’étale sur six ans 6 années. La caméra capte avec subtilité certaines émotions, comme lorsque la mère adoptive n’arrive pas à croire que sa demande va être, enfin, satisfaite. Tous ces personnels sociaux prennent leur métier très à cœur et certains trouveront que le côté « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » est un peu énervant. Mais ce n’est pas le cas grâce aux acteurs qui sont excellents. En particulier, Gilles Lellouche dans son rôle à contre emploi d’assistant maternel. C’est lui qui fait la cuisine, la lessive, donne le biberon, etc., et il est très bon ! Sandrine Kiberlain est toujours aussi bonne professionnelle et on revoit Elodie Bouchez avec plaisir dans le rôle d’Alice, la femme en attente de maternité. Le traitement pudique et émouvant de cette question si grave de l’adoption fait de Pupille un film infiniment attachant.
Jean Wilkowski