Fiche

Titre : Noureev
Edition : Royaume-Uni, 2019, 2h07
Réalisation : Ralph Fiennes – Scénario : David Hare, d’après le livre de Julie Kavanagh Montage : Barney Pilling - Images : Mike Elley – Musique : Ilian Eshkeri - Décors : Anne Seibel -Distribution : Rezo Films

Interprétation :

Oleg Ivenko (Noureev), Adèle Exarchopoulos (Claire Saint), Raphaël Personnaz (Pierre Lacotte), Ralf Fiennes (Alexander Pushkin), Louis Hofmann (Teja Kremke)

Auteur

Né en 1962 au Royaume-Uni. Très connu comme acteur de renommée internationale (Le patient anglais, The constant Gardener, La liste de Schindler..), il se lance dans la réalisation en 2012 avec Ennemis jurés, et en 2013, The invisible Woman Noureev est son troisième long métrage, bénéficiant d’un brillant casting international.

Résumé

En juin 1961, à l’issue d’une tournée à Paris, Rudolf Noureev, célèbre danseur russe du Ballet Kirov, passe à l’Ouest, au nez et à la barbe du KGB, à l’aéroport français du Bourget. Le réalisateur ne se contente pas de filmer cet événement spectaculaire, il évoque l’enfance et la jeunesse très pauvre de « Rudi » Noureev, avec sa mère et ses sœurs dans la Russie soviétique d’après guerre.

Analyse

Le film est intéressant, car il permet une approche intimiste et psychologique d’un génie de la danse, pur produit de la formation des danseurs de ballet dans la tradition russe, évidemment récupérée par le pouvoir soviétique. L’acteur principal est lui même danseur, ce qui a facilité le tournage et rendu réalistes certaines scènes de répétition et de représentations. Par ailleurs, si on aime la danse classique du XXème siècle, on apprend que l’apport de Noureev est de développer une technique « féminine » dans les mouvements, rompant ainsi avec le conservatisme limitant l’expression des danseurs hommes. Le film est un bain de musique classique et de mouvements harmonieux des corps, au prix de souffrances physiques des danseurs. L’arrivée du jeune Noureev à Paris et son admiration pour les tableaux du Louvre et les monuments qui retracent l’histoire de la capitale sont assez justes, et évoquent l’intensité de la découverte et de la séduction exercée sur le jeune danseur à peine formé, encore hanté et habité par les souvenirs de son enfance difficile dans la pauvreté et le déclassement social. Le passage fréquent du présent parisien au passé russe se fait souvent par des raccords sonores et des regards. Le garçonnet qui joue le rôle de Rudi jeune a une ressemblance étonnante avec l’acteur adulte. La séquence mouvementée de la fuite de Noureev au Commissariat du Bourget, poursuivi par les membres du KGB, me paraît réussie. La tentative de l’officier russe de convaincre Noureev de le suivre en URSS pour qu’il retrouve sa famille ne le fait pas changer d’avis : entre sa mère et la liberté, il choisit la Liberté !
Alain Le Goanvic