Fiche

Titre : Yesterday
Edition : Royaume-Uni , 2019, 1H57
Réalisation : Danny Boyle – Scénario : Richard Curtis, d’après une histoire de Jack Barth - Montage : Jon Hans -  Images : Christopher Ross – Musique : Daniel Pemberton -  Distribution : Universal Pictures

Interprétation :

Himesh Patel (Jack Malik), Ellie Appleton (Lily James), Joel Fry (Rocky), Kate McKinnon (Debra Hammer), Ed Sheeran (lui-même)

Auteur

Né en 1956 à Manchester, à la fois producteur et réalisateur. Il s’est illustré par quelques films qui ont connu un réel succès auprès du public international : Petits meurtres entre amis (1994), Trainspotting (1996), Slumdog Millionaire (2008 – qui lui a valu l’Oscar du meilleur réalisateur), Steve Jobs (2015)

Résumé

« Hier tout le monde connaissait les Beatles. Aujourd’hui lui seul Jack Malick se souvient de leurs chansons… ».Voilà l’argument de film. En fait, après un accident pendant une panne d’électricité, Jack, musicien en peine de carrière, se réveille dans un monde où les Beatles n’ont jamais existé ! De là ils s’approprient tous les tubes qu’ils n’ont jamais créés. Un revival pour nous spectateurs.

Analyse

Ne boudons pas notre plaisir en risquant de mettre des bémols sur la réalisation. De Let it be à Help, en passant par Yesterday et Hey Jude, sans oublier All you need is Love, nous revisitons le style, l’inventivité, les paroles et même nous les revivons !  Grâce à l’interprétation de l’acteur, d’origine hindoue, qui chante comme il respire ces chansons à jamais inscrites dans la culture des années 60, bien au-delà du petit monde de Liverpool. Le film marque la réussite de trois hommes qui l’un avec la mise en scène (Boyle), l’autre avec le scénario (Richard Harris) et le troisième avec la musique (Daniel Pemberton), ont réussi à nous faire voyager dans le temps et dans l’espace, et redécouvrir les Fab Four. Il n’y  a d’ailleurs pas que les airs célèbres des Beatles, mais aussi beaucoup d’autres composés par Daniel Pemberton lui-même. Mais l’intérêt du film est aussi ce mélange d’histoire d’amour (entre Jack et la délicieuse Ellie) et de scènes fantastiques. Une gigantesque panne mondiale d’électricité, cause l’accident de Jack et le basculement dans un « non-temps », un temps qui n’existe pas. Et l’effet induit c’est comme une renaissance, mais cela provoque aussi, oserais-je dire, notre rajeunissement. Vers la fin du film, nous avons droit à deux surprises : la rencontre entre Jack et John Lennon, sur le bord d’une plage, filmée en lumière quasi surnaturelle où Lennon conseille à Jack d’aimer sa petite amie de toujours. La deuxième surprise est la reconstitution de leur légendaire et dernier concert public de Gorleston(1969) station balnéaire anglaise. Du grand cinéma avec 5000 figurants et la célèbre chanson Help! Un autre aspect du film est la vigoureuse dénonciation du marketing orchestré par une entreprise américaine de Los Angeles, qui veut tirer profit du succès de Jack auprès du public. Cela va jusqu’à la caricature et la loufoquerie.  Le réalisateur a déclaré avoir voulu « réévaluer sa relation avec les fondations mêmes de la culture britannique, dont la musique des Beatles fait partie ». Brexit ou pas Brexit, cette musique appartient à tous, et ce film nous la fait ré-aimer.
Alain Le Goanvic