Cette semaine nous prions pour:

Forum oecuménique du mardi 11 Mars 2008

Avec des délégués invités catholiques et orthodoxes,
et quelques délégués au Rassemblement œcuménique à Sibiu.

Il est principalement consacré à la rencontre d’Hubert Van Beck, longtemps responsable du Conseil Œcuménique des Eglises (Genève) et aujourd’hui cheville ouvrière du Christian Global Forum

Présentation du Forum Chrétien mondial par Hubert van Beck

Les origines

- En 1998, pour ses 50 ans, le COE constate que le rêve des débuts a échoué : en 1910, John Mott parlait de « gagner à Christ » le monde entier avant la fin du XXe siècle. On en est loin : le monde n’est pas devenu chrétien, les catholiques ne sont pas entrés dans le COE, et les évangéliques non plus.
Il faut voir aujourd’hui les Eglises membres du COE comme minoritaires : 600 millions environ Les catholiques sont 1 milliard – les pentecôtistes sont entre 500 à 600 millions dont une partie dans les Eglises traditionnelles. Certaines Eglises pentecôtistes sont membres du COE. L’Alliance Evangélique compte 400 millions. Les pentecôtistes membres du COE appellent donc le COE à un peu de modestie : il ne représente qu’ ¼ de la chrétienté.
- Konrad Raiser propose alors d’ouvrir les assemblées du COE à ces Eglises. Mais Eglises membres refusent car l’assemblée est le seul moment où elles se retrouvent. Une proposition de rencontre plus informelle rencontre un accueil favorable des Eglises évangéliques et pentecôtistes.  

L’objectif 

- L’objectif n’est pas l’adhésion de ces Eglises au COE mais d’ouvrir un espace de rencontre et des pistes communes. Ceci met à l’aise les pentecôtistes car on laisse de l’espace aux surprises de l’Esprit Saint. Le travail avance vite avec le monde pentecôtiste du fait qu’on laisse toujours la place à une action de l’Esprit qui peut nous bousculer dans nos convictions, et du fait aussi que les participants trouvent une articulation plus souple avec leur institutions ecclésiales (qui peuvent dire « nous ne sommes pas d’accord pour que tu participes mais nous ne pouvons pas aller contre l’Esprit Saint qui te dit d’y aller »).
- Même s’ils se posent en termes différents, les objectifs demeurent cependant ceux du mouvement œcuménique : unité et mission. Pour le monde pentecôtiste, l’unité ne va sans la mission, Jean 17 ne va pas sans Matthieu 28.  

La préparation 

- De la préparation émergent deux idées de fond :

¬ il faut aider les évangéliques-pentecôtistes à sortir de la crainte, le COE faisant peur avec son côté très institutionnalisé.

¬ Ne pas partir d’exposer théologiques structurés mais du témoignage de chacun.

- En 2002, une première rencontre (60 représentants) se fera à égalité : la moitié d’évangéliques-pentecôtistes, l’autre moitié de non évangéliques-pentecôtistes (catholiques et Eglises membres du COE). Les échanges se sont fait à partir des témoignages de chacun.
- Après 2002, il s’agissait de poursuivre le processus non comme une opération spectaculaire mais par des tests par continent (Afrique, Asie, Amérique Latine, Europe où pourtant les frontières confessionnelles sont plus marquées) en gardant l’espoir d’une réunion mondiale. La méthode a porté du fruit pour établir la confiance, débloquer la fraternité, même si le débat théologique a été minimal. La volonté œcuménique est plus grande dans les Eglises pentecôtistes du sud, parfois contre la volonté de leurs Eglises-mères européennes et nord-américaines.  

L’événement 

- La rencontre mondiale a donc eu lieu à Nairobi en novembre 2007 avec les dirigeants des grandes communions historiques (FLM, ARM…), de l’Alliance évangélique, des catholiques, des Eglises membres du COE, d’évêques pentecôtistes et des représentants de tous les continents. Les ADD des USA ont refusé de participer mais le Secrétaire général de l’Association Pentecôtiste Mondiale était présent à titre personnel (il a finalement engagé son mouvement en signant la déclaration finale). Pour la France, étaient présents Claude Baty, Victoria Kamondji et Daniel Thévenet de la FPF, Frédéric Baudin de l’Alliance Evangélique.
- Ainsi le Forum Chrétien mondial n’est plus expérimental, il ait partie du paysage œcuménique mondial : le seul lieu où toutes les familles chrétiennes se retrouvent avec la bénédiction de leur organismes officiels. Cependant, on souhaite garder cette souplesse et ne pas créer une nouvelle organisation.
- Voir le site d’information : http://www.globalchristianforum.org  

Réactions, questions, débats  

- Cela peut être une préfiguration de l’œcuménisme de demain : moins de discussions théologiques précises et plus de souci de la mission et du service en Christ.
- Le point central est l’expérience de la rencontre du Christ et la prise de conscience que toute dispute déchire le Christ. Nous avons vécu une vraie fraternité et ressenti l’urgence d’une union dans la mission. La christologie nous unit tous. Il faut le vivre.
- C’est ce que d’autres ont vécu localement : tout s’est débloqué lorsqu’on s’est raconté dans nos itinéraires spirituels : chacun reconnaissait le cheminement de l’autre. Ce qui « marche » aujourd’hui, c’est l’œcuménisme des personnes et de la rencontre.
- La base doctrinale dit : créer un espace ouvert où les représentants d’un grand éventail d’Eglises et organisations chrétiennes, qui confessent le Dieu trinitaire et Jésus Christ parfait Dieu et parfait homme, peuvent se rassembler pour promouvoir le respect mutuel et pour étudier et aborder ensemble des défis communs. Le débat théologique se fait déjà avec des théologiens pentecôtistes dans le cadre de Foi et Constitution. Dans le Forum, les théologiens sont présents mais nous partons de l’expérience. A Nairobi, deux théologiens pentecôtistes sont intervenus : l’un sur Unité et mission ; l’autre sur « faut-il révoquer l’ancien œcuménisme ? ».
- L’Eglise catholique a hésité, elle avait des exigences doctrinales, mais a finalement admis qu’elle avait d’autres lieux de débats théologiques et que ce lieu avait son originalité propre.
- Il y avait des tensions :
¬ le mot « œcuménique » pose problème pour certains, mais faut-il le sacrifier ?
¬ Le prosélytisme : pour une fois, on peut en parler directement avec ceux dont on se plaint habituellement sans qu’ils soient présents !
¬ Les questions éthiques : elles ne sont pas un clivage propre COE/Pentecôtiste, elles traversent toutes les Eglises
¬ Le dialogue inter-religieux versus la Mission.
- Comment passer d’un stade de la rencontre-découverte à un lieu de débat qui aborde les questions qui fâchent. La méthodologie du Forum peut peut-être aider à aborder les débats autrement. Faut-il déjà aborder ce qui nous divise ou bien prendre le temps de laisser se développer le processus, en particulier dans les régions où il n’a pas encore pris ?
- Le (res)sentiment de n’avoir pas été pris au sérieux depuis un siècle est très présent chez les pentecôtistes, en particulier chez leurs théologiens pourtant aujourd’hui bien formés. Il y a aussi une crainte des Eglises traditionnelles. Au début du XXe siècle, le mouvement œcuménique et le mouvement pentecôtiste se sont tous deux réclamés de l’Esprit Saint. L’Esprit nous aurait-il conduits vers la confusion ? Le COE, dans son orgueil, a refusé d’entendre le pentecôtisme. Mais aujourd’hui ses Eglises membres « pentecostalisent ».
- Sans institutionnalisation, cela peut-il tenir longtemps, ne prend-on pas le risque d’une marginalisation ? Sans doute faut-il un pont entre l’œcuménisme institutionnel et l’œcuménisme type forum. Les deux sont nécessaires car il faut recommencer à s’apprivoiser à chaque génération. Au début du mouvement œcuménique, Foi et Constitution et le Christianisme pratique n’étaient pas institutionnalisés. Il faut prendre le temps. De plus, l’époque ne pousse pas à l’institutionnalisation : nous n’avons pas d’objectif clair comme après-guerre ; on parle de transition mais on ne sait pas vers quoi. Les pionniers avaient une vision de l’unité visible. Aujourd’hui, nous n’avons plus de modèle. C’est une chance mais il faut assumer cette ouverture à l’incertain. La méthode a justement son intérêt en ce qu’elle fait de l’œcuménisme un chemin plus qu’un but, ce qui nous rend modeste et permet d’accepter les aspérités.
- Pourquoi faudrait-il s’entendre au risque de diluer les convictions ? Ne suffit-il pas de se respecter, ce qui serait déjà beaucoup ? L’exigence œcuménique va cependant plus loin, jusqu’à unité visible et au témoignage commun, ce qui suppose de résoudre un certain nombre de question. La communion anglicane, aujourd’hui au bord de la division, semble nous montrer que le simple respect ne suffit pas à éviter la division. La méthodologie développée par le Forum va d’ailleurs plus loin que le simple respect, elle permet de se découvrir dans une unité spirituelle réelle.
- Il faut distinguer pentecôtisme (y compris avec les questions de guérison, un vrai sujet de débat, voir l’assemblée missionnaire d’Athènes) et la 3e vague plus tournée vers la théologie de la prospérité. Le pentecôtiste, c’est aussi une ouverture à une certaine pneumatologie et aux charismes : ne pas focaliser le pentecôtisme sur la guérison ni le caricaturer. Le monde pentecôtiste est lui-même divers et parfois paradoxal (ex : le mot « global » ou « mondial » fait peur parce que associé à la grande Babylone eschatologique, alors même que les pentecôtistes sont mondialisés !).
- On peut percevoir parfois chez certains chrétiens un désir d’unité en vue de se rendre plus forts face à aux autres religions : ce n’est pas l’objectif d’un tel forum. Même s’il faut par ailleurs entendre l’appel des chrétiens persécutés de certains pays, qui appelle leurs frères à plus de solidarité.  

Autres nouvelles partagées lors du Forum œcuménique de la FPF

Le COE vient de fêter ses 60 ans. Voir les déclarations sur le site. Son secrétaire général ne renouvelle pas son mandat : deux années prochaines de « tangage ». 2010 à Kingston (Jamaïque), conférence internationale pour la paix (fin de la décennie contre la violence). 2013, prochaine assemblée ouvertes probablement aux autres Eglises (et communions d’Eglises) mais on ne sait pas comment.  

Rassemblement œcuménique européen de Sibiu : les retours sont nombreux, les délégués ont été sollicités. Mais après ? L’intérêt pour trois éléments : la Charte œcuménique européenne, les questions écologiques, la solidarité avec les chrétiens d’Orient.  

Délégation œcuménique de Pax Christi en Irak dans le cadre de « Pâques avec les chrétiens d’Irak ». Didier Crouzet y participé pour la F.P.F. et partage la volonté désespérée des chrétiens irakiens exilés au Nord, de reconstruire leur pays dans un esprit multiculturel. Et la difficulté d’obtenir des visas pour venir se former en France alors que toutes les institutions là-bas sont cassées. Voir http://paxchristi.cef.fr/ 

Conseil d’Eglises chrétiennes en France : il appelle à prier pour les chrétiens d’Orient. Il va fêter ses 30 ans le 14 mai avec la signature de la Charte œcuménique Européenne.  

2-6 décembre 2008 : session nationale des délégués œcuméniques (ex Viviers) à Lyon, couplée avec le colloque d’Unité Chrétiennes/fac de Lyon, sur le thème « Ritualité et sacrements ».  

Session œcuménique des jeunes à Nîmes (24-31 août 2008)