Cette semaine nous prions pour:

7e rapport du GMT COE-ECR (1998)

6. Témoignage commun, liberté religieuse et prosélytisme

1. Déjà au cours de son premier mandat de cinq ans, le GMT [groupe mixte de travail entre l'Eglise catholique et le COE] reconnut le besoin urgent d'étudier ensemble le témoignage chrétien, le témoignage commun, la liberté religieuse et le prosélytisme.

2. Le document d'étude du GMT de 1970, 'Témoignage commun et Prosélytisme', a éclairé le sens de certains thèmes clefs de la discussion; il faut tenir présentes ces descriptions en lisant les deux documents d'étude du GMT qui ont suivi le premier, Témoignage commun (1982) et Le défi du prosélytisme et l'appel au témoignage commun" (1996) :

* Témoignage commun signifie le témoignage que les Églises, tout en étant séparées, offrent ensemble, surtout par leurs efforts commun, en manifestant devant les hommes et les femmes, les dons divins de vérité et de vie auxquels elles ont déjà part et dont elles font ensemble l'expérience.

* Par liberté religieuse civile, on entend le droit de chaque personne ou communauté d'être libre de toute coercition de la part de groupes sociaux ou d'un pouvoir humain quel qu'il soit ; ainsi on ne peut forcer aucun individu ou aucune communauté à agir contre sa conscience, ou les empêcher d'exprimer leur croyance par l'enseignement, le culte ou l'action sociale.

* Par prosélytisme, on entend tout ce qui viole le droit de la personne humaine, chrétienne ou non-chrétienne, à être libre de toute coercition en ce qui concerne la religion, ou de tout ce qui dans la proclamation de l'Évangile contredit la manière dont Dieu attire les hommes et les femmes libres à répondre à l'appel de Dieu de le servir en esprit et en vérité.

3. Ce nouveau document s'explique du fait que de nouvelles situations surgissent qui tendent à rendre les personnes plus ou moins vulnérables ; diverses allégations circulent au sujet du prosélytisme, ou concurrence antagoniste dans la mission. Ainsi par exemple, des personnes se livrant à des tâches d'évangélisation semblent ignorer la réalité chrétienne d'autres Églises, ou leur approche pastorale. Certaines stratégies missionnaires ont parfois pour but de re-évangéliser des baptisés d'autres Églises. Il se peut encore que dans le nouveau climat de liberté religieuse civile dans certains pays, il y ait des Églises qui considèrent que d'autres font pression sur leurs membres pour les faire passer sous une autre autorité.

4. La présente étude situe les problèmes concernant la liberté religieuse civile et le prosélytisme dans le contexte de l'unité de l'Église et du témoignage commun. De ce point de vue-là, il devient possible pour les Églises de dialoguer "selon la vérité et dans la charité" (Ep 4, 15) concernant les tensions résultant d'accusations de prosélytisme en certaines situations spécifiques, dialogue marqué par la confiance réciproque. En fait cette étude a fourni à l'Unité II du COE un de ses textes de base pour son propre document de 1997, Vers un témoignage commun, qui appelle à des relations responsables dans la mission et à renoncer au prosélytisme.

5. Le GMT recommande l'usage de son document d'étude (1996) pour les programmes de formation œcuménique, ainsi que pour l'éducation de missionnaires et de ceux engagés dans le ministère du diaconat. Il peut aussi servir de base pour des conversations avec des Églises et des groupes missionnaires qui ne sont pas en relations directes avec le COE ou avec les Conseils nationaux ou locaux des Églises.

Les documents élaborés sur ce thème dans le contexte des relations œcuméniques sont nombreux, documents qui sont restés pour notre Église de vrais points de repère pour la coopération œcuménique entre chrétiens. Voir les documents du Conseil œcuménique des Églises Témoignage chrétien, prosélytisme et liberté religieuse (New Delhi, 1961) et Vers un témoignage commun. Un appel à établir des relations responsables dans la mission et à renoncer au prosélytisme (Genève, 1997), ainsi que les documents élaborés par le Commission mixte de travail du Conseil œcuménique des Églises et de l’Église catholique: Témoignage commun et prosélytisme (1970); Témoignage commun (1982), et Le défi du prosélytisme et l’appel au témoignage commun (1995). Il faut aussi considérer avec une importance particulière la Déclaration commune de Balamand de 1993, rédigée par la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique.

Mais aussi les documents des dialogues entre l’Eglise catholique et des représentants d’Eglises pentecôtistes : Evangélisation, prosélytisme et témoignage commun (1998), ou évangéliques : ERCDOM sur la mission (1984)