Cette semaine nous prions pour:

Eglise catholique – Pentecôtistes «Evangélisation, prosélytisme et témoignage »

Rapport de la 4e phase du dialogue international entre l’Eglise catholique romaine et quelques Eglises et responsables pentecôtistes classiques, 1990-1997, §69-96

69. La première observation a été que ce problème du prosélytisme existe essentiellement à cause d’une conception différente de l’Eglise chez les Pentecôtistes et Catholiques. Par exemple, ils ne sont pas d’accord sur le lien entre l’Eglise d’une part et le baptême, expression de foi vivante, d’autre part. Nous avons pourtant, dans nos débats précédents, exprimé comment nous concevons les liens qui nous unissent déjà. Par exemple, pour les Catholiques, toute personne qui croit au nom du Seigneur Jésus et est correctement baptisée (voir Conceptions de la koinonia 54), est intégrée, d’une manière vraie, au corps de Christ qui est l’Eglise. Pour les Pentecôtistes, « le fondement de l’unité est une foi et une expérience communes de Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur par l’Esprit Saint. Dans la mesure où les Pentecôtistes reconnaissent que les Catholiques romains partagent cette foi et expérience de Jésus-Christ comme Seigneur, ils sont réellement, bien qu’imparfaitement, en communion avec eux » (Conceptions de la koinonia 55). Ceci reste vrai malgré des conceptions différentes de l’Eglise.

70. Les participants au dialogue pensent cependant que Pentecôtistes et Catholiques partagent déjà des points de vue de foi essentiels. Reconnaître cela permet à chacune de nos communautés d’agir de façon à ne pas freiner la croissance de l’autre. Et pourtant, l’absence de reconnaissance a parfois suscité des accusations ou contre-accusations méprisantes (« sectes », « incroyants », « syncrétistes », etc.), des actions négatives (décisions unilatérales au profit d’une communauté et souvent au détriment de l’autre). Pareilles accusations et actions des Pentecôtistes et des Catholiques ont miné la crédibilité de leur témoignage au monde sur la puissance de réconciliation de Dieu en Jésus-Christ.

71. Un exemple simple de ce type de conflit, ce sont les tensions existant entre chrétiens qui ne sont pas en communion les uns avec les autres. Nous ne voulons pas, dans ce document, privilégier les intérêts d’une des deux Eglises. Si, dans l’exemple qui suit, l’Eglise catholique est l’Eglise implantée de longue date, et les Pentecôtistes les nouveaux arrivants, comme très souvent dans les pays européens, l’inverse peut tout aussi bien se produire, comme au nord-est du Zimbabwe. Notre exemple ne sert qu’à illustrer, de façon concrète, les tensions qui peuvent naître entre deux Eglises dans une région donnée à propos de la mission.

72. Donc, par exemple, il se peut que les Catholiques aient prêché l’Evangile et établi des Eglises dans une région depuis des siècles. Au fil des siècles, ces Eglises ont joué un rôle important dans la vie des populations locales, bien au-delà même des limites de la congrégation religieuse, influençant toutes sortes d’éléments culturels comme l’art, la musique, les institutions sociales, les fêtes et autres célébrations publiques. Il y a continuité entre la vie des gens en Eglise et dans la société parce que l’Eglise a marqué la culture de façon notoire.

73. On peut voir un autre aspect des choses cependant. La christianisation précoce d’une culture donnée par le Catholicisme présuppose souvent que cette culture reste imprégnée de foi. Or, pour une culture comme pour l’individu, le jugement de la Parole et un renouvellement constant sont nécessaires.

74. Dans bien des cultures, des catholiques fervents ont investi temps et énergie dans l’Eglise de façon conséquente. C’est parfois au prix de la persécution, voire du martyre, qu’ils ont tenté de vivre leur vie de foi. Ce n’est pas rien que de s’atteler activement au défi de transformer par sa vie la société à laquelle l’Evangile a été prêché. Les fidèles ont lutté pour maintenir l’Evangile, même lorsque la société ambiante n’en voulait pas. L’Eglise locale s’est réjouie quand l’Evangile s’est enraciné, elle a pleuré lorsque cela n’a pas été le cas. En d’autres termes, toute culture a sans cesse besoin d’être évangélisée.

75. Un conflit éclate lorsqu’un autre groupe de chrétiens pénètre le territoire d’une communauté déjà marquée religieusement, et se met à évangéliser sans tenir compte du prix déjà payé par les croyants qui les ont précédés pour témoigner de l’Evangile. Des problèmes surgissent lorsqu’ils ignorent complètement le rôle significatif que l’Eglise joue dans tous les aspects de la vie des citoyens locaux. L’origine de ce conflit, c’est que les deux communautés chrétiennes sont divisées, et ne se reconnaissent pas de légitimité mutuelle comme membres du Corps unique de Christ. Elles sont séparées, elles ne communiquent pas, elles se jugent à travers des a priori et n’entrent dans aucune forme de concertation.

76. Même si les nouveaux arrivants ont des motivations très pures et visent sincèrement le bien-être de la population locale, soucieux que ces citoyens aient vraiment entendu l’Evangile, leur façon de pénétrer la région contribue souvent à créer incompréhension et conflit, voire même une réaction violente. Un minimum de courtoisie voudrait que les évangélistes communiquent au moins avec les responsables de l’Eglise en place. Sinon, celle-ci, ainsi que la culture locale, se sentent facilement outragées. Les gens et les responsables d’Eglise dans certaines de ces situations ont pu se sentir offensés par ce qu’ils considéraient comme manque de respect, mépris du ministère pastoral exercé là depuis longtemps. On comprend aisément pourquoi ceci pourrait créer des tensions.

77. Les conflits que nous avons connus montrent clairement le problème que pose la désunion, même pour des chrétiens bien intentionnés. La désunion nous isole les uns des autres, elle provoque la méfiance, une incompréhension mutuelle, et même le refus d’essayer de comprendre l’autre. Toutes ces choses ont causé une attitude générale d’hostilité entre nous, au point de douter de l’authenticité chrétienne l’un de l’autre. Nos lectures différentes de l’Evangile, chacun coupé de l’autre, ont produit des différences doctrinales qui n’ont fait que renforcer la suspicion que l’autre ne proclamait pas véritablement l’Evangile.

78. Si chacun perçoit l’autre à travers ce prisme de la désunion, il y a gros à parier qu’il le considérera comme adversaire de sa propre mission, et cherchera probablement à lui mettre des bâtons dans les roues. Il y aura peut-être des dénonciations publiques, même la persécution. Les deux bords ont souffert ainsi, particulièrement les Pentecôtistes parce qu’ils étaient généralement en minorité. Mais ce qui est tragique, et là les Pentecôtistes et les Catholiques se rejoignent, c’est que le conflit résultant de la désunion des Chrétiens «est toujours occasion de scandale pour le monde et détruit la sainte cause de la proclamation de l’Evangile à toute créature » (Décret sur l’œcuménisme 1). Nous devons honnêtement identifier, examiner les raisons derrière de tels conflits. Nous désirons tous deux la pure prédication de l’Evangile. La plupart de nos conflits se résoudraient si nous tombions d’accord que c’est là le sens de l’évangélisation.

79. Plutôt que de nous battre, ne pourrions-nous pas dialoguer l’un avec l’autre, prier l’un avec l’autre, essayer de collaborer l’un avec l’autre ? En fait, il nous faut chercher des moyens d’atteindre l’unité entre Chrétiens à laquelle Christ appelle ses disciples (Jn 17.21), la première étape étant le respect mutuel, l’apprentissage de l’amour mutuel.

2. Remplacer l’insatisfaction par l’espérance

80. Vers le 4ème siècle, la vie de l’Eglise et de l’Etat était très imbriquée. Depuis ce temps-là, l’un comme l’autre ont occasionnellement eu recours à la force pour imposer une homogénéité politico-religieuse sur la société. Ceci s’est manifesté dans la répression de l’hérésie (l’Inquisition), et d’autres religions (expulsion des Juifs et Musulmans de divers pays d’Europe). C’est le même objectif que servait le principe cujus regio, eius religio («tous les citoyens doivent accepter la religion de leur dirigeant »), prévalent en Europe, en particulier pendant les seizième et dix-septième siècles. L’évolution des Eglises et des Etats qui a, tout d’abord, conduit à la tolérance religieuse, puis à la liberté religieuse, n’a débuté que vers la fin du dix-huitième siècle, ne devenant plus ou moins universelle en Occident que vers la moitié du vingtième siècle.

81. Dans le contexte de l’histoire, les Catholiques savent bien que les efforts de christianisation ont souvent accompagné la conquête politique et économique (comme en Amérique latine), et que force et violence n’ont pas toujours été écartées. Ils reconnaissent également que, avant Vatican II, la doctrine catholique était peu disposée à appuyer une totale liberté religieuse dans la loi civile.

82. Aujourd’hui, Catholiques et Pentecôtistes condamnent les méthodes fortes ou violentes. Cependant nos relations sont encore trop souvent caractérisées par l’agressivité. Nos nouvelles armes sont des paroles. Les Catholiques sont blessés lorsque des Pentecôtistes les suspectent de ne même pas être chrétiens, manquent de respect à l’égard de l’Eglise catholique et de ses responsables, ou détournent des Catholiques dans les communautés qu’ils ont nouvellement implantées. Les Pentecôtistes sont blessés lorsque, en certains lieux, des Catholiques les traitent de « loups rapaces », se moquent d’eux en les appelant «panderetas o aleluyas » (tambourins ou alléluia) ou les cataloguent comme « sectes » sans aller y regarder de plus près.

83. Une autre preuve de l’insatisfaction que Pentecôtistes comme Catholiques ressentent devant leur désunion transparaît dans leurs propres débats sur le prosélytisme. Voici une première définition de travail du prosélytisme : transférer l’allégeance d’un Chrétien d’un groupe ecclésial à un autre par des méthodes dépourvues de respect, de délicatesse et de charité. Dans de nombreuses traditions, des mesures ont été prises prouvant qu’elles jugent le prosélytisme condamnable.

84. Les Pentecôtistes n’ont pas participé directement à l’élaboration de ces documents, mais ils ont montré leur préoccupation quant au prosélytisme sur une échelle plus limitée. Ils ont rédigé des règlements, adopté des décisions concernant l’éthique du ministère, et diverses autres règles pour guider leurs ministres sur des questions comme : quelle distance respecter pour des implantations d’Eglises, quelles permissions obtenir d’autres pasteurs de la région où l’on s’implante, quel type de relations avoir lorsqu’on travaille dans la paroisse d’un autre ministre de même dénomination, ou dans un quartier qui n’est pas sa propre paroisse ? Toutes ces règles sont censées aider le ministre à résister à la tentation de faire du prosélytisme justement (2 Co 10.16). Elles marchent lorsque ceux qui leur sont soumis se respectent l’un l’autre.

85. Les premiers écrits des Pentecôtistes contiennent de nombreuses visions riches et prometteuses d’unité entre Chrétiens, malgré leur relent de triomphalisme parfois. Par exemple la vision de Charles F. Parham qui se voyait appelé par l’Esprit Saint à jouer le rôle d’un « apôtre de l’unité ». Le pasteur afro-américain William J. Seymour, de la fameuse mission de la rue Azusa, en a publié une autre à de nombreuses reprises dans The Apostolic Faith, déclarant que le mouvement soutenait «… l’unité chrétienne partout ». Lors de leur réunion constitutive d’avril 1914, les ministres des Assemblées de Dieu sont allés jusqu’à affirmer qu’ils s’opposaient à la définition de « frontières non scripturaires entre communion et exclusion » puisque de pareilles frontières iraient contre le désir d’unité exprimé par Jésus en Jn 17.21. Plusieurs dirigeants pentecôtistes des débuts partageaient ce point de vue et interprétaient cette aspiration à l’unité comme un fruit de l’Esprit Saint.

86. Quelques groupements pentecôtistes, en particuliers des groupes indigènes d’Amérique latine ou d’Afrique, ont gardé cette vision originelle de l’unité, mais la plupart des autres Pentecôtistes à travers le monde ont adopté une vision plus restrictive. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cela. La collaboration de Pentecôtistes avec bien d’autres chrétiens a été publiquement critiquée comme non conforme à l’enseignement biblique par des fondamentalistes extérieurs au mouvement pentecôtiste. L’adoption par des Pentecôtistes de certaines interprétations eschatologiques populaires dans les milieux évangéliques fondamentalistes les ont conduits à une méfiance grandissante à l’égard des tendances fédératives modernes entre Protestants. Des pressions internes, suggérant que les Pentecôtistes seraient acceptés comme membres à part entière de la communauté évangélique s’ils renonçaient aux liens existant avec certains autres Chrétiens ont également entamé la vision originelle de l’unité. De nombreux Pentecôtistes se sont également retirés de mouvements plus larges lorsqu’ils ont pensé qu’on ne prenait pas au sérieux leurs exigences prioritaires. On trouve encore des vestiges de cette vision ancienne de l’unité dans diverses déclarations publiées pour définir la raison d’être de plusieurs organisations pentecôtistes, y compris la Conférence mondiale pentecôtiste.

87. Les participants pentecôtistes à ce dialogue déplorent les influences qui ont conduit à l’effritement de la vision première de l’unité. Ils aimeraient inciter les Pentecôtistes à revenir à leurs racines pour redécouvrir la richesse de leur vocation ancienne à faciliter l’unité de tous les Chrétiens, pour s’approprier tout à nouveau le rôle que l’Esprit Saint a probablement joué pour faire naître ces aspirations profondes.

88. Tous les participants à ce dialogue encouragent aussi les Pentecôtistes à partager avec d’autres Chrétiens leur vision d’unité entière. Nous invitons ces derniers à nous rejoindre aussi à la table de dialogue avec leur propre vision de l’unité. Nous croyons qu’ainsi, ensemble, nous pourrons « découvrir les richesses insondables de la vérité » et approfondir notre propre compréhension de ce que nous croyons être un fruit de l’œuvre de l’Esprit Saint en nous. Nous sommes tous appelés à être les gardiens de ce précieux don d’unité que nous possédons déjà, mais auquel nous aspirons encore dans le lien de la paix (Eph 4.3).

89. Au vu des réalités qui nous ont amenés à ce dialogue, les deux groupes en présence ont ressenti le besoin impérieux de confesser que, ni les Catholiques, ni les Pentecôtistes n’avaient suffisamment répondu à l’injonction de l’Evangile de s’aimer les uns les autres. Certes, le passé ne peut ni être défait, ni souvent être racheté, mais il nous faut faire notre possible pour le connaître et le nommer de façon très précise.

3. Définir le défi

90. Le terme « prosélytisme » ne se trouve pas dans la Bible, mais on y parle de « prosélyte ». A l’origine, il est dérivé du lexique de l’Ancien Testament relatif aux étrangers et voyageurs qui s’installaient en Israël, mettaient leur foi en Yahvé, et acceptaient tout le contenu de la Torah (Ex 12.48-49). Il avait une connotation positive, désignant le fait de se convertir au judaïsme. Dans le Nouveau Testament, il y avait des prosélytes à Jérusalem le jour de la Pentecôte (Ac 2.11), et au moins un d’entre eux a été choisi pour s’occuper des veuves (Ac 6.5). Mais récemment, dans des cercles chrétiens, le mot « prosélytisme » a pris une connotation négative, et est associé à une forme illicite d’évangélisation.

91. Un point de divergence entre Catholiques et Pentecôtistes dans cette question du prosélytisme, c’est la façon dont les uns et les autres perçoivent une foi vivante dans la vie d’une personne ou d’une communauté chrétienne. Ils définissent sans doute différemment le « non croyant », ils comprennent sûrement différemment comment le fait de vivre dans une culture profondément christianisée enracine la foi chrétienne dans la vie de quelqu’un. Ils doivent évaluer différemment la façon dont on répond aux besoins pastoraux d’une communauté ou d’une personne. Ils doivent interpréter différemment le fait qu’une personne soit un Chrétien évangélisé ou non.

92. Le dialogue nous a appris qu’à cause de ces différences, il nous faut constamment apprendre les uns des autres, afin d’approfondir notre connaissance et compréhension mutuelle des traditions doctrinales, pratiques pastorales et convictions de l’autre. Nous devons apprendre à respecter l’intégrité et les droits de l’autre afin d’éviter de tomber dans des jugements qui provoquent des conflits stériles dans le domaine de l’évangélisation, et, s’ajoutant aux problèmes que causent nos divisions, font obstacle à la propagation de l’Evangile.

93. Nos efforts pour définir le prosélytisme révèlent qu’il touche à bien des activités et des actions difficiles à interpréter. Les uns et les autres les identifient et les évaluent différemment. Mais, malgré ces difficultés, nous en sommes venus à la conclusion que, pour les Catholiques comme pour les Pentecôtistes, le prosélytisme est une activité immorale qui s’exprime sous plusieurs formes. En voici quelques-unes :

- toutes les façons intellectuellement malhonnêtes de promouvoir notre communauté de foi, comme de comparer une image idéale de notre propre communauté et les faiblesses d’un autre groupe chrétien ;

- toute paresse intellectuelle et ignorance coupable qui refusent une connaissance pourtant facilement accessible de la tradition de l’autre ;

- toute déformation mesquine des croyances et pratiques d’autres communautés chrétiennes ;

- toute utilisation de force, coercition, pression, moquerie ou intimidation de nature personnelle, psychologique, physique, morale, sociale, économique, religieuse ou politique ;

- toute forme de flatterie ou de manipulation, comme l’exagération de promesses bibliques, car ces distorsions ne respectent pas la dignité des personnes, ni leur liberté de faire leur propre choix ;

- tout usage abusif des mass media, faisant preuve d’irrespect pour une autre confession, et de manipulation du public ;

- tout jugement ou acte injustifié, qui met en doute la sincérité des autres ;

- toute concurrence dans l’évangélisation, dirigée contre d’autres groupes chrétiens (Rm 15.20).

94. Tous les Chrétiens ont le droit de rendre témoignage à l’Evangile devant tous les hommes, y compris des Chrétiens. Ce témoignage peut légitimement inclure la proclamation persuasive de l’Evangile dans le but d’amener les gens à la foi en Jésus-Christ, ou à s’engager plus profondément pour lui au sein de leur propre Eglise. La proclamation légitime de l’Evangile portera les marques de l’amour chrétien (1 Co 13). Elle ne cherchera jamais son intérêt égoïste, saisissant l’occasion de critiquer ou dénigrer un autre groupe chrétien, ou encourageant quelqu’un à changer de dénomination. Les Pentecôtistes comme les Catholiques jugent de pareilles actions égoïstes comme prosélytisme, utilisation illégitime d’un pouvoir persuasif. Il faut clairement distinguer le prosélytisme du fait légitime de présenter l’Evangile de façon à convaincre. C’est le prosélytisme qui est à bannir.

95. En même temps, nous reconnaissons que, si un Chrétien, après avoir entendu l’Evangile présenté de façon légitime, choisit librement de se joindre à une communauté chrétienne différente, il ne faudrait pas automatiquement en conclure qu’il s’agit de prosélytisme.

96. La plupart des gens entendent prêcher l’Evangile dans leur propre Eglise, là où leurs propres besoins spirituels trouvent réponse. Il peut aussi arriver, pour une occasion spécifique, que des membres de diverses communautés chrétiennes aident à organiser une campagne d’évangélisation, à laquelle ils participent également. Le but principal d’une telle campagne devrait toujours être la proclamation de l’Evangile. Pour nous, le pasteur Billy Graham offre un excellent modèle en ce domaine. Respectant l’affiliation confessionnelle des participants, il n’organise ses campagnes qu’après avoir obtenu l’appui et l’accord des Eglises du coin, y compris Catholiques et Pentecôtistes. Lorsque des gens déjà attachés à une communauté chrétienne répondent à son appel de se re-consacrer plus profondément à Christ, ils rencontrent tout de suite des responsables de leur propre Eglise pour les accompagner dans cet engagement renouvelé. Le prosélytisme est ainsi évité. Les Eglises impliquées sont traitées avec le respect et la considération qu’elles méritent, reflet d’efforts de communication et de collaboration, démonstration d’une unité réelle, visible.