Cette semaine nous prions pour:

Les dix principes orthodoxes du dialogue œcuménique

Proposés par M. Stavrou, professeur à l'Institut St-Serge, co-secrétaire du Comité mixte de dialogue théologique catholique-orthodoxe en France. 1

1. Le but du mouvement œcuménique est l'unité pleine et visible de l'Eglise, c'est-à-dire la pleine communion ecclésiale dans une même foi, avec les mêmes sacrements et des ministères réciproquement reconnus.

2. L'Eglise orthodoxe est appelée à répondre à la prière du Seigneur en faveur de l’unité de ses disciples (Jn 17,21). C'est pourquoi, depuis la fin de la 1ère Guerre mondiale, son engagement dans le mouvement œcuménique est irrévocable : aussi bien au sein du Conseil Œcuménique des Eglises (qu’elle a contribué à fonder en 1948) que dans le dialogue avec l’Eglise catholique romaine.

3. L’Orthodoxie ne se réduit pas à l’Eglise orthodoxe : c’est « la vie nouvelle avec et dans le Christ, mue par le Saint-Esprit » (S. Boulgakov). Nous savons d’expérience où est l’Eglise du Christ mais nous ne pouvons dire où elle s’arrête, car le Christ est « la Lumière véritable qui illumine tout homme » (Jn 1,9) et l’Esprit Saint « souffle où Il veut » (Jn 3,8).

4. L’Eglise orthodoxe refuse de disjoindre vérité et sacrements. Elle participe ponctuellement à des prières communes avec les autres Eglises mais en préservant son identité. L’Eucharistie étant une icône du repas du Dernier jour, la communion des chrétiens autour du même calice ne peut que sceller et non point anticiper leur réconciliation complète dans la foi, même s’il existe des cas exceptionnels d’économie pastorale qui demeurent du ressort des évêques.

5. La catholicité ecclésiale que nous confessons signifie que dans l’Eglise l’unité et la diversité ne s’opposent pas mais se conjuguent selon le modèle trinitaire : trois personnes divines absolument diverses et inséparablement unies dans la source unique du Père.

6. Le dialogue œcuménique, fondé sur le respect et l’écoute de l’autre, ne signifie en rien un renoncement à la Vérité. Le dialogue de la charité doit s’ouvrir au dialogue de la vérité.

7. La vérité n’est pas une chose ou une formule que l’on possède mais une personne, le Verbe de Dieu incarné, que l’on peut contempler dans l’Esprit Saint et avec qui on entre en relation dans l’Eglise.

8. Toute affirmation doctrinale, pour être une vérité de foi « orthodoxe », doit aussi bien recevoir le consensus des différentes Eglises locales qu’être en accord avec les vérités que l’Eglise a reçues et confessées depuis la Pentecôte.

9. Nous refusons d’opposer une Eglise orthodoxe idéale aux autres Eglises réduites à leurs péchés historiques. Nous devons cultiver une honnêteté intellectuelle rigoureuse par un travail inlassable.

10. Sans conversion, il ne peut y avoir réconciliation. Sans amitié, le témoignage rendu à la vérité n’est pas recevable. Le dialogue de la vérité doit se faire dans l’humilité et être accompagné par celui de la charité. Nous devons reconnaître, lorsqu’il y a lieu de le faire, les fautes et les manquements historiques de certains membres de notre Eglise, qui ont contribué à susciter ou à maintenir la division des chrétiens.

1 L’expression « œcuménisme » étant dangereusement ambiguë, les Orthodoxes préfèrent parler de « dialogue ou mouvement œcuménique », formule qui n’implique nullement l’idée de favoriser l’émergence d’une nouvelle « Eglise œcuménique ».

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